II. Pm MB* exieMMs. — Leurs relations sont très nombreuses
I"* Dualité. Nous remarquons d'abord la dualité dans chacun d'eux : deux yeux, deux narines, deux oreilles, deux localisations du goût et du toucher.
S66 0BS aiLATlONS DANS L'HOMMB.
On est resté longtemps sans se rendre compte de cette dualité, et à s'en étonner ; d'autant plus qu'on avait remarqué une imparité constante dans cette dualité; ainsi, des deux yeux, l'un est plus fort, l'autre plus bible, l'un voit plus loin, l'autre plus près. Et il en est de même pour chacun des autres sens.
La découverte du stéréoscope par M. Brevster fait comprendre la vue binoculaire, en montrant qu'elle est nécessaire à la distinction du relief; les deux yeux se complètent; de môme les autres sens sont doubles par une nécessité de précision dans la perception sensible. II est certain que la localisation du sou se précise mieux avec deux oreilles; les deux narines doivent avoir également des actions qui se complètent ; la langue et le palais (arrière-gorge) ont chacun leur spécialité; et le toucher des deux mains donne une perception plus sûre du relief.
L'utilité de cette dualité étant expliquée, on se demande ensuite comment elle s'unifie, comment avec deux yeux on ne voit pas l'objet double, comment avec deux oreilles on entend un seul son et non deux. Cette unification a été expliquée pour les yeux, par le chiasma des nerfs optiques ; mais comme il n'y a pas de chiasma pour les nerfs acoustiques qui, cependant, unifient le son, cette explication mécanique ne parait pas complète.
11 me semble que sur ce point l'unification des deux perceptions résulte de leur diversité. Ce que l'œil droit fait connaître n'est différent de ce qu'apporte Tœil gauche, que par les deux perceptions du relief, qui se complètent ; de sorte que dans l'acte naturel, .l'un 'étant clairement le complément de l'autre, et vice versât les sensations semblables se confond^fit.
On a remarqué aussi que des deux yeux et des deux oreilles, l'un tles organes porte plus loin que l'autre. Ce n'est sans doute là qu'un moyen pour permettre de mieux apprécier les distances; car il est certain qu'en percevant à la fois le même objet, et plus confus et plus net, et plus grand et plus petit, on juge mieux de sa perspective. Tout le monde a pu voir qu'un peintre cherchant la perspective ouvre et ferme alternativement les yeux en clignotant, pour mieux saisir les relations de grandeur selon les distances.
Du reste, les organes congénères sont en relation constante d'activité, et marchent généralement d'accord. C'est ainsi qu'on remarque qu'une ophthalmie passe facilement d'un œil à Vautre ; que les deux narines, les deux oreilles se prennent de maladie simultanément ou alternativement; que la même maladie se montre fré*
DES RBLàTIONS dans L'ORDRI àMIMAL. 567
quemtnent sur deux parties de la peau symétriques, aux dos des deux mains par exemple, ou sur la face palmaire.
2^ Relaticm entre les sens externes, — Entre eux, les sens externes s'influencent en se perfectionnant ou en s'excluant»
Le toucher est pour ainsi dira Téducateur des autres, ou tout au moins de deux autres, la vue et Touïe. Cest le toucher qui apprend à la vue à distinguer les distances et le relief, le vide et le plein, l'uni et le rugueux ; on a étudié avec beaucoup de finesse comment il apprend l'enfant à voir. Il enseigne également à entendre, faisant apprécier le son éloigné difierent du son faible, le son grave ou lent différent du son aigu ou rapide. Il perfectionne l'oreille dans l'appréciation de la tonalité^ et c'est un fait certain que l'enfant qui a te voix fausse parce qu'il a loreille fausse, apprend mieux à rec-^ tiAer son oreille en chantant tout en jouant du violon, qu'en chantant au piano; la raison de ce fait est que le doigt qui touche la corde du violon sent mieux la vibration de la corde que le doigt qui pose sur la touche du piano, et Tappréciaiion de la vibration par le toucher éduque l'oreille à en apprécier la tonalité.
