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CHAPITRE PREMIER

LOIS GiNiRALIS DES RELATIONS.

Avant d'entrer dans Texamen des rapports particuliers qui relient ,ous les actes entre eux dans l'unité de l'activité humaine, il importe ie rechercher en premier lieu les lois générales qui les dominent.

Nous les résumerons dans les paragraphes suivants : 1^ du tout ^t des parties; 2* développement et marche de l'activité; 3® systématisation des relations ; k* disposition hiérarchique et concentrique des trois ordres ; 5® relations du supérieur avec l'inférieur, et viûe versa; 6*" de la dualité dans l'être; 7* de l'indépendance des activités.

S 1. <— IHi imKâ et de» paraes.

Nous devons Commencer par cette question, car pour bien comprendre ce que sont les activités particulières à l'égard les unes des autres et dans l'unité qui les réunit, il faut poser les deux termes extrêmes qui comprennent l'être : le /ou/ et les parties. Ce qu'est cet être dans son tout et ce qu'il est dans ses parties : voilà notre question.

Uippocrate en avait posé la formule, trop oubliée de nos jours ; a A mon avis, rien dans le corps nest commencement^ mais tout est semàlabletnent et fini; en effet, un cercle étant décrit^ le commencement ne peut être trouvé. » [Œuvres d'Hippocrate^ trad. de Littré, t VI, p. 277.) La formule est-elle bien comprise?

Bordeu, à la fin du siècle dernier, reporta les esprits vers ce point oublié du dogme hippocratiqne, mais il en altéra le sens en disant : Le corps vivant at un oêsemblage de plusieurs organes gui vivent chacun à leur manière; et la vie générale est la somme de toutes vies particulières. Bichat ne fit que le répéter en écrivant : « La vie est Y ensemble des fonction» qui céaistent à la mort. » '

5r02 DÈS hfeLAtlONS DANS L'fiOMME.

Dans la formale hippocratique, le tout et les parties sont inséparables et cependant distinctes ; comme dans un cercle, on distingue le cercle et ses parties sans pouvoir les séparer à moitis de les anéantir. Au contraire, dans la formuTe des organiciens modeimes, il n'y a plus qu'un terme, la partie; car le tout n*est rien qu'un assemblage, c'est-à-dire rien en lui-même. Toute Terreur des méde* cins modernes est là. C'est peu de chose, semble-t-il : c'est en réalité une immense erreur I L'homme disparaît dans la médecine itaoderne, on ne le retrouve nulle part, ni en physiologie, ni en pathologie, ni en thérapeutique : on ne s'inquiète plus de la nature de l'homme, on ne recherche que le mécanisme des organes.; on ne s'occupe plus des maladies de l'homme, mais des maladies des organes; on ne s'attache plus à soigner l'homme malade, mais à traiter l'organe malade. Erreur capitale et désastreuse, contre laquelle lutte la physiologie générale, mais qu'elle doit particulièrement combattre en la prenant corps à corps dans cette question des relations dans l'homme.

Essayons d'apporter quelque lumière. Du reste» il y a ici tant d'obscurité • qu'il importe d'exposer plutôt que de discuter ; el notre tâche est raoiqs de réfuter l'organicisme, qui va d'ailleurs paraître faux dès l'abord» que de chercher et exposer la vérité.

1° En premier lieu nous devons chercher ce qu'est le tout de l'être. Hippocrate dit que c'est un cercle, c'est-à-dire sans commencément ni (in, une unité comme le montre Aristote, une chose indivisible. Bordeu, Bichat et les modernes disent que c'est un ensemble, c'est-à-dire une agrégation, une chose divisible. Les deux opinions sont sensiblement différentes; et déjà l'on entrevoit la solution.

Un corps inorganique, corps brut, peut être considéré comme un assemblage, une agrégation, car il résulte bien réellement de parties semblables réunies. Il est parfaitement divisible en un nombre inflni des parties, et chacune des parties présente des propriétés Identiques avec celles que présente l'agrégation. II n'y a dans ce cas entre le tout et la partie que la différence du plus au moins ; le tout n*est qu'une multiplication des parties. Aussi, ce tout n'a pas de limites; il peut être plus comme il peut être moins; c'est toujours un tout, car la grandeur, quelque minime qu'elle soit, est toujours un tout, et la partie n'y ajoute jamais qu'un multiple.

Il n'en est plus de même de Têtre vivant : ici, le tout est distinct des parties. En effet, toutes les activités particulières de cet être étant réunies, l'être n'est pas constitué ; il y a là toutes les parties de l'être, mais l'êtne n'existe pas. Pour que l'être existe il faut non^

uotA' gMiralm ws mbultiom. 3M

jlement que toutes ses acli Vîtes peHiculières ekistent; mais enoord /elles soient dans leur onlre, dans leur hiérarchie^ dans le ooa* urs de l'unité qui les réunit Si elles étalent toutes semblables, es pourraient être les unes p\u&, les autres moins^ les unes antéf^ iu-res, les autres postérieures; et dq moment qu'elles seraient unies n'importe comment^ elles seraient à leur place, elles auraient même action ; le tout serait constitué. Etant dissemblables, elles Herent inévitablement par le plus et le moins» par l'antérieur et postérieur, par le degré; et par cela même elles ont un ordre, un acement, une hiérarchie. C'est là une condition forcée d'ordonmcement; et l'ordre, c'est Vunité-

On> peut, il est vrai, supposer que le plus embrasse le moins^ <|ue supérieur gouverne l'inférieur, et ainsi depuis lactivité la plus linente jusqu'à la plus vile. Cela est vrai. Mais il est manifeste jrs que l'activité la plus intérieure estenibrassée par celle qui est -dessus,. et ainsi de suite jusqu'à l'activité la plus supérieure qui ibrassera toutes les autres. Et ainsi ou arrivera forcément encore à le activité tout à fait supérieure, représentant en elle toutes les ti vîtes inférieures qu'elle embrasse^ et distincte de chacune d'elles^ t sera là, en définitive, une activité d^ensemble, de coordinationi unité, essentiellement différente de toutes les activités particures, une activité d'ordre et d'unité.

A moins d'admettre que toute activité particulière est forcément pendante de celle qui la domine, et que rien ne peut se passer -dessous d'elle sans elle, ce qui est contraire à la vérité, il faut eessairoment reoonnattre une activité générale différente des ac* ités particulières. En effet, l'être vivant n'est pas ordonnancé jne manière tellement rigide que tout en lui se meuve tout d'une ice. De ce qu'une activité particulière se développe en lui, il ne nsuit jamais que toutes les autres se développent en même temps ; lit Tordre anima) ne suit pas forcément tout l'ordre végétatif; ut l'ordre intellectuel ne suit pas forcément tout l'ordre animal^ réciproquement. Encore que tout concourt dans Tunité* chaque tivité particulière peut avoir une certaine indépendance de toutes ( autres.

Il faut donc, en réalité, une activité générale différente de toutes i activités particulières, qui n'ait en soi rien de particulier, et pou* ni dominer toute» les activités particulières» même la plus supé^ $ure. Il faut qu'elle ait l'unité du moi de l'étrej l'indivisibilité isolue de l'unité, et qu'elle soit en même temps le lien coordinaiir, et par cela métne impulsif de toutes les parties. En un niot,

le toiU est quelque chose de réellement distinct des parties^ et qui /es embrasse toutes, sans pouvoir en être séparé»

T Voyons, en second lieu, ce que sont les parties, ou plutôt in* sistons sur ce que nous en venons de dire.

Dans le corps inorganique, toutes les parties sont semblables; chacune d'elles a les mômes propriétés que toutes les autres, et ainsi le corps inorganique peut être considéré comme divisible à l'infini» chaque division constituant encore un tout.

Il n'en est plus de même dansjes êtres vivants. Chez eux, il n'y a pas véritablement de parties, car l'unité n'est pas divisible ; le tout n'existe qu'à la condition de toutes les activités particulières qui le manifciitent, et les activités particulières n'existent qu'à la condition du tout qui les fait être. Divisez un corps vivant, et à l'instant vous le détruisez; ôtez-lui une partie, et vous le mutilez. 11 peut vivre sans quelques-unes de ses activités particulières, car il y a des parties dont la présence est plus ou moins indispensable à la vie, mais il n'est pas complet, il ne vit pas d'une manière complète. Tandis qu'un corps inorganique subsiste toujours et d'une manière complète, avec plus ou moins de parties ; vous pouvez toujours lui en ôter, ou toujours lui en adjoindre, sans qu'il cesse d'être et d'être complet, et chacune de ses parties, plus ou moins grande, subsiste séparément.

Il suit de là que dans les corps inorganiques toute partie détachée est tout à la ibis partie et unité : partie, si elle est réunie à d'autres semblables ; unité, si elle est détachée. Au contraire, dans les corps vivants, la partie n'est jamais qu'une partie; on ne peut lui faire remplir le rêle d'unité en la détachant, car elle ne peut subsister indépendante ; même, dans ce qu'elle est, on retrouve l'idée de l'unité à laquelle elle appartient, et l'on conçoit que beaucoup d'autres parties semblables en nature, différentes de qualité, doivent lui être réunies pour constituer l'unité. De sorte que la partie du corps vivant retrace tout l'être (son unité), sous une particularité; un botaniste exercé trouve dans les caractères d'une seule feuille le nom du végétal d'où elle vient; un bon naturaliste reconnatt une espèce animale à une seule dent ou à un ongle {ab ungueleonem). La partie n'est pas autre chose que l'être lui-même se manifestant sous une modalité particulière; chacune n'est qu'un mode particulier de l'existence générale, et est nécessairement comprise dans l'unité qui renferme tous les modes possibles.

