LOIS GÉNÉRALES DES RELATIONS
devons examiner ici les principes de ces variations puisés dans Tindépendance possible des actes.
Deux questions doivent être posées séparément : 1^ les conditions et limites de cette indépendance ; 2** les effets secondaires qu'elle produit.
i"" €:«adtaoB« cl limite* de l'indépeadttiMe . — Il est bien évident tout d'abord que cette indépendance n'est pas absolue, sans quoi l'unité serait inrailliblement brisée. Elle. ne consiste donc, d'une manière générale, et ne peut consister que dans l'exagération ou la diminution de l'activité sur un point plus ou moins important; rarement sa suppression, jamais une exagération sans limite, et avec des extrêmes seulement possibles dans des actes tout à fait secondaires. D'une manière générale, que l'activité augmente ou diminue, ou se modifie sur un point, il en résulte toujours quelque chose, ne serait-ce qu'à un degré infiniment faible sur tout le reste de l'ôtre.
Cela établi, rappelons que l'activité s'cnchaine de deux manières : par successivité et synergie; que dès lors, elle ne peut être indépendanie que dans ces deux voies; ou bien un acte se développe seuU sans complexité, ou bien il n'en entraine pas d'autres à sa suite*
l"" il est rare que l'on puisse voir un acte tout à fait simple; oti n'en a probablement jamais vu. Mais enfin, le. plus simple possible n'existe que sous deux conditions : la simplicité de l'objet même de l'acte, et l'infériorité absolue du foyer actif. De sorte que c'est dans les actes les plus éloignés de l'unité que l'indépendance est la plus grande.
Ce que l'on connaît de plus simple dans ce genre est le dévelop*» pement d'un |K)inl de l'épiderme sous l'influence d'une pression limitée. Ici, l'acte est nutritif dans sa plus grande simplicité ; il est lent, de sorte que l'affluence du plasma n'exige pas une plus grande activité circulatoire; il se limite à la production très simple de quelques cellules épithéliales de plus qu'ailleurs.
Dans un degré plus avancé, se montre l'accroissement de la nu-* trition de tout un organe, d'un muscle, de la vessie, de l'estomac. L'excès de nutrition est assez considérable pour entraîner un dé* veloppement circulatoire plus grand, et même le développement de vaisseaux sanguins ; mais l'acte, lent encore, n'agit guère sur l'ensemble de la circulation, et il est aussi trop limité pour influer sur la nutrition générale, entraîner une absorption plus active. Mais si l'organe possède une fonction capable de retentir ailleurs, comme une glande salivaire, le foie, les reins, la rate,, alors l'acte se com^* plique bien davantage.
FRÉDADLT. ZH
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Quelquefois Tacte est très limité par son propre objet et par le foyer actir; mais l'énergie d'activité développée rend Tacte plus ou moins complexe. C'est ainsi qu'une blessure extrêmement légère d'un organe sensible soulève des actes d'une complexité extrême.
2° L'indépendance dans la succession des actes ne dépend plus de l'objet de l'acte, comme ci-dessus, mais de T'actîvîté elle-même. En effet, l'objet d'un acte ne passe pas à un acte suivant ; mais c'est l'acte même qui en soulève un antre, encore bien qu'il y ait quelquefois des apparences contraires. Ainsi , l'aliment est l'objet de la digestion, et ce n'est pas lui qui est l'objet de l'absorption, mais bien le produit de la digestion ; et ce n'est pas le produit de l'absorption, mais le sang lui-même qui est le sujet de Thématose. Il y a là une subtilité si l'on veut, mais une subtilité nécessaire à comprendre, et qui a plus d'importance qu'on ne le croirait au premier abord pour celui qui veut pleinement comprendre les faits. U suffit d'v réfléchir.
Nous disons donc que dans la suocessivité des actes, l'indépendance dépend, non de l'objet de l'acte, mais de l'activité même ; c'est celle-ci qui s'isole de ce qui précédait et de ce qui suit. Et si Ton aime mieux, c'est un acte qui se rend indépendant de son acte complémentaire, ou bien cette activité, qui peut avoir plusieurs actes complémentaires, se porte sur l'un préférablement à un autre.