Le goût et l'odorat constituent un autre groupe de relations, et c'est généralement l'odorat qui éduque le goût. On sait combien ce qui blesse l'odorat répugne au goût; les plats les meilleurs perdent tout leur prix, et le goût les repousse si l'odeur les a déjà mal jugés. Le gourmet apprécie mieux les vins par l'odorat, au fumet, que par le goût, ou mieux c'est le fumet qui enseigne la saveur. La vue est, comme on le sait, très intimement liée aussi avec le goût et ce qui blesse l'œil n'est pas môme goûté ; mais s'il y a hésitation, o^est l'odorat qui décide le goût à aborder l'objet ou à le rejeter.
Du reste, ces relations de perfectionnement. ont une sorte d'écho dans les relations d'exclqsion. Ainsi, quand l'un se perd, les autres se développent, mais inégalement. Le toucher est de tous celui qui tend le mieux, non à suppléer, le mot n'est pas exact comme nous l'avons vu dans le livre précédent, mais à subvenir aux besoins que laisse le sens manquant ; et l'on a justement remarqué combien il se développe chez l'aveugle et le sourd. Mais l'odorat est peut-» être plus perfectionné encore, surtout quand à la cécité vient se joindre de la dureté de l'ouïe. On connaît cette histoire si souvent citée de l'aveugle qui reconnaissait à Todorat que sa fille avait manqué à la chasteté. Chez le gourmand le goût se concentre sur la langue, et l'odorat s'affaiblit ; chez le vrai gourmet Todorat donne de la finesse au goût.
QuelqueFois l'un des sens s'exalte à l'exclusion de tous les autres ;
l'ouïe chez les musiciens, la vue chez les peintres, l'odorat et lu goût chez les gourmets, le toucher dans diverses professions. On sait combien chez les sauvages Touîe acquiert de finesse à l'exclusion du goût et du toucher, et même de la vue.
Ces relations ont des conséquences dans les maladies. Ainsi, la perte des saveurs fines, suite de Tanosmie, et vice versa ; et la communication des affections de la gorge aux fosses nasales, et vice versa. Les affections des yeux dans les maladies de la peau, les yeux liés aux fosses nasales, et celles-ci à Toreille. Très souvent la perte de Touïe s'accompagne de l'obtusion de l'odorat.
3*^ Relations entre les Sens externes et les sens internes, — Les sens externes sont aussi en relations avec les sens internes ; l'objet qui flatte le plus l'un des sens externes est celui dont les sens internes s'occupent le plus : l'appréciation, le jugement, la mémoire des couleurs et des lignes chez le peintre, des sons chez le musicien, des odeurs et des saveurs chez le cuisinier. Le sens commun est surtout développé chez celui que ne captive aucun sens en particulier, et qui pour ce fait est plus apte à les contrôler Tun par l'autre.
6" Relations avec les sensations inteimes. — L'application des sens aux objets extérieurs gène sensiblement le rôle des sensations internes ; pour se sentir sentant, il faut moins sentir l'objet que se sentir soimême. L'homme qui s'applique à écouter ce qu'il éprouve fait plus attention à lui qu'à l'objet senti. De là cette habitude de l'homme sensuel, qui cherche sa jouissance, qui veut se sentir jouir, à s'exercer sur un petit nombre d'objets extérieurs : un seul tableau suffit au bonheur d'un peintre pendant longtemps; une seule sonate peut charmer le musicien pendant de longues heures; le gourmet ne veut qu'un petit nombre de plats et de vins, et ne les prend qu'en petite quantité. «
Le plus souvent^ un grand nombre de maladies nerveuses naissent précisément de cette sensualité des sensations internes, et ellesmêmes naissent par une habitude préalable de jouissance dans un sens externe. De là cette recommandation de disperser constamment le jeu des sens externes sur des objets divers, si l'on redoute les sen« sations internes^ ou si on veut en détourner l'activité.
III. Bes scna iBiernca. — Ils sont comnie, nous l'avons vu, au nombre de quatre : le sens commun^ l'imagination, la mémoire^ Vestimativité,
1« Leurs relations sont do deux sortes : l'appel réciproque et Tcxclusion.