Supposons un instant qu'une partie de Têtpe vivant ne retrace pas l'unité à laquelle elle appartient, elle échappe immédialanent

LOIS GiNBBALSS DBS RBUTIOMS. 505

l'être» elle n'est plus de lui. Supposons d*uu autre côté qu'elle it tout l'unité^ elle devient elle-mérae un être. Elle n'est donc pas mité, tout en retraçant cette unité; elle est une modalité de l'unité.

3" Nous sommes arrivés à ces deux points : le tout est une actité distincte des activités particulières» et qui les renferme : la jMrr- ? est l'unité sous une modalité particulière. Gela n'est pas encore iffisant ; il faut préciser davantage pour arriver à la question des stations.

Le tout, disons-nous, est une activité distincte des activités partiiliëres, et qui les renferme ; mais quelle est cette activité? La par* e est l'unité sous une modalité particulière ; mais qu'est-ce que Hte modalité?

Or, il faut remarquer que le tout n'est pas une activité réalisée, . parait simplement une puissance. En effet, nous ne le saisissons ulle part comme acte particulier, sans quoi, il ne serait lui-même u'un acte particulier, et dès lors il n'aurait pas besoin des actiités particulières qui le réalisent. Nous voyons bien qu'il est uelque chose de distinct du particulier, et qu'il l'embrasse, mais ous ne le saisissons en acte que dans l'activité particulière qui le Valise; il est puissance, le particulier est acte. Supposer qu'il est [ïte réalisé en lui-même, c'est admettre qu'il n'a pas d'autre réali*ition, et que du moment que l'être est, toute activité de l'être est nmédiatement en acte, ce qui est contraire à toute vérité de fait, l'un autre côté, supposer qu'il est simplement puissance, c'est adlettre que l'être n'est qu'en puissance, non en acte, tandis que être en tant qu'être est une activité. Il y a donc ici une difficulté.

Or, il faut remarquer que tout acte peut être immanent ou éma" ant^ c'est-à-dire rester dans le sujet ou sortir de lui. Ainsi, pour xemple, le désir est un acte immanent tant qu'il ne se traduit pas u dehors ; l'impulsion est un acte immanent, tant qu'elle ne se éalise pas extérieurement Au contraire, l'acte qui se traduit extéieurement est émanant du sujet sur l'objet de l'acte ; il sort de l'un K)ur se porter sur l'autre; il donne à l'objet l'acte qui était d'abord lans le sujet, ou mieux il se réalise sur l'objet. De même le tout l'est pas une puissance ni un acte réalisé, mais bien un acte imma^ \ent, et l'activité particulière est Vœte énanani ou réatiié. En effet, e tout ne se montre nulle part dans toutes ses activités possibles, K>mme nous le remarquions tout à l'heure ; il n'apparaît jamais que ous une partie. Et cependant il est en acte , sans quoi la partie (Ile-même n'existerait pas. Le tout est donc en acte, mais en acte mmanent, qui ne sort pas de lui-même; il n'émane jamais que

500 I»8 ItlLATIONS DANS L'HOMMfi.

80116 un mode particulier, et en émanant il ne cesse pas d'être l€i tout, mais il n'apparatt que sous un mode, et nous ne le saisissons que comme une partie.

Mon tout, ou pour mieux dire mon mot, est un acte en moi, et ne sort jamais de moi, et ne peut jamais être saisi dans toutes ses ma« nifestations à la fois. On le voit émanant sous forme de partie dans un point et dans un autre, sous un mode et sous un aut«*e ; mais en timt qu'unité et moi, il demeure en acte immanent.

Ainsi, pour nous résumer, le tout est Tôtre dans son acte immanent ; la partie est l'être dans son acte émanant et réalisé ; et soil qu'on prenne l'être dans son tout, soit qu'on le prenne dans sa par^ tie, c'est une unité, c'est-à-dire un indivisible.

S 2. — ttéveloppenieiit et niM^lie de l^aetltUé*

Nous suiYons notre sujet : ayant établi ce que sont le tout et la partie, l'acte immanent et l'acte réalisé, nous devons chercher maintenant comment se développe et marche l'activité.

l*" I/êt»e est «0ae * la fela moteur et moMIe^ parce qu'en eflRst H agit spontanément. 11 est bien vrai qu'il h besoin de causes objec* tives pour le mettre en acte et sur lesquelles il paisse réaliser son acte. Hais la cause ne fait que solliciter l'acte, elle en est l'OGcasion; ce n'est pas là un véritable mouvement transmis, car Taction du sujet est différente de l'action de la cause, et il y a proprement génération d'un mouvement à l'occasion d'un autra Ou bien il faudrait supposer qu'il est mû et ne se meut pas, ce qui serait admettre cpi'il supporte l'action et ne la fait pas.

Il faut donc que l'être engendre son mouvement sur lui-même Tobjet de son acte , en un mot qu'il se meuve. £t ainsi butril eo lui une partie qui meut et une autre qui est mne.

11 est vrai que l'être est un, c'est-à-dire indivisible, et qu'il ne peut y avoir en lui deux parties, l'une qui meut, l'autre qui est mue. liais non divisible dans son essence, il est divisible dans ses actes« puisqu'il est un dans son être et multiple dans ses réalisations. Quand donc on dit qu'une partie est motrice, l'autre mobile, on veut dire simplement que lesiictes se meuvent Vun l'autre , c'est-à-dire que le moi se porte à un acte second par suite d'un acte premier.

Rien ne s'oppose à ce que la partie mue puisse être motrice à son tour , et c'est, en effet, ce que nous voyons ooostamment dans le jeu des fbqctiona. Le végéwif est mù par l'animidité qui à seo tout

LOIS OkitÉRALVft DIS ftBLATIOUS. SO?

it le végétatif; la circulation meot la respiralioti, qiri à son tour it la circulation ; et ainsi de suite pour tous les actes, a question est de savoir comment se produit le mouvement; s'il un premier moteur dont dépend toute la suile du mouvement,* m mobile ; en nn mot comment s'engendre l'acte.

^ Théorie ëm pr^miwt motonr, ott notevr taiaMbtte. '^^ Arls-^

! s'est particulièrement attaché à cette question, dans sa Méta-^ sique et surtout dans sa Physique. Nous- n'avons guère mieux )ire, pour bien établir la question, que de commencer par :iter.

§ 2. D'abord tout mobile est nécessairement divisible en parties ni sont elles-mêmes toujours divisibles; car c'est un principe u'on a démontré plus haut dans les généralités sur la nature. Je tout ce qui est mobile en soi est continu. -^ § S. Or, il est npossible que ce qui se meut soi-même se meuve soi-ménoe tout itier; car alors il serait transporté tout entier, en même temps i'il transporterait par le même nK>uvement; tout en restant un

indivisible spécifiquement* il serait altéré et il altérerait; il istruirait en même' temps qu'il serait instruit ; il guérirait et et la is serait guéri, relativement à la même guérison. — § h. 11 a dé lus été établi que si tout mobile est mû, c'est seùiemenf quand il \i en puissance et non en acte; ce qai est puissance tend à se )mpléter en devenant actuel, et le mouvement est l'acte incom' let du mobile. Mais le moteur est déjà en acte et en fait. Par cemple, ce qui est chaud échauffe ; et plus généralement ce qui

la forme engendre la forme. Il faudra donc conclure que la lémc chose sera tout à la fois et sons le même rapport chaude

non chaude. Même observation pour tous les autres cas, où lé loteur doit nécessairement avoir l'afléction synonyme. *** § 5. este donc à dire que dans l'être qui se meut lui-même, il y a une artie qui meut et une autre partie qui est mue. *- § 6. Mais ce ui démontre bien que l'être qui se meut lui'-même ne peut pas \ mouvoir de telle façon que l'une des deux parties puisse indif» remment mouvoir l'autre, c'est qu'en effet il n'y aurait plus e premier moteur, si l'une des deux parties pouvait indifféremlent mouvoir l'autre à son tour. L'antérieur est bien plus causé a mouvement que ce qui' ne vient qu'après lui, eS fl meut aussi ien davantage. — § 7. Nous avons dit, en elfet, que mouvoir sut se prendre en deux sens : Tun on le moteur est mû lui-même ir un autre; l'amre'oû il méot par Isi Muk Mtto es -iiui est

5M DKS BSUTIONS DANS L'HOMME.

» éloigné da mobile plus que ne Test le milieu, est tussi plui » proche du principe. — § 8. De plus, il n*y a de néoessilè^ » moteur soii mû que quand il Test par lui-même. Ainsi, ai » deux parties ne rend à l'autre le mouvement qu'elle a ib; n par accident ; et voilà comment je supposais qu'elle pouv » pas mouvoir. L'une des parties sera donc mue , el l'autri B moteur et inunobile. — §9. Ainsi, il n'est (las nécessa^n » plus que le moteur soit mû à son tour. Mais ce qui est (k » nécessité, c'est que le moteur qui donne le mouvemeDt hi » même immobile, ou qu'il se meuve lui*m6me, puisqu 11 fâH » jours qu'il y ait mouvement. — § 10. De plus, le moteur re«: » lui-même le mouvement qu'il donne; et un corps qult^l » serait lui-même échauffé. » [Physique^ liv. VIU. chap. vr,t:J Barthélémy Salnt-Hilaire.)