Encore une fois, car cette pensée doit être constamment présente à l'esprit, l'indépendance n'est pas absolue; il n'y a pas de puissance au monde qui puisse empêcher absolument l'absorption après la digestion, l'excrétion après l'absorption, et vice vet^sâ. Mais dans la suite des actes qui s'encfaatnent, l'activité peut s'arrêter plus sur l'un que sur l'autre, y déployer plus ou moins d'énergie, s'y modifier dans un sens plus ou moins différent.
Ainsi, pour donner un exemple, la sensibilité meut l'affection animale qui à son tour meut la motilité. Cette succession est de règle, et de règle absolue. Mais l'activité peut se porter avec plus d'énergie sur l'un de ces actes que sur l'autre, s'exagérer soit dans la sensibilité, soit dans l'affection» soit dans la motilité; de sorte que l'un de ees actes soit en désaccord quant à son énergie, soit avec l'acte préeédent, soit avec le suivant. De même l'activité en passant de i^n à l'autre peut se modifier, de sorte que l'affection ne soit pas en rap» port avec la sensibilité, et la motilité ûvec l'affection sensible. Ces deux sortes d'indépendances se voient, mais l'indépendance absolue est introuvable : toute sensibilité affecte, toute aifection meut.
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2'' BAo^ MMnABlrea ém Umâéjtmmémmw. — Ce^ effets sont très
importants, et tout à la fois très simples : c'est la lot de réaction qui les produit.
Tout est fait dans ce monde avec poidi et mesure, dit la Sagessey et par conséquent tout tend à s'équilibrer. Comme nous l'avons vu plus haut, la dualité née du moteur et du mobile, engendre les actes complémentaires dont la destination est, avant toutes choses, l'équilibre de l'activité. Il faut donc que l'indépendance ait la sienne.
L'indépendance est, en effet, comme nous venons de le voir^ une perte d'équilibre, et ne peut rentrer dans la loi que par un acte qui la ramène d'autant plus à l'ordre qu*elle s'en est plus écartée.
Elle est le produit d'une activité en marche, et par conséquent elle n'est pas destinée à persister, puisque le propre môme de l'activité est la mobilité. A un moment donné plus ou moins éloigné, soit chez l'être lui*méme, soit chez son enfant qui n'est que le continua* teur de son mouvement (liv. V, chap. n, § 3), cette activité qui s'était arrêtée dans sa marche reprendra son évolution.
Or, l'activité reprenant sa marche se portera forcément sur l'acte complémentaire de celui qu'elle quittera, soit sur un acte analogue, soit sur un acte opposé, en suivant sa progression naturelle, telle que nous l'avons indiquée plus haut. Et elle s'y portera avec d'autant plus d'énergie ou de durée qu'elle se sera arrêtée avec plus de vigueur et de temps sur l'acte précédent. C'est la loi de réaction qui le commande.
De là chez le même être en des temps différents, et souvent des parents aux enfants, des évolutions de l'activité, qui au premier «bord déroutent l'observateur. Une digestion très active suivie d'une nutrition lente, se changeant en une digestion lente suivie d'une nutrition exagérée; une absorption énergique suivie de peu d'excrétion, se changeant en une absorption laborieusesuivie d'une excrétion exagérée; une sensibilité exaltée suivie de peu de mouvements, se changeant en une sensibilité obtuse suivie d'une motilité énergique. On peut voir pendant un temps l'activité concentrer son énergie dans les actes végétatifs ; se reporter ensuite avec une puis* sance égale ou même plus grande sur les actes de l'ordre animal ; passer de là dans l'ordre intellectuel ; puis le délaisser pour revenir h l'ordre animal et plus tard à l'ordre végétatif. C'est ainsi qu'an homme passe tour à tour d'une nutrition énergique à des mouve* inents puissants ou à une sensibilité exquise, d'un amour sensible à ramouraiinlellectuel, de la science à l'esprit pratiqua , et vice versa. Souvent chez les enfants des tendances, des dispositions, des
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actes tout à fait opposés à ce qu'avaient montré leurs ascendants. Ces cbangemeuts dans la progression de l'activité peuvent veùir de différentes nianières, et en général de deux principales : ou bien de ce qu'un objet nouveau attire l'activité sur un autre point ; ou bien de ce que l'activité elle-même est prise de répulsion pour l'acte qu'elle accomplissait. Comme c'est là un point qui se lie à la question de Y habitude^ nous Texaminerons à propos de ce sujet (liv. V, chap. v).