DIS HtlimONS DANS L'oRDRB ANIMAL. 569
lis s'appellent, quand ils ont une application spéciale à un objet d'acte commun, comme nous l'avons vu plus haut Ce que le sens commun a mieux coordouné, est plus vif dans rimagination; ce que l'imagination a mieux représenté est mieux retenu par la mémoire; ce qui a été mieux retenu par la mémoire est mieux jugé par resti*mativité. Delà ces aptitudes particulières, pour les lignes, les figures, la lumière, les couleurs, les situations, les sens, la tonalité, etc.; et de là cette richesse de sens internes dans certaines spécialités.
D'un autre côté, si l'un des sens inlernes est concentré habituel^ lement, à Texclusion des autres, ceux-ci s'affaiblissent. Le sens commun exclut rimagination et la mémoire. L'imag'mation et la mémoire s'excluent souvent réciproquement. Enfin, chose éton«> nante, l'estimativité elle-même procédant par fantaisie, par opinion du moment, exclut le sens commun, rimagination et la mémoire.
2** Nous avons vu plus haut leurs relations avec les sens externes.
3*^ Leurs relations avec les sensations internes sont un peu différentes de celles des sens externes. Nous avons vu que les sens externes et les sensations internes se contre*balancent. Au contraire, les sens internes et les sensations internes s'appellent et se combinent. L'homme qui se sent sentir, qui s'adonne à ses propres sensations subjectives, non à la connaissance objective, éprouve le besoin de se rendre compte de lui-même, de s'objectiver. Ce n'est plus l'objet qui l'impressionne qu'il veut connaître : c'est de lui-même sujet sentant qu'il veut savoir quelque chose, sa propre activité devient l'objet de la connaissance; il cherche à coordonner toutes les sensations qu'il éprouve, à les traduire sous une forme dans son imagination, à les retenir dans sa mémoire, à les estimer. Ainsi fait-il appel aux quatre sens internes, et par cela même les fa.usse le plus souvent en leur suscitant des objets imaginaires.
De là ces dérangements de l'imagination du sens commun, de l'estimativité chez les hypochondriaques, et chez eux une mémoire étonnante de tout ce qu'ils ont éprouvé. Les sens internes ainsi appliqués forcément et constamment à objectiver le sujet, finissent par amener une confusion déplorable et produisent les hallucinations et beaucoup des désordres de la folie.
Dans ce rôle des relations entre les sens internes et les sensations, il faut remarquer que l'être s'objectivaot s'objective en acte, et par cela même conçoit aussi un objet à son acte. De là ces fantômes subjectifs dans l'imagination. Ainsi, la sensation digestive objective l'acte digestif avec l'objet même de la digestion, c'est-à-dire l'aliment; et de là dans l'imagination, ces images de fruits délicieux,
570 DBS ABLATIONS 0âNS l'HOMHB.
de mets succulents, de vins exquis. De même, la sensaUon volup tueuse objective l'acte voluptueux , comme objet même de la volupté; et de là dans Timagination» ces images tour à tour gracieuses ou lascives, séduisantes ou sales, ces fiintômes enivrants, ou ces représentations ordurières.
IV. Dm MBsaaoBa Interne*. — Nous avons VU qu'elles sont de trois sortes : celles qui rendent compte de la sensibilité, et celles qui rendent compte du mouvement, et celles qui témoignent de l'affection sensible.
En général elles sont anormalement développées : les unes ou lea autres prédominent. Comme l'homme est tantôt plus porté à la cobnaissance sensible, tantôt plus adonné à l'action» il s'étudie davantage dans sa sensibilité ou dans ses actes«
Les sensations internes exagérées dans ces deux directions, donnent lieu à deux sortes de manies, celle des sens et celle des actes. Dans l'une l'être étudie constamment ce qu'il sent; dans l'autre il s'étudie sans cesse dans ce qu'il fait.
Nous avons vu les relations des sensations internes avec les sens externes et les sens internes.