C'est là une solution incontest^lement très puissante, cr > peut disconvenir qu'il y a une opposition absolue entre l^f^ et le devenir: si je suis d'abord chaud, rien ne montre ^ m'échauffe ou que j'aie besoin de m'échauffer ; et si je m c'est que précédemment je n'étais pas chaud. Avant doL chaud, je n'étais pas chaud, et la partie de moi qui œ n'était pas chaude, était immobile^

D'un autre côté, on ne comprend guère un moteur icc'est-à-dire ne mouvant pas : si je chauffe, c'est qu'iocoD:'* ment j'ai de la chaleur ou que je fais de la chaleur. Pourè-' il faut d'abord que j'entre en acte chaud ; de sorte que si Ir ' est d'abord immobile, il faut qu'il se meuve pour mouvi^

La solution ne paraît pas possible en dehors de ce qa'ou v' le passage de la puissance à l'acte. Le moteur est d^abordûn-' mais il possède l'acte en puissance ; il n'est pas chaud, td^' puissance de la chaleur ; et il suffit qu'il passe de la ^v^ acte pour qu'il devienne chaud. De sorte que la cause pi^' sollicite le passage à l'acte du moteur immobile.

De reste, il faut remarquer que l'être n'existe qu'à la eu d'être en acte, comme nous l'avons déjà établi ; du mono^' apparaît, il se montre en acte. Il ne faut donc pas raisonr^ la supposition qu'il peut exister d'abord sans acte, il fanl^'' ce qui est, et rien que ce qui est, savoir : que du monaeotq^ est, il est en acte, et par cela même qu'avec l'existeooe ii r^ premier acte, c'est-à-dire le premier moteur (1). Si nous sopi^^

(i) U Uiéorie 4ii omImt imnobUe aet célèbre par ton applieiti» ^>^

LOIS GÉNÉRALBS DKS kfiLATIONS. 509

il en est autrement, nous admettons qu'il peut Atre à l'état Ae l sans parties.

tfaîs suivons notre raisonnement. Le tout se réalisant dans une i^tie, est un tout en acte. II est vrai qu'il ne manifelste qu'un seul e ; mais par cela même qu'il est en acte, il est en puissance de is les actes qu'il peut produire. D'une autre manière, le tout est acte immanent de tous les actes qu'il peut donner ; et il n'est en te émanant que du seul acte qu'il produit. Ce qui revient à dire e l'acte immanent c'est la puissance à l'acte, c'est l'acte pouvant réaliser puisqu'il existe déjà^ et qu'il n'a besoin que d'être émané; idis que l'acte vrai c'est l'acte émanant et se réalisant au dehors l'immanence.

Examinée de cette manière, la théorie du moteur immobile est écieusement vraia Le moteur est immobile en ce sens qu'en lui cte est immanent ou en puissance ; comme c'est de lui qu'émane cte, c'est bien lui qui passe à l'acte, mais c'est le mobile qui réalise cte. Nous aurons lieu de voir plus loin les conséquences fort marquables de cetle théorie dans la dualité de l'être. Ici, nous j faisons que constater que dans l'être il y a le moteur et le obile : l'un immobile ou en puissance d'où émane l'acte qui y était imanent ; l'autre mobile où l'acte se réalise. L'être en comment ini d'être apparaît avec un acte qui se réalise et tous ses actes ossibles en immanence ou en puissance.

3° Id'actlwlté B« procède qne partiellement et par développe-

lent. — La principale raison en est qu'il n'existe pas d'objet apable de susciter tous les uctes de l'homme à la fois. Or les actes ont objectivés, comme nous l'avons vu, c'est-à-dire qu'ils se font lour l'objet auquel ils s'adaptent; et quelle que soit leur complication, is sont toujours un dans le but. Plusieurs objets se présentant en DÔme temps à l'activité, celle-ci ne procède à chaque acte que successivement, ou bien elle les réunit dans l'unité, si l'acte peut être lommun aux divers objets. Un même objet ne peut subir divers ictes du même sujet, qu'autant que ses actes sont successifs on se 'éunissent dans un même but, s'harmonisent dans une même unité l'acte. Il n'y a pas d'objet qai puisse assumer sur lui tous les actes le l'être,

nique : on comprend bien que nous mettons complélement de cdté cette quesUon [[ui n*est pas de notre sujet, et que nous nous en tenons à l'application physiologique.

s ID DBS RBUTIOHS PAN6 l'OOMII Ei

' Dti res^, œlft devait 4tre, car il serait impoasO^ie que t'étre puisse être tout eu mouvement et se mouvoir dans le mânae teoips. Pour qu'il ne meuve, il faut nécessairement en lui un moteur et un mobile; et s'il ne se mouvait pas, U w ferait que supporter un acte transmis, il n'engendrerait pas lui-même son action. U est donc vbible q«e l'être ne peut se mouvoir que partiellement, et que son activité est toiiyours un acte particulier.

Mais cet acte, quelque simple qu'on le puisse supposer, est toujours forcément complexe en puissance, p'est-à«dire qu'il suppose tous les autres actes que l'être peut accomplir; de telle sorte que ce premier acte une fois produit, tous les autre» p9s$ibles se développent successivement.

> En effet, ohfique acte réalisé de Têtre n'est pas autre choae que le tqut de l'être se réalisant sous un n^ode particulier, ;comme nous r^^vons démontré plus haut. Dans chaque acte particulier, c'est le tout lui-même émanant de l'activité immanente sous nb mode particulier. De s(^te que dans chaque acte que l'être accomplit, le toQt lui-même est en acte; le particulier comporte forcément le général. •Aussi, chaque acte particulier entraîne avec lui tous les autres particuliers, du général auquel il appartient: il a sa nature générale avec lui, et cette nature générale n'est vraie que par tous les particuliers qu'elle comporte. Ainsi, l'excrétion suppose l'absorption, et réciproquement : tous deux, supposent la nutrition ; le végétatif humain suppose son animalité, et son animalité conduit à son intellig^ce. Tout s'euclmlne, tout se tient dans l'être, il suffit d*un seul «cte pour«obliger tous les autres; et cela est fondé sur ce principe que chaque. mode particulier appartient au tout lui-même qui entraine tous les autres particuliers qu'il ordonne.

Mais comme tous ces actes sont impossibles dans le même temps, par suite de ce principe que l'activité particulière est seule possible, ii faut doue que tous soient enchaînés les uns aux autres par un développement successif, soit qu'ils se produisent simples, soit qu'ils se produisent complexes, selon le but.

Ainsi, le premier acte de l'être comporte avec lui tous ceux qui peuvent être accomplis, mais il ne les comporte que de deux manières possibles; ou par successivùé et alternance, ou par groupements synergiques.

^° Vm mmjtéht pmr mnmemmmîwîiié est ce que Bichat a nommé la loi d'alternance^ parce que « dans cet enchaînement continu des » phénomènes organiques^ chaque fonction est une dépendance de

, (.019 GtolÉftiLtt IIB9 BlUTIOm. 611

celles qui précèdent. Ceutr« de toutes, la circulation est toujours mmédiateraent. liée à leur eKeroice; si ella^est troublée, les autres anguiasent; elles cessent quand 1» sang^st immobile; telsdan^ eurs mouvementa successifs, les nombreui^ rouages de Thertoge l'arrêteni-ils dès que le pendule qui les met tous en jeu est lui<^ Tiéme arrêté. Non-seulement r.aclion générale de la vie orga^ nique (végétative) est liée à l'action particulière du ooaur; mais encore chaque fonction s'enchatne isolément à toutes les autres. Sans sécrétion point de digestion ; sans exhalation nulleabsorption ; sans digestion défaut de nutrition. » (Bech, sur la vie et la mort^ ' partie, art. IV.) ,

Ainsi, un acte développe un autre acte, ou inieux Taotivité se rte d'un acte sur un autre.

Mais celte suite d'actes ne peut se faire que de deux manières : ou m par analogie, ou bien par opposition. Ainsi, l'absorptiou sur \ point peut entraîner l'absorption sur un autre; ou bien l'absorpr n sur un point çntratne l'exhalation soit sur le même pointi Il sur un autre. Un mouvement suscite un mouvement analogue i le suit, ou un mouvement contraire; la progression du corps tge que les jambes se portent successivement en ayant, et au conr lire dans le même temps l'équilibre exige que les bras produisent s mouveoients contraires, elc

D'une autre manière, un acte en entraînant un second, puis un oisième, l'activité peut suivre cette série dans laquelle un analote mène à un autre analogue. Mais la marche peut être également verse, l'activité revenant sur ses pas, et il y a alors opposition; r à la suite de la série descendante, l'activité prend une marche trograde ou ascendante. Ainsi, Tinsalivation entraîne la digestioB ûiuacale, laquelle conduit à la digestion inlestiiiale, et la diges- ^n amène l'absorption, laquelle amène l'hématose qui conduite assimilation: voilà une succession par continuité ou analogie. Mai^ assimilation entraîne la désassimilation, l'absorption entraîne l'exr rétion ; voilà un enchaînement par opposition. Aristote a très bien étudié d'une manière générale les deux seuls 3ns possibles de tout mouvement : l'un circulaire ou continu^ parce u'on passe d'un point à un autre indélinimcintt et q^e nous avon$ ommé analogique parce qu'il est conduit par un analogue à uu utre; le second mouvement rétrograde ou par apposition^ qui est ) retour de l'activité sur elle-même et vers son point de départ- Phys., Uv. VUl)

5t2 DES RKLATIONS DiNS L*MSBK.

S* B« ■«••vraient acraMiÉM.-- L'actÎTité procsédant du

sur un autre, en abandonne un nécessairpiiient pendant qn porte sur Tautre. Il n*y a pas d*iaooiiv€fiient immédiat i marche dans les actes de Tordre anîmal; aussi cshscmM-o! Aranc rt^pos après chaque acte. Mais dans Tordre végétatif. . i eontmue dans un acte, bien qa*eile soit déjà passée dans u i li ; a là un mécanbine partîndier.