§ 2» — Des relnttowi entre les aetlons animales.
Les mouvements étant de deux sortes, organigua ou de relatiùtu extérieures^ nous les examinerons séparément et entre eux.
I. Dea monvementa organiqnea. *- Ils sont en général indépendants selon le lieu où on les observe, mais dominés par les actes végétatifs auxquels ils subviennent, et en suivant nécessairement les relations. Quelquefois ils sont tous à l'état de laAgueur ou tous très actife selon l'état du végétatif; quelquefois amoindris sur un point, exaltés sur un autre.
Dans les organes creux, les mouvements des ouvertures pré* sentent une opposition constante très remarquable. Ainsi, quand la 'bouche s'ouvre pour l'introduction des aliments, l'isthme du gosier se ferme, et quaad l'isthme s'ouvre pour la déglutition, la bouche se tierme. PourTeslomac, quand le cardia s'ouvre, le pylore sefertne; et quand le pylore s'ouvre, le cardia se ferme ; sans quoi les contractions stomacales feraient refluer le chyme dans l'œsophage. Dans le gros intestin, quand la valvule du csBcum s'ouvre, le sphincter rectal est fermé ; et quand l'anus s'ouvre, la valvule du cœcum se ferme, sans quoi les matières d'excrétion reflueraient dans rintestia
OIS llfiLATlONS DANS L'OBOIB âNIMAL. 571
grêle. La valvule caecale étant fermée et les matières de Tintestin arrivant incessamment, elles trouvent dans l'ampoule du caacum une sorte de réservoir. On sait que dans la vessie, l'ouverture des uretères laisse couler constamment l'urine qui vient des reins; cependant il est probable qu'il y a encore ici un mécanisme qui fanne cette ouverture lorsque l'urine est émise par l'uretère, sans quoi les contractions vésicales qui chassent l'urine en forçant le col vésical, et les contractions atxiominales qui aident h la miction, feraient refluer le liquide urinaire dans les uretères, dans le bassinet» dans les reins même, et peut-^tre jusque dans les vaisseaux. Dans le cœur, il en est de même : chaque oreillette et chaque ventricule ayant deux ouvertures, l'une d'entrée, l'autre de sortie, elles se ferment et s'ouvrent alternativement pour que le sang ne puisse retourner en arrière. Dans les veines et les lymphatiques, dont le parcours est interrompu par des valvules de distance en distance, chaque tronçon compris entre deux valvules présente le même phénomène.
Cette opposition entre la contraction sur un point et le relâchement sur un autre congénère, entre la succession des deux mouvements dans le même lieu, est une des formes de la dualité que nous avons déjà remarquée.
Dans le conduit digestif, et en général dans tout conduit, il y a opposition constante entre deux anneaux musculaires successifs : le supérieur est contracté pendant qu'un moyen se contracte, et que rinférieur est dilaté. C'est le seul mécanisme possible pour la procession du bol alimentaire.
La coniraclilité dans les vaisseaux sanguins présente des oppositions en rapport avec les oppositions des diverses fractions du liquide. On sait que les artères seules et les plus grosses veines reçoivent des filets nerveux et présentent une véritable ^ntractilité ; daus les veines et les lymphatiques, il y a plutôt simplement élasticité que contractilité des tuniques. Il résulte de cette disposition que le jeu des artères règle seul tous les mouvements vasculaires : si la contractilité artérielle augmente, le sang chassé des artères plus complètement et plus vigoureusement, tend à dilater le système veineux et à s'y accumuler : si au contraire la contractilité artérielle n'est pas trop roide, est plus souple , les artères sont plus pleines, les veines moins dilatées. C'est ainsi que cliez les hémorrhoïdaires et les personnes affligées de varices, le pouls est petit, tandis qu'il est large chez ceux dont les veines sont peu développées. Remarquons paiement qu'il doit y avoir aussi une opposi*