Bichat. en examinant la toi d'alfanince. a masrqo^ ;= -1 surtout sabis^bW que daits ce q^H Donse ^ TÎe mnm-r. «aut T^^nhf^ animal et Tocdre àitolectisrf : q";'att cccr-i rf I pag^ d diUifnttti^V' dVàvî&e et (fe repos -liss ^ wipilaitWe : a J a attribue cette dkçpun^àM fiiî^; >îie y^uut.M>. XvMfe> cru^Mfs M'I A trio acctarc-»* \|«*il $ **$t ett purtsif nwprè sur la oose. Ea KaTirj* — 7 * '

«^l^:tnmlv ^u un îiit ie 7 iitfmance. « ia«s^3rï^jii& ri v'iKmSK-r u oiu:^^ iu ^evv:^ tans es *uoc&uns tmiiniffs^ : ^' ^i^ 'u Cvitiiituile nifts^ es- "bmruuos '^fn^s'^aor^SL •I«;ce ;. ii^ai. autre 4tit; >* îu iU ititnuie e ■Éwc.^wi'^f a'- jeiw • ttf*i ^luvîMiuu 4ui i Mur Jut a ."•juserrauim na rvr::?^.

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LOIS ^toÊRÀLBS DIS RELATIONS. 513

accumulée sur certains points pour que l'action continue après îpart sur une autre partie.

«roopeneet «v syiiergies. — Enfin un dernier point de ; question reste à examiner, c'est le développement de Tactivité s les parties d'ensemble.

DUS venons de dire que l'activité se porte d'un acte à un autre,

lar là nous avons semblé établir que tous les actes, bien que se

ni, étaient sur le môme plan circulaire, comme sont tous

points d'une circonférence. Cependant il n'en est pas ainsi,

que nous avons déjà montré au commencement de ce chapitre

toutes les parties, toutes les activités particulières sont disposées

archiquement et s'embrassent les unes les autres, en s'étageant

foyers jusqu'au tout qui les embrasse toutes.

Il réalité le tout ne comporte que trois foyers principaux, puis-

nous avons vu dans le livre précédent que tous les actes se

«^donnent sous trois ordres principaux, végétatif, animal, intel-

uel. Chacun de ces foyers principaux se subdivise ensuite hiérar-

{uement en foyers secondaires qui embrassent les actes particu-

^. Il enrésulte que les actes les plus particuliers sont embrassés par actes plus complexes, qui le sont eux-mêmes par des actes plus 1 pi exes encore. Ainsi, il y a des actes généraux qui en embrassent sieurs secondaires, qui, à leur tour, embrassent chacun plusieurs liculiers.

>e là la possibilité de faire concourir plusieurs actes vers un inc but, en les réunissant dans l'unité d'une seule et même im^ sion active. Ces actes sont dits alors synergiques^ c'est-à-dire courants: c'est sur eux que Barthez avait spécialement porté son îulion. Il les avait recherchés avec sagacité, et les a mieux fait maître que tout autre avant lui. Nous aurons à les examiner en ail dans le chapitre suivant.

^es groupements ou synergies peuvent, comme la successivité, faire de doux manières, par analogie ou par opposition. Ainsi, jr que telle matière soit rejetée du corps, toutes les excrétions ivent concourir au même but. D'une autre manière, telle subnce peut déterminer à la fois, dans le même temps^ constipation îc flux d'urine ou rétention sur un point, excrétion sur un autre. En résumé, fluxion circulaire et successive d'un point sur un :re, et concours ou synergie d'actes. Voilà les deux termes géné- IX du développement et de la marche de l'activité procédant du it pour s'irradier dans les actes particuliers.

FRÉDAULT. 33

516 DIS ftILATlOIfS DANS L'B0II]IB«

7* Naréhe de Faeclvlté •on« des ei

venons de voir comment un acte initial du tout dans un ro -i ticulier, développait ensuite toutes les activités pariiculièrt^. là nous avons pu entrevoir comment Tiropulsion séminak mine toute la suite des actes pendant rexistence. Mais ud â point reste à examiner : Tétre existe, il développe ses acid cause vient le toucher, le toucher sur un point particulier, cela même développer un nouvel acte particulier ; comment c se propage-t-il aux autres et s'enchalne-t-il à Tactivité preii

On a posé la question, et c'est, depuis Broussais, sous ase i alternative. On a dit : a L'irritation se propage par cootr » contiguïté, d'un point à un autre qui le touche, ou bitri » propage au loin par sympati)ie, soit sous l'influenoe vers^ » par analogie de fonction ou de tissu des organes. » 11 mt ^i que ce n'est pas là ce que doit être la question.

En premier lieu, il faut remarquer qu'une cause obje meut l'être qu'autant que celui-ci y répond, autant que si sition à l'acte le porte à agir; et toute la suite des actes co .et en marche sous l'impulsion sénàinale, est la disposition r qui domine toute l'existence, parce que l'acte accompli a^ position à l'acte. Nous avons développé ces points en pai causes finales (liv. II, chap. iv).

Il s'ensuit que la cause qui vient agir intercurremoieci cours de l'existence ne peut déranger le mouvement qu: mencé l'existence, qui fait l'existence, et sans lequel l'existeoc* anéantie. Cette cause peut donc modifier plus ou moins le> ment premier, non l'altérer sans le détruire. Aussi les ad^ peut développer sont forcément plies au développemeot ^ marche naturdie de l'activité première.

Ajoutons que cette cause particulière entre naturellen)f6' son heure dans le plan de l'ordonnancement de l'eiisuc effet, sans elle, l'activité de l'être ne pourrait avoir lieu, pu> est l'objet de l'acte, et que l'acte ne peut s'accomplir saoî sur lequel il se réalise. Que cette cause se présente quand i « est absente, et l'acte n'a pas lieu; elle est attendue pour 1^ sans elle, l'acte ne peut avoir lieu ; si elle se présente »' après son tour, elle doit attendre le moment de l'activité.

C'est là un bit bien curieux et très fréquemment da^' médecine comme en morale. Un médicament est donné sao^ duire aucun effet, et ce n'est souvent qu'au bout d'un certâir que la disposition pourra répondre à l'acte qu'il ^fH^

' Um eÊHtoktMA MB MUTKM8. 515

19 vous^ est présentée et reste en vous comme indilMrente ; après > certain temps» elle surgit toat à coup ; elle a attendu la dispoon qui devait entrer en acte à son excitation. U la cause est assez puissante pour imposer l'acte qu'elle detode au moment où elle agit, elle suscite forcément la disposition

doit lui répondre, différente de celle actuellement en acte dont s trouble ou annule l'action. De là les perturbations suscitées par causes morbides, perturbations transitoires ou définitives, selon elles sont un malaise ou une maladie, et selon la disposition ^rmale mise en acte. Si la perturbation est trop grande et toute :tivité dérangée, la mort peut en être la conséquence, «lais endn l'acte peut ne pas avoir lieu, car il y a un grand tnhte d'actes non absolument nécessaires, et si la cause se pr^ {te à son heure» l'acte a lieu; elle est donc alors quelque chose is l'acte; elle le développe, et il se fait en vue d'ella :)r, cet acte est particulier ou synergique. Si la cause objective ; suscite qu'un acte très simple, elle retentit seulement au foyer /ticulier de cet acte; si elle nécessite un acte plus complexe, elie ^dutit dans un foyer hiérarchiquement plus grand; si encore elle ^essite que le moi lui-même, dans son tout, soit mû, elle retentit ^ foyers les plus inférieurs jusqu'aux plus supérieurs, jusqu'au i lui-même.

A^insi donc, une activité particulière ne se propage dans le voi* ^age qu'en mouvant le foyer d'où dépendent deux ou plusieurs lies voisines ; le trait d'union est un acte commun accompli per jx parties continues ou contigués. Au contraire, cette activité ne enlit sur un plus grand nombre d'actes particuliers que parce elle suseite un acte qui leur est commun; elle ne retentit au (1 que parce que deux activités particulières éloignées peuvent .rer dans un acte commun et synergique ; en un mot, l'aetivité rticulière ne se propage, ne développe des sympathies, comme

le dit, que par la marche naturelle de l'activité générale, H on qu'elle retentit dans des foyers d'acte plus ou moins étendus. Il n'y a donc, en résumé, pour connaître les \m de tciuies les lations, qu'à rechercher leur ordonnancement générai, leurays^ natisatioik

Barihex examine les sympathies selon qu'elles ont lieu dans le isinage ou au loin, qu'elles se rattachent à des analogies àe *ucture ou à des analogies de fonctions. Les auteurs les ptas mo-

Slt) DIS ABLATIONS DANS L'HOMHS.

dernes tendent à tout expliquer par les relations nerTeases. C ]à bien évidemment des points de vue particuliers, dont auco: complet, ne peut embrasser toutes les relations dans Tétre.

Cuvier a fait faire un nouveau pas à la question, sans s end en prononçant les mots de corrélations organiques et de s^ nation des organes.

M. Flourens analyse ainsi ces deux idées {Analyse des tm Cuvier, in-lS, 184S) :

« Une corrélation nécessaire lie toutes les fonctions les un autres.

)) La respiration, quand elle se fait dans un organe resp circonscrit^ ne peut se passer de la circulation, car il faut sang arrive dans l'organe respiratoire qui reçoit l'air, et < circulation qui l'y porte; la circulation ne peut se passer «v tabilité, car c'est rirritabilité qui détermine 1^ contracta cœur, et, par suite, les mouvements du sang. L'irritabilité i faire ne peut se passer, à son tour, de l'action nerveuse.

» Et si l'une de ces choses change, il faut que toutes le changent. (Page 151.)

» Une subordination démontrée soumet partout certain ! à d'autres : les organes de la locomotion à ceux de la oles organes de la circulation à ceux de la respiration, i* ' fonctions, tous les organes au système nerveux. » (Pagei5$

Et ailleurs, dans V Éloge historique :

d Dans une machine aussi compliquée et néanmoins ftu^^^ tiellement une que celle qui constitue le corps animal, il ^'' que toutes les parties doivent nécessairement être disposée^'^ pour les autres, de manière à se comprendre, à s'ajuster elle^''^ à former enfln, par leur ensemble, un être, un système''

» Une seule de ces parties ne pourra donc changer de for"*^ que toutes les autres en changent nécessairement aussi. Delaf^^ l'une d'elles, on pourra donc conclure à la forme de toutes les^

» Supposez un animal carnivore, il aura nécessaireinent •■ ganes des sens, des organes dn mouvement, des doigts, de^ | un estomac, des intestins disposés pour apercevoir, pour ^^ pour saisir, pour déchirer, pour digérer une proie, et i^" conditions seront rigoureusement enchaînées entre elb, (* ' seule manquant, toutes les autres seraient sans effet, sans n^ l'animal ne pouri^ait subsister.

m Supposer un animai herbivore, et tout œt ensemble (^^

LOIS OÂNÉRALHS DIS RBLATIONS. 517

ns aura cbaDgé : les dents^ les doigts, Testoniae, les intestins, les ganes des mouvements, les organes des sens, toutes ces parties ront pris de nouvelles formes, et ces formes nouvelles serrait ujours proportionnées entre elles et relatives les unes aux autres. » De la forme d'une seule de ces parties, de la forme des dents ules, par exemple, on pourra donc conclure, et conclure avec rtitude, la forme des pieds, celle des mâchoires, celle de Tesinac, celle des intestins.

D Tous les organes, toutes les parties se déduisent donc les unes 3s autres, et telle est la rigueur, telle est Tinfaillibilité de cette k]uction, qu'on a vu souvent Cuvier reconnaître un animal par n seul 06, par une seule facette d'os ; qu'on l'a vu déterminer des ;nres, des espèces inconnues, d'après quelques os brisés et d'aiurès Is ou tels os indifféremment; reconstruisant ainsi ranimai entier 'après une seule de ces parties, et le faisant renaître comme à dionté de chacune d'elles, résultats faits pour étonner, et qu'on ne eut rappeler sans rappeler, en effet, tout^ cette première admiition mêlée de surprise qu'ils inspirèrent d'abord» et qui ne s'est oint encore affaiblie. » [Ibid.y p. US etsuiv.)

Voilà vraiment la base de notre question prise dans le vif de anatomie comparée, et qu'il s'agit de transporter en cherchant >utes ses déductions dans la physiologie générale. Nous connaisons d'ailleurs ces principes; nous venons de les examiner ampleicnt ; nous les avons vus dans Bicbat, qui a eu le tort de n'admettre I suceessivité que dans les actes v^étatifs, et Cuvier ne fait que ompléter Bicbat en l'amplifiant. Nous comprenons que l'organe articulier représente tous les antres organes de l'être ; nous avons u que toute activité particulière impliquait toutes les autres actiités de l'être. Ce que nous avous donc à chercher, ce sont les cor- 'éiatùms et les subordinations d'activité dans l'être, comme Cuvier •echerchait, dans les espèces, les eorrélations et les subordinations organiques.

Mais, tandis qu'il ne procédait à cette recherche que par des données empiriques, éclairées, bien certainement, par l'intuition du ^énie, nous pouvons procéder par une méthode plus sûre et plus complète, basée sur la connaissance analytique des actes de l'être. Ce n'est pas, en effet, sans motif et sans utilité que nous avons exaooiné si scrupuleusement, dans le livre précédent, la classtficatiou, DU mieux, la coordination hiérarchique des actes de l'être humain. Cette coordination nous a fait entrevoir leur subordination réciproque» et nous a par là même donné la dcfde leurs corrélations.

Slti DBS RSLATIONS DANS L'HOMMB.

dernes tendent à tout expliquer par les relations nerveuses. Ce sont là bien évidemment des points de vue particuliers, dont aucun n'est complet, ne peut embrasser toutes les relations dans l'être.

Cuvier a fait faire un nouveau pas à la question, sans s'en douter, en prononçant les mots de corrélations organiques et de subordi-^ nation des organes.

M. Flourens analyse ainsi ces deux idées {Analyse des travaux de Cuvier, in.l2, 184S) :

« Une corrélation nécessaire lie toutes les fonctions les unes aux autres.

» La respiration, quand elle se fait dans un organe respiratoire (ûrconscrit^ ne peut se passer de la circulation, car il faut que le sang arrive dans l'organe respiratoire qui reçoit l'air, et c*est la circulation qui l'y porte; la circulation ne peut se passer de l'irritabilité, car c'est l'irritabilité qui détermine les contractions du cœur, et, par suite, les mouvements du sang. L'irritabilité musculaire ne peut se passer, à son tour, de l'action nerveuse.

» Et si l'une de ces choses change, il faut que toutes les autres changent. (Page 151.)

» Une subordination démontrée soumet partout certains organes à d'autres : les organes de la locomotion à ceux de la digestion, les organes de la circulation à ceux de la respiration, toutes les fonctions, tous les organes au système nerveux. » (Page 159.)

Et ailleurs, dans V Éloge historique :

« Dans une machine aussi compliquée et néanmoins aussi essentiellement une que celle qui constitue le corps animal, il est évident que toutes les parties doivent nécessairement être disposées les unes pour les autres, de manière à se comprendre, à s'ajuster elles-mêmes, à former enfln, par leur ensemble, un être, un système unique.

» Une seule de ces parties ne pourra donc changer de forme sans que toutes les autres en changent nécessairement aussi . De la forme de l'une d'elles, on pourra donc conclure à la forme de toutes les autres.

» Supposez un animal Carnivore, il aura nécessairement des organes des sens, des organes du mouvement, des doigts^ des dents, un estomac, des intestins disposés pour apercevoir, pour atteindre, pour saisir, pour déchirer, pour digérer une proie, et toutes ces conditions seront rigoureusement enchaînées entre elles, car une seule manquant, toutes les autres seraient sans effet, sans résultat ; l'animal ne pouri;ait subsister.

9 Supposes^ un animal herbivore, et tout cet ensemble de condi-

LOIS 6ÈMÉRALIIS DIS RBUTIONS. 517

lions auva changé : les dents, les doigts, l'estomae, les intestins, les organes des mouvements, les organes des sens, toutes ces parties auront pria de nouvelles formes, et ces formes nouvelles seront toujours proportionnées entre elles et relatives les unes aux autres.

» De la forme d'une seule de ces parties, de la forme des dents seules, par exemple, on pourra donc conclure, et conclure avec -certitude, la forme des pieds, celle des mâchoires, celle de Testomac, celle des intestins.

» Tous les organes, toutes les parties se déduisent donc les unes des autres, et telle est la rigueur, telle est rinfaîllibilité de cette déduction, qu'on a vu souvent Cuvier reconnaître un animal par un seul os, par une seule facette d'os ; qu'on Ta vu déterminer des genres, des espèces inconnues, d'après quelques os brisés et d'après tels ou tels os indifféremment; reconstruisant ainsi l'animal entier jd'après une seule de ces parties, et le faisant renaître comme à volonté de chacune d'elles, résultats faits pour étonner, et qu'on ne peut rappeler sans rappeler, en effet, toul^ cette première admiration mêlée de surprise qu'ils inspirèrent d'abord» et qui ne s'est point encore affaiblie. » {Ibid.^ p. ^8 etsuiv.}

Voilà vraiment la base de notre question prise dans le vif de l'anatomie comparée, at qu'il s'agit de transporter en cherchant toutes ses déductions dans la physiologie générale. Nous connaissons d'ailleurs ces principes ; nous venons de les examiner amplement ; nous les avons vus dans Bicbat, qui a eu le tort de n'admettre la sueeessivité que dans les actes végétatifs, et Cuvier ne fait que compléter Bichat en l'amplifiant. Nous comprenons que l'organe particulier représente tous les antres organes de l'être ; nous avons vu que toute activité particulière impliquait toutes les autres activités de l'être. Ce que nous avons donc à chercher, ce sont les corréiations et les subordinations d'activité dans l'être, comme Cuvier recherchait, dans les espèces, les oorrélations et les subordinations organiques.

Hais, tandis qu'il ne procédait à cette recherche que par des données empiriques, éclairées, bien certainement, par l'intuition du génie, nous pouvons procéder par une méthode plus sûre et plus complète, basée sur la connaissance analytique des actes de l'être. Ce n'est pas, en effet, sans motif et sans utilité que nous avons examiné si scrupuleusement, dans le livre précédent, la classtflcatiou, ou mieux, la coordination hiérarchique des actes de l'être humain. Cette coordination nous a fait entrevoir leur subordination réciproque» et nous a par là même donné la clef de leurs corrélations.

518 DBS RBLÀT1QN8 DAMS L*fi011ll&

Troift grandes activités résumônt 1* unité hamaîue : son V4 son auimalité, son intelligence. Voilà notre point de départ Gom* ment sont-elles subordonnées et reliées entre elle»? Voilà notre pr^ mière question posée.