572 DBS RRLATIOMS DANS L'HOMUC.
lion eniro la contractilité du cœur et celle des vaisseaux artériels. En effet, si les contractions du cœur deviennent plus énergiques et plus puissantes, c*est bien évidemment pour activer la circulation générale, rendre le cours du sang plus rapide, et l'envoyer par ondées plus volumineuses dans les organes qui en ont besoin. Or, si la contractilité artérielle était dans le même temps aussi développée qpe celle du cœur, le contraire se produirait : elle resserrerait les parois du vaisseau, rendrait le conduit plus étroit, et par cela mônie la circulation plus difficile, plus laborieuse. H faut donc que lorsque la contractilité du cœur augmente, celle des vaisseaux diminue, et vice versa. Peut-être que dans beaucoup de cas d'hypertrophie cardiaque, cette affection tient précisément au défaut de cette opposition, et nous verrons plus loin comment cette opposition peut manquer.
il. Des iiio«iY«iiiente de relation extérieure. -— Tous peuvent
être indépendants pour les actes particuliers qu'ils accomplissent ; mais tous peuvent être reliés ensemble par des voies diverses.
Dans ces mouvements, la dualité se remarque pour ainsi dire sous toutes les formes possibles.
l"" En premier lieu, nous remarquons que tous ces mouvements dans leurs actions les plus simples se décomposent en deux actes congénères, l'un de flexion^ l'autre d'exteraion; tous les muscles des relations extérieures sont pour la flexion ou pour l'extension ; et tout mouvement de flexion a un congénère opposé d'extension.
11 résulte de cette loi générale que tout mouvement peut être modéré à volonté dans son énergie, qu'aucun n'est brusque, et que chaque action peut être calculée selon la résistance. En effet, la flexion entrant en acte en mléme temps que l'extension, la modère, et l'extension n'a lieu dans sa rapidité et son énergie, qu'autant que la flexion le permet. De môme l'extension modère la flexion et permet d'en mesurer l'énergie et la rapidité. M. Duchenne (de Boulogne) a parfaitement étudié ce fait dans les paralysies et montré que, lorsque la perte du mouvement porte sur un congénère de flexion ou d'extension, le mouvement présente une brusquerie et une énergie qui ne sont pas en rapport avec l'effet désiré. {De l'élec^ irisation localisée, Paris, 1861). '
De là résulte encore que tout mouvement ordonné est nécessairement complexe, et se compose do deux actes, l'un d'impulsion, l'autre de retenue. Ainsi, lorsqu'on veut mouvoir un objet avec une grande précision, on y porte les deux mains, dont l'une pousse et l'autre retient.
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DBS RELATIONS DANS L'OUDRB ANIMAL. 573
"^ De là résulte encore que dans Tétat normal les organes du mou- '^"""^ vement sont constamment en acte, môme à l'état de repos. Il faut - en effet qu'ils soient toujours en éveil du mouvement à produire, et le muscle de flexion est toujours en éveil pour modérer son congénère d'extension, qui, à son tour, est toujours en éveil pour modérer son congénère de flexion. Ils ne sont pas alors vraiment en acte, mais comme on pourrait dire, à Tétat de paix armée : c'est toujours une sorte de semi-contraction que M. Duchenne (de Boulogne) a nommée la tonicité musculaire. Il a fort bien remarqué que, lorsqu'un muscle de flexion a perdu cette tonicité ou d'état semi-actif, son congénère produit un état d'extension, môme sans impulsion contractive. Ainsi, quand les extenseurs de la main ont perdu non-seulement leur jcontractilité, c'est-à-dire la possibilité d'entret en acte, msiis encore leur tonicité, c'est-à-dire leur état normal X} de semi^acte, les doigts de la main demeurent fléchis, encore bien rj qu'il n'y ait pas de contraction formelle des fléchisseurs. j^ Cet état de semi -contraction, que j'appellerais la contraclion • tonique, dans lequel sont constamment tous les muscles, donne lieu nécessairement à des oscillations fibrillaires constantes. Et j*estime ^ que ce sont ces contractions toniques fibrillaires incessantes qui produisent ces bruits de pétillement dont M. Gollongues s'est occupé dans sa Dynamoscopie.