En second lieu, chacune de ses trois activités principales en comprend de secondaires, lesquelles en comprennent d'inférieures, et ainsi de suite, jusqu'aux actes les plus particuliers. Gomment, dans chacune d'elles, sont subordonnées et reliées ces activités infé«rieures? Voilà nos questions suivantes; relations dans les actes végétatifs, relations dans les actes animaux^ relations dans les actes intellectuels.

Puis, l'activité estrelle adéquate à la disposition organique; quoi est le rapport entre l'acte et son instrument? Grande et magnifique questicm, soulevée dès les temps les plus anciens, et que l'on a tant discutée de nos jours dans des études spéciales de cràoiosoopie et de pbrénologie.

§ 4. *^ mtÊ^wmUûm MémiveM«i«e «s MiMMiiiHve mm Irala

Lès trois grandes activités ne sont pas établies sur le même plan et dam des rapports réciproques toutes trois entre elles. Par leur nature, elles se superposent l'une à l'autre, le végétatif sur un plaa inférieur» l'animalité sur un plan moyen, l'intellectuel sur un plan supérieur.

I. — Il suit de là que rintellectuel est immédiatement en rapport avec l'animalité, l'animalité avec le végétatif, mais que l'intaHactuel et le végétatif n'ont que des rapports indirects, et par l'intermédiaire de l'animalité. Le courant d'activité peut se faire, soit en montant, soit en descendant, et la subordination se développe de manière qu'un ordre embrasse Tautre qu'il touche immédiatement. Mais le courant ne peut passer directement d'un extrême à l'autre, et la su** bordination ne peut se faire également du végétatif à l'intelleetiiel, et réciproquemenU

C'est là un point capital, d'une importance considérable, parce qu'il explique comment la volonté intellectuelle, l'idée conçue dans l'intelligence, l'œuvre intellectuelle n'ont aucune action sur le végétatif que par la sensibilité ou les mouvements animaux, de sorte que l'homme ne peut d'aucune manière disposer direclement par sa vo^ lonté de sa nutrition ou de sa génératiou ; il ne les atteint qu'en agi*> sant sur sa sensibilité, et par conséquent dans les seules limites d'action que la sensibilité peut itvoir sur le végétatif. D'un autr^

1,018 QANÉBALIS dis RBUTIOMS. SIQ

côté, son végétatif, la nutrition et la génération n'ont aucune action directe sur Tintelligence, et ne peuvent l'influencer que dans las limites d'action du sensible sur riniellectuel.

Cette disposition hiérarchique explique et fait comprendre con^ ment les actes de rintelligence se paissent et doivent se passer dans l'immatérialité organique. En effet, si ces actes se passaient ou pou* valent se passer dans une organisation, ils tomberaient directement par cela même spus le coup du végétatif, car le végétatif a pour but d'entretenir la disposition matérielle organique de l'être. Tels qu'ils sont établis, les actes intellectuels ne tombent sous l'influence végétative que par les actes de sensibilité et de mouvement dont ils se servent. Ainsi, dans les cas où le végétatif nuit ou est utile à rintelligence, ce n'est qu'en manquant à développer ou en déve« loppant les actes animaux. Et de même, dans les cas où l'intelligence agit sur le végétatif, ce n'est que par les actes de sensibilité ou de mouvement qu'elle met en jeu.

II. — L'organisme ne servant directement qu'aux actes végétati& ou animaux, présente encore la disposition hiérarchique de ces deux ordres.

Bicbat a émis cette pensée : « On dirait que le végétal est Tébau- » che, le canevas de l'animal, et que pour former ce dernier, il n'a » fallu que revêtir ce canevas d'un appareil d'organes extérieurs » propres à établir des relations^ » {Rech. sur la vie et la nwrt^ A, 1, § 1.) La remarque n'est peut-être pas absolument juste, mais elle a une apparence de vérité. Supprimez par la pensée tous les organes des fonctions animales, il ne reste que le tronc avec ses trois cavités, la poitrine, l'abdomen et le bassin; ce n'est plus qu'une sorte de masse sans forme. Supprimez, au coutrairei tous les organes des kfû/> tiens végétatives, il vous reste un tronc grêle, avec la téteet lesmem bres; c'est encore quelque chose, une forme d'être. Ainsi, l'ordre animal donne vraiment la forme de l'être, et prime l'ordre végétatif.

D'un autre côté, presque tout l'ordre animal est superposé à l'ordre végétatif. Le cerveau, les organes des sens, les bras, dominent toute la disposition organique; le tronc qui contient le végétatif ne vient qu'inférieurement ; la moelle épinière, placée en arrière, est hiérarchiquement su(>érieure chez les animaux. Seuls, les membres inférieurs sont au-dessous du végétatif, mais parce qu'ils sont destinés à supporter tout l'être. D'une autre part, les ouvertures de l'absorption digestive et de l'absorption pulmonaire sont placées dans la tête, parce qu'elles ont avec les sens des rapports qui commandaient leur situation rapprochée.

Si noas examinons séparément la situation des organes végétatifs, nous la trouvons encore hiérarchiquement établie. Ainsi le petit bassin contient les organes d'excrétion et de génération, actes les plus inférieurs. L'abdomen contient les organes du travail de l'absorption digestive des boissons et des aliments. La poitrine contient les organes de l'absorption des gaz et de l'impulsion sanguine, les plus en rapport avec l'animalité, parmi les actes végétatifs.

D'un autre côté, la disposition organique de l'ordre animal présente une distribution hiérarchique analogue. Les organes des mouvements extérieurs et des impulsions réflexes sont înférieurement situés; les jambes, les bras, la moelle, et encore les mains, dont l'œuvre est plus éminente que celle des pieds, sont situés plus haut. A la partie inférieure de la tête, l'organe de la voix; à la partie moyenne, les organes des sens spéciaux ; dans la partie supérieure, le cerveau, les sensations internes et les impulsions volontaires sensibles.

m. — On peut encore examiner l'arrangement organique selon sa disposition d'embottement, et le fait n'est pas moins curieux ni moins digne d'intérêt.

Nous avons déjà établi, dans un livre précédent, que le type de l'arrangement organique est une cellule, et que toutes les structures sont des cellules élémentaires. Nous devons ajouter d'une manière plus générale que tout^ dans le corps vivant, est disposé sous la forme cellulaire, et comme l'enseignait J. P. Tessier, ùrnne vivum secundum figuram ovi. Les éléYnents de structure sont des cellules, les organes sont des cellules, les grands appareils sont des cellules, l'ordre végétatif et l'ordre animal sont des cellules, et toutes ces cellules, qui s'emboîtent les unes dans les autres, sont enfermées sous la peau comme dans une vaste enveloppe cellulaire.

La peau continuée par les muqueuses forme, en effet, une vaste enveloppe mucoso-cutanée, partout continue et sans aucune ouverture, qui contient tout l'organisme, et dont les fonctions participent des deux ordres, végétatif et animal. C'est elle qui se trouve en contact avec l'extérieur, c'est à travers elle que passent toutes les relations du corps avec l'extérieur. Sur certains points, elle sert davantage aux fonctions végétatives ; sur d'autres, elle sert plus aux fonctions animales. Partout elle absorbe et elle exhale; mais elle absorbe plus particulièrement les liquides et les solides par la muqueuse digestive, les gnz par la muqueuse pulmonaire, les gaz et les liquides par la peau; elle exhale plutôt les gnz par ia mu- (|ueusc pulmoïKiire, les liciuides par la muqueuse urinaii-e. A do

LOIS GÉMÉRALES DBS ABLATIONS. 521

certaines parties, comme les mains, la langue, est plus particulière* ment dévolu le toucher ; à d'autres, l'audition ; à d'autres, la vue ; à d'autres, l'odorat et le goût. En un mot, c'est une enveloppe com* mune dont certains points ont des actions spéciales.

Dans cette grande cellule sont deux noyaux, le sanguin, ou végé* tatif, et le nerveux, ou animal. La disposition de ces deux noyaux, leurs relations réciproques sont pleines d'intérêt.

Le système sanguin forme le noyau végétatif, noyau creux et constituant comme une cellule, ayant les globules sanguins comme nucléoles; il se partage en trois parties : l'une, artérielle, de sang rouge; l'autre, veineuse, de sang noir; la troisième, lymphatique^ de sang blanc. Une même membrane, partout continue et sans la moindre interruption, sans ouverture, tapisse chaque système et se continue de l'un dans l'autre. Ce noyau n'est pas rond, mais branchu, fournissant des divisions multiples, dont chaque faisceau se disperse, s'irradie dans un organe végétatif particulier. Tous les organes des fonctions végétatives, se résumant tous à des structures de sécrétion ou d'absorption, ont un faisceau vaseulaire pour trame principale ; ils sont tous comme appendus aux branches vasculaires, formés par lui, organisés par lui, moulés sur lui^ fonctionnant par lui et pour lui. En réalité, tous les phénomènes végétatifs se passent, d'une part, entre le monde extérieur et le liquide sanguin, et, d'une autre part, entre le liquide sanguin et les cellules élémentairesqu'il nourrit, et tout dépend des rapports existant, d'une part, entre l'enveloppe mucoso-cutanée et la membrane vaseulaire; d'une autre part^ entre cette membrane vaseulaire et les cellules élémentaires organiques. La peau et les muqueuses n'absorbent, ne sécrètent, n*excrëtent que sous l'influence du noyau sanguin et à son profit. Le noyau sanguin lui-même n*agit sur la grande cellule absorbante et excrétoire que d'après ses relations avec les cellules organiques particulières; il est le foyer du monde végétatif, le centre et le résumé de toute son activité.

Le système nerveux forme, d'un autre côté, le noyau animal y et les cellules nerveuses, les fibres de Remak (1 ) ? les fibres musculaires en sont les nucléoles. Comme le noyau sanguin, il oflre également trois parties : le système sensitif, le système moteur et le système ganglionnaire. Ce n'est pas non plus un noyau rond, mais, au contraire branchu, et partout il se continue sans interruption; il forme

(1) Galvanothéropie ou de VappliccUion du courant galvanique conslant au traitem^l des maladies nerveuses et musculaires, Paris, 1 860.

522 DES REUT10N8 DAMS L'HOMIIB,

par lui-même tout Tordre animal et le résume, et tous les organes de cet ordre lui sont appendus, en dépendent, sont moulés sur lui, n'existent et n*agissent que pour lui : les organes des sens appendus aux nerfs sensitifs, les organes de mouvement appendus aux nerfs de mouvement, les orgaoes de contractilité végétative appendus aux ner& ganglionnaires*

Si nous poussons plus loin la comparaison, nous trouvons encore que, dans chacun de ces noyaux, il y a un foyer central d'impulsion : le cœur dans le noyau sanguin^ la moelle allongée dans le noyau nerveux. 11 y a trois gros canaux : Taorte, les veines caves et le canal lymphatique; il y a trois faisceaux dans la moelle épinière. 11 y a dans le système sanguin une petite circulation pulmo^ naire pour l'absorption et l'excrétion des matières les plus subtiles, gazeuses; il y a, dans le système nerveux, un petite circulation cérébrale pour la sensibilité la plus délicate et les mouvements les plus parfaits.

Hais il faut aussi remarquer les rappoils de ces deux noyaux qui s'envoient réciproquement des branches de communications, s'influencent réciproquement, de manière que l'un ne peut agir sans l'autre. Partout où va le système nerveux, le sang pénètre pour le nourrir ; et chose remarquable, là où le sensible domine^ le sang noir domine ; là où le moteur donnne, le sang rouge domine ; pour le sang blanc, il est comme exclu du domaine animal, son rôle est purement végétatif. D'un autre côté, partout où se ramifie le noyau sanguin, partout aussi pénètrent des brimches du noyau nerveux; avec ces particularités cependant, qu'un seul ordre de nerfs (les nerfs ganglionnaires) s'y distribue; et qu'il ne se distribue qu'à un seul ordre de vaisseaux, les canaux artériels. Les nerfs moteurs et sensibles n'influencent pas directement le noyau végétatif; et les nerfs ganglionnaires n'influencent ce noyau végétatif que par un seul ordre de vaisseaux. Aussi de ces rapports réciproques entre le noyau végétatif et le noyau animal, nous pouvons voir que le premier touche le second directement, par plus de côtés que le second ne touche le premier; de telle sorte que l'ordre végétatif subvient plus directement à l'ordre animal qu'il n'eu est dominé, et que l'équilibre doit être rétabli par la prééminence des fonctions animales.

Telle est la disposition anatomiquedans son ensemble, nous permettant d'entrevoir des rapports que nous allons saisir d'une manière plus parfaite, en nous occupant de l'activité elle-même, dans les chapitres suivants.

Wm GÉMÉIALIS DIS ftILATlONS. '52S

§ 5. — RelAM«ii èm 0a|iérlear «Tee l-mrérlear, et viee Terfià.

Nous avons vu que les trois ordres d'activité sont sur (rois plans qui se superposent, le végétatif en bas, l'animalité au milieu, Tinielligence en haut ; et que les relations n'eiistent que d'un degré à un autre, du végétatif à l'animalité, de Tanimalité à rintelligence, et vice versa ; qu'elles n'existent pas directement entre l'ordre inférieur végétatif et l'ordre supérieur intellectuel. Quelles sont les dispositiops générales de l'activité dans ces relations?

Noua pouvoni^ les résumer dans ces deux fornDu les : le supérieur 90 réalise par l'inférieur, et Vinfirieur suscite le supérieur ; le supé^ rieur se disperse dans t inférieur, et l* inférieur se ramasse dans le supérieur.

Ainsi rintelligence ne se réalise dans sa connaissance ou dans ses actes que par les actes de l'animalité: elle ne peut rien concevoir sans le sensible; elle ne peut rien exécuter que par les mouvements de Tanimalité. Elle emprunte ses instruments à l'animalité, et ne peut se réaliser en acte sur un objet que par leur intermédiaire. De même, l'animalité ne peut réaliser aucun acte sans le secours du végétatifi qui nourrit, entretient, forme, constitue ses instruments : sans la nutrition des organes de sensibilité et de mouvement, pas de sensibilité et de mouvement possible. En un mot, le supérieur dépend de l'inférieur, comme le maître dépend du serviteur ; et avec plus de puissance encore, car ici le supérieur ne peut agir sur aucun objet sans le secours de l'inférieur.

D'un autre c(Mé, c'est l'inférieur qui suscite le supérieur. Le végétatif ne peut se réaliser qu'en ayant à sa disposition Tobjet de son acte» la matière de la nutrition, le sexe auquel l'autre sexe s'unit ; et cet objet de l'acte ne peut être apporté au végétatif que par l'animalité qui apprécie cet objet par ses qualités sensibles, le recherche et se l'approprie par ses mouvements. Ainsi le végétatif suscite l'impulsion animale. Dans un degré supérieur, Tordre sensible connaît l'objet par ses qualités sensibles, et le meut par ses mouvements. Mais l'être ne peut s'assouvir dans cette connaissance et cet acte, car la sensibilité ne donne qu'une connaissance imparfaite. L'ordre animal suscite donc l'être à une connaissance plus parfaite, comme l'imperfection appelle la perfection, comme la faiblesse appelle la force; et ainsi l'ordre intellectuel est mis en acte.

Cependant le supérieur en se réalisant dans l'inférieur disperse ainsi son activité sur un acte et sur un autre. Ainsi l'intelligence suscite tour k tour les sens externes, les sens internes, l'acte vocal,

$24 OSS ABLATIONS DANS L'HOMIIS.

l'acte mimique, Tacte manuel, Tacte locomoteur; et il les suscite partiellement. De même Tanimalité, pour se réaliser, ne se sert du végétatif que là où elle agit : elle meut la nutrition de la vue ou de Tun des autres sens, ou bien la nutrition de tel ou tel mouvement. En un mot, le supérieur n'agit sur l'inférieur que par des actes par*tiels, et en dispersant son activité sur les divers points où il peut user de l'inférieur.

Le rôle de l'inférieur sur le supérieur est tout autre, car, en le suscitant, il n'agit pas sur ses actes partiels ; il concentre son activité sur son foyer. Ainsi ce n'est pas en nourrissant plus particulièrement tel ou tel organe de sensibilité ou de mouvement, que le végétatif suscite l'ordre animal ; c'est en se concentrant sur le foyer impulsif animal ; c'est en mettant en jeu les affections du foyer animal, les appétits, les besoins, les nécessités, les penchants, que la végétatif suscite les actes de l'animalité. De môme l'animalité n'agit pas particulièrement sur tel ou tel acte de Tordre intellectuel; c'est en mouvant les affections du foyer impulsit intellectuel, l'amour du beau, du bien, du juste, que le sensible meut l'intelligence. Ainsi l'inférieur suscite le supérieur en concentrant son activité dans son foyer.

Plus loin, nous verrons dans le détail, les conséquences de ces lois générales.

§ 6. — Oe la dualité lUuw réir«.

Cette question a déjà été traitée dans la science : nous devons d'abord exposer ce qu'on en a dit.

Winslow s'arrôta en premier lieu au point de vue anatomique, à montrer la symétrie dans les os du squelette. {Exposition anato^ mique delastruclure du corps humain. 1732, art. Sqoelettb, n®' 37, 38.)

Brouzet, à un point de vue plus médical, se prit à considérer l'homme comme composé de deux organismes intimement unis, qui semblent refléter la dualité paternelle et maternelle, d'où il provient. « Cette idée, dit-il, ferait présumer que notre corps est double, et » que nous sommes composés de deux corps finis artistement soudés, » adossés l'un à Tautre. La symétrie intérieure de nos organes, Tar- )> rangement des parties extérieures et les phénomènes de plusieurs » maladies semblent confirmer cette opinion. » {Essai sur l'éduca^ tion médicinale des enfants, Paris, 175/li, t. I, p. 7.}

Vicq-d'Azyr montra une autre symétrie, non plus latérale entre la partie droite et la partie gaudie, mais de la partie supérieure à la

LOIS GiNÉRALBS DBS RELATIONS. 525

partie inférieure, entre les membres thoraciques et les membres pelviens. {Œuvres, t. IV, p, 221 .)

Bichat recueillit ces idées, mais pour les étendre et Taire une distinction. Pour lui, la symétrie n'existe que dans la vie animale : elle manque dans la vie organique ou végétative; aussi trouve-t-il qu'il y a harmonie dans Tune, irrégularité dans l'autre. (Bech. sur la vie et la mort, 1" partie, art. il et ni.)

Il observe qu'il y a deux yeux, deux fosses nasales, que la peau du corps est partagée par un japhé médian en deux parties; que les nerfs sont distribués par paires, que le cerveau est composé (!e deux hémisphères, renfermant chacun les mêmes détails, et qu'au contraire les nerfs et les muscles cessent de devenir réguliers quand ils n'appartiennent plus à la vie animale; le cœur, les artères, les nerfs des intestins, le plexus solaire et les autres de l'abdomen sont des exemples d'irrégularité. Dans la vie organique, l'estomac, les intestins, le foie, la rate, le cœur, la crosse de l'aorte, les veines caves, la veineazygos, existent sans symétrie. Le poumon est double, mais l'un a trois lobes et lautre n'en a que deux ; les reins sont doubles, mais irrégulièrement placés. (Art. ii, § i et 2.)