2° La dualité ne se remarque pas seulement dans tout mouvement simple composé nécessairement de flexion et d'extension : elle se voit encore dans tout mouvement composé qui a un complément. Et ces mouvements complémentaires sont disposés par paires dans l'organisme, latéralement et de haut en bas.
Ainsi, le corps est composé à cet égard de deux moitiés parfaitement égales, ayant chacune des dispositions organiques et des aptitudes de mouvements semblables. Dans la tôle, au cou^ au tronc, aux membres, les mômes mouvements et les mômes muscles se retrouvent semblables d'un côté et de l'autre.
Ces mouvements peuvent se produire les mômes de chaque côté ; ainsi les mômes fléchisseurs, les mômes extenseurs se contracter ; les deux bras se porter ensemble en avant ou en arrière ; les deux membres inférieurs se mouvoir tous deux dans la môme direction; les mômes muscles de la figure se tendre en môme temps.
Mais on peut dire que le plus souvent ces mouvements sont opposés. Ainsi, dans la mimique, les muscles de la figure se tendent le plus ordinairement d'une manière inégale, et très souvent, si un muscle se tend, le môme du côté opposé se relâche, Le$ deux bras
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^lU DBS RKUTIONS DANS l'HOMMB.
font le plus ordinairement des mouvements différents et opposés; si l'un se porte en avant, l'autre se porte en arrière; si l'un s'éloigne du corps, l'autre s'en rapproche. Les mêmes phénomènes se voient dans les membres inférieurs ; dans la marche l'un se porte en avant pendant que l'autre se porte en arrière ; les extenseurs de l'un se tendent davantage pendant que chez l'autre ce sont les fléchisseurs.
11 y a donc des rapports constants entre les muscles congénères et complémentaires des deux côtés du corps, et si la vitalité de l'un vient à être atteinte dans les maladies, on comprend que celle de l'autre en puisse éprouver quelque contre-coup.
3« Ces mouvements complémentaires s'observent aussi du haut en bas. Ainsi, dans la figure les orbiculaires des yeux, les dilatateurs des narines et l'orbiculaire labial sont en rapports constants. L« muscles delà figure sont en rapport avec ceux du larynx, organe de la voix, et avec ceux de la poitrine, et de là ces expressions différentes, quand la voix se manifeste plus ou «oins librement pour exprimer des sentiments divers, et lorsque la respiration est gênée.
Les mouvements de la tête et du cou sont en relation avec ceux de la poitrine, et ceux de la poitrine avec ceux de l'abdomen. De là gène de la respiration quand les muscles du cou souffrent ou quand l'abdomen estdouloureux.
Les mouvements des bras sont en rapport avec ceux des membres inférieurs, et l'on a remarqué qu'il y a parité et le plus souvent opposition d'action du haut en bas du même cêté. Ainsi, quand le bras droit veut agir en avant, le membre inférieur gauche s'arc-boule en arrière. Au contraire, dans la marche, quand la jambe droite se porte en avant, le bras droit se porte naturellement en arrière. Mais quand le bras droit veut tirer un poids en arrière, la jambe droite se porte en avanL Quand il y a saut et projection des deux jambes en avant, les bras suivent le même mouvement
Dans le même membre, du haut en bas« chaque section prés^le des dispositions alternativement opposées. Ainsi, les fléchisseurs du bras le portent en arrière, les extenseurs en avant; les fléchisseurs de l'avant-bras et de la main les portent en avant, les extenseurs en arrière ; les fléchisseurs de la cuisse la portent en avant, les extenseurs en arrière; les fléchisseurs de la jambf. l» fx>rient en arrière, les extenseurs en avant; les extenseurs du pied sont en avant, les fléchisseurs en arrière. Et si l'on compare !è membre intérieur au supérieur, on trouve une opposition d os les dispositions : le bras est fléchi en arrière et étendu en ava pendant
DES RELATIONS DiNS L'ORDKS ANIMAL. 575
que la ouisseest fléchie en avant et étendue en arrière; Tavant* bras et la main se flédiissent en avant et s'étendent en arrière pendant que la jambe se fléchit en arrière et s'étend en avant«