Pour lui donc, « il résulte de l'aperçu qui vient d'être présenté, » que la vie animale est pour ainsi dire double, que ses phénomènes » exécutés en même temps des deux côtés, forment, dans chacun » de ces côtés, un système indépendant du système opposé ; qu'il y » a, si je puis m'exprimer ainsi, une vie droite et une vie gauche, » que l'une peut exister, l'autre cessant son action, et que sans » doute même elles sont destinées à se suppléer réciproquement. » (Art. Il, §3.)

Il s'arrête ensuite sur l'harmonie dans la. vie animale, et l'irrégu* larité dans la vie organique. Les actions droites et gauches de la vie animale doivent s'harmoniser, et si l'une prédomine, il y a confusion dans les actes ; s'il y a deux hémisphères inégaux dans le cerveau, il y a un manque d'harmonie, impression double des sens, manque de force et de précision dans les mouvements. (Art. H.)

Bardenat, dans de&notea à l'ouvrage de Bichat, fit remarquer que la symétrie existait également dans les organes de la vie organique. (Edition de 182/!i, p. 17.)

Cuvier reprit l'analogieentre les membres supérieurs et inférieurs. [Leçons d'anat, comp., t. I, p. 342, édition de 1836.)

A cette étude pourraient être rattachées celles d'Oken et de de Blninville, en histoire naturelle sur le crâne considéré comme une

528 DÈS RELATIOHS DANS L'HOMMB.

vertèbre, les côtes comme des arcs vertébraux, etc. ; mais nous devons omettre cette partie de la question.

Fiourens reprit les idées de Bardenat pour les fortifier, et rectifia quelques-unes des idées de Guvier (1). Bichat s'était exagéré une idée, ou plutôt un système. Sa théorie d'harmonie est fausse, car il y a toujours un œil différent de l'autre^ une oreille meilleure que l'autre^ un côté droit prédominant le côté gauche, quelquefois (comme chez lui-même) un hémisphère du cerveau plus considérable que l'autre, sans qu'il y ait pour cela confusion des sens et faiblesse des actes. D'un autre oôté les glandes salivaires^ parotidiennes, sublinguales, amygdales, sont disposées par paires. Il y a bien deux poumons, l'un droit, l'autre gauche; si l'un a deux lobes, l'autre trois, c'est une question secondaire; dans plusieurs mammifères, le poumon n'est pas divisé, et chez les oiseaux il y a parité entre le droit et le gauche. Le cosur est unique mais divisé en droit et gauche ; et dans certains animaux, comme chez les mollusques, les deux cœurs sont séparés et placés latéralement. Les reins sont inégaux, mais pairs. Il y a deux dvaires, deux mamelles, deux testicules, et l'utérus, comme le vagin, la vésicule séminale, le pénis, est partageable en deux moitiés symétriques. Il ne reste donc de difficulté que pour l'estomac, le foie, le pancréas, la rate, l'intestin, la vessie; mais il est facile, dit M. Fiourens, d'y retrouver la division symétrique en parties semblables, et ainsi a à considérer l'ensemble des animaux, les organes de la vie organique ne sont pas moins soumis à la symétrie que ceux de la vie animale» »

11 est bien certain que la doctrine de Bichat était une forte exa* gération, et qu'il est impossible d'attribuer la dualité à l'ordre animal seul: cette dualité apparaît manifestement sur un grand nombre de fonctions de la vie végétative, dans les4bnctions de nutrition et surtout dans les fonctions de génération, mais a quoi tient-elle, et constitue- 1* elle une loi générale de l'ifttre?

La doctrine mise en avant par Brouzet dans le siècle dernier semble d'abord profondément vraie : l'être est dans sa personne unique un résumé de deux générateurs dont les deux impulsions se font sentir en lui, xx>mme nous le montrerons au livre suivant ^ en examinant les lois de l'hérédité.

En second lieu, l'analyse des actes montre qu'ils sont partout

(1) Études sur les lois de la symétrie dans le règne animal el sur la théorie du dédoublement organique, ^ ParaUHe des extrémités dans Vhommè^ les quadru» pèdH et les oiseaux^ dans Mémoires d^anatom, et de physiol. comp, Paris, 1844.

LOB GÉlfÉRALSS DIS HBUTIONS. 527

ordonnés deux par deux. Ainsi, dans les facultés végétatives, la nu« trition et la génération ; dans la nutrition la formation du sang et celle des parties dans Tune et l'autre, Tabsorption et l'exhalation, l'assimilation et la désassimilation ; dans les facultés animales, la sensibilité et le mouvement; dans les facultés intellectuelles, la connaissance et l'œuvre pratique.

Disons mieux encore : dans chaque acte le moteur et le mobile, l'acte immanent et l'acte réalisant,le tout et la partie. Et à ce titre la dualité semble nécessaire, obligatoire : chaque acte joue vis-àvis d'un autre et réciproquement, le rôle de moteur pendant que l'autre est le mobile. Aussi trouvons-nous dans chaque acte deux sortes dlmpulsions, l'une qui s'y réalise, Tautre qui en émane, et de là cette dualité reconnue depuis si longtemps, ces deux hommes que chacun porte en soi, l'Un qui veut, l'autre qui agit souvent autrement que la volonté ne veut, parce qu'une autre impulsion se réalise en lui. Nous l'avons dit, et il faut bien le croire : A ne meut pas A, mais B, et B ne meut pas B, mais A. La dualité est nécessaire à facte^ parce que chaque acte doit avoir une action eom-plémentaire.

Maintenant, dans cette dualité, nécessaire parce qu'un acte complète l'autre, il y a une doctrine générale que l'on comprend dans son ensemble, et des faits particuliers qui échappent. Ainsi, on comprend bien la nutrition complétant la génération, et vice versa; l'absorption et l'exhalation se complétant, la sensibilité et le mouvement se complétant, la connaissance et l'œuvre pratique se complétant, et d'une manière générale, on comprend des actes différents complétés l'un par l'autre, en ce qu'ils trouvent l'un dans l'autre leur conoplément. Mais il y a des actes doubles dont on ne comprend pas la dualité, parce qu'ils sont semblables, qu'ils semblent complets en eux-mêmes, et ainsi, pourquoi deux oreilles, deux fosses nasales, deux côtés, droit et gauche, deux poumons, deux reins, etc. 7 A cela, je réponds : A-ton bien analysé ces actes de manière à répondre qu'il ne s'y trouve pas de différences? Naguère, on demandait pourquoi deux yeux, et depuis que le stéréoscope a démontré qu'ils servent à'connaltre le relief et la position exacte des parties, on ne le demande plus. Pourquoi deux membres inférieurs? Parce qu'ils se complètent pour la locomotion ! Pourquoi deux membres supérieurs? Parce qu'ils se complètent pour l'œuvre manuelle I Pourquoi la scission profonde des centres nerveux? Parce que tour à tour l'un est le moteur et l'autre le mobile. Mais pourquoi deux poumons, deux reins, deux ovaires, deux

testicules? On ne sait pas encore comment ils se complètent, parce qu'on ne sait pas les différences du côté droit et du côté gauche de ces fonctions.

D'un autre côté, il y a des organes impairs, des actes impairs, parce que dans ces parties, dans ces actes, la dualité n'est pas séparée, mais intimement unie. L'acte est toujours double, ici comme précédemment, mais il est double dans le môme lieu, avec la même structure, dans la même activité; il se complète par lui-môme et en lui-môme. Quelquefois aussi, la dualité échappe, parce qu'au lieu d'ôtre latéralement placée, elle l'est de haut en bas, et pour exemple, l'acte stomacal et l'acte intestinal se complètent réciproquement. Ou bien la dualité échappe, parce que les deux actes semblent au premier abord si dissemblables qu'on n'en a pas trouvé les rapports, et ainsi le Foie et la rate se complètent pour l'hématose.

Si tous les actes étaient partaitoment connus en eux-mêmes et dans leurs relations, cette grande loi de la dualité dans l'être serait beaucoup mieux appréciée, et donnerait la clet de bien des phénomènes qui échappent encore à la science physiologique. 11 nous importait de l'indiquer au moins dans son ensemble, avant d'entrer dans les détails des relations où nous allons la voir partout régnante.

Mais remarquons bien que cette dualité peut se montrer dans quatre cas tort distincts : l"" dans le même lieu, quand deux activités contraires peuvent naître du même foyer; S*" dans des lieux différents, quand une activité trouve son activité complémentaire dans un autre point de l'économie; S"" dans des temps différents, quand il y a succession des activités complémentaires, que l'une suit l'autre; U"" dans le môme temps, quand il y a synergie des deux activités contraires, se développant a^pendant sous la même impulsion. On trouvera dans les chapitres suivants de nombreux exemples.

. § 7. — iBdépeiMiMitee poMlble den activité* i^ftrttenlièrefl.

Comme nous l'avons vu plus haut, le tout est distinct des par* ties, les parties sont distinctes entre elles, et chaque foyer d'activité est distinct. De là, une certaine indépendance possible dans chaque activité particulière, sans laquelle l'être serait renfermé dans la rigidité extrême d'une forme absolue; pour qu'il y ait des variétés dans l'espèce, il faut absolunaent que l'ensemble des actes et chacun d'eux en particulier puissent varier en eux-mêmes et dans leurs relations, tout en se renfermant dans l'unité du type. Nous

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