‹ Physiologie généraleChapitre 59 sur 107 · III. Relatiena entre lea meaveaieBts or|tantq«es et eemc de · texte numérisé non relu

III. Relatiena entre lea meaveaieBts or|tantq«es et eemc de

reiatloB extérieure. — Ces relations méritent également de fixer l'attention.

H semble au premier abord qu'il doive 7 avoir accord entre la eontractilité organique et la contractilité volontaire, et que, lorsque chez un individu l'une est développée, l'autre le soit également; qu'en un mot l'énergie musculaire ait une sorte de niveau uniforme dans tout l'organisme. Cependant nous allons voir des dispositions contraires.

En général il y a opposition entre la contractilité d'un muscle soumis au volontaire, et celle du vaisseau artériel qui lui apporte le sang; et par un eflet opposé il y a accord entre la contractilité de ce muscle et celle du cœur. Cela se comprend : pour que la circulation subvienne largement à la nutrition que nécessite la contraction musculaire, il faut que l'artère soit dilatée plus facilement, et que le cœur se contracte plus énergiquement ; dû sorte qu'un courant d'activité se dirigeant dans un appareil musculaire, un courant en sens inverse doit avoir lieu dans le système artériel qui y amène le sang, et un courant en sens direct dans la contractilité cardiaque. Si maintenant on observe que les nerfs vasculaires d'une partie y arrivent en compagnie des nerfs moteurs, on peut comme entrevoir là des conducteurs de courants renversés, l'un direct, l'autre induit, et peut-être comme dans une bobine de multiplicateur galvanique, sutfit-il que l'un des courants se manifeste pour que l'autre soit immédiatement engendré. C'est ce que j'ai tenté d'expliquer plus au long dans un travail Sur le rôle des nerfs ganglionnaires dans le journal l'Art médical^ numéros d'avril et mai 1862.

Suivons également ce qui se passe au moment de la cessation du mouvement : la contractilité volontaire s'arrête en même temps que diminue la contraction cardiaque, et celle des artères augmente. De là diminution du système artériel, augmentation du sang dans le système veineux et le cœur droit. Et plus l'arrêt est rapide, plus l'efTet est prompt et sensible. Souvent le développement veineux se prononce ainsi fortement chez des hommes qui ont eu précédemment une grande activité musculaire, et ont pris depuis des habitudes sédentaires. Il y a réaction.

Si maintenant il y a chez l'individu, k la suite d'une connaissance

sensible, affection très vive à un acte déterminé, mais presque en même temps arrêt de l'acte, ainsi, par exemple, que cela se voit dans les émotions violentes, les colères véhémentes qui ue peuvent assouvir le désir d*acte, alors Timpylsion cardiaque est d'une grande énergie et tend à pousser le sang avec force dans le système artériel pour aller nourrir la contractilité volontaire qui doit accomplir l'acte, mais en même temps comme Tacte est arrêté^ la contractilité vasculaire est grande et ne permet pas la dilatation artérielle; de sorte qu*il y a opposition entre ce que produisent la contraction cardiaque et la contraction artérielle, gêne dans les mouvements du cœur, et dilatation subite de tout le système veineui, du cœur droit et de la circulation pulmonaire. De là ces graves conséquences que la pathologie enseigne : le coup de sang, Tapoplexie cérébrale et pulmonaire, rhypertrophie du cœur, la syncope, qui se produisent ou tout de suite ou après des accès répétés.

§ 3» — Heu reteitoas <■■■ riiBi^alstoii aalBuile.

I. Des variétés d« l'impaisloa. — Nous avons dit qu'elles sont au nombre de trois : locale, automatique et volontaire.

Elles ont chacune leur département, mais l'impulsion locale est tout à Tait indépendante pendant que les deux autres ont au contraires des relations intimes. Cependant l'énergie de toutes trois est en général d'accord, et chez les hommes dont la volonté animale est énergique, la contractilité musculaire est puissante.

1"* L'impulsion automatique et la volontaire difierent surtout en ceci, que la première détermine l'acte, quel que soit l'objet, et en ayant égard seulement à l'affection première du sujet, tandis que la volontaire ne détermine l'acte qu'après avoir bien pris connaissance de l'objet et des affections réelles qu'il peut lui causer. L'une est une impulsion première, subite, rapide; l'autre est une impulsion après réflexion, secondaire.

Quelquefois il y a opposition entre les deux. L'objet ayant d'abord causé de la douleur et la révolte, fait naître ensuite le plaisir et l'amour, et vice versa. Quelquefois, au contraire, l'impulsion volontaire ue fait que poursuivre et achever l'acte commencé par l'impulsion automatique.

Pour la bonne ordonnance de l'ordre animal, il est nécessaire que ces deux impulsions soient indépendantes l'une de l'autre, et cependant limitées Tune par l'autre : c'est par la marche de leur développement que cet ordre est otUeuu. L'impulsion automatique agit dès que l'objet touche l'tMre animal ; elle agit dans un senà ou

DES RELATIONS DANS l'oRDRE AMMAL. Ti??

dans un autre ; elle sauvegarde du premier bond les intérêts. Que l'objet soit tout à lait ou légèrement nuisible, il est, rejeté immédiatement; qu'il soit tout à fait ou médiocrement bon, il est retenu. En second lieu, le volontaire se décide à rejeter, s'il est décidément mauvais, ou si, après avoir paru bon, il est reconnu mauvais ; ou bien il se décide à s'y attacher, si l'objet est décidément bon, ou si, ayant d'abord paru mauvais, il est reconnu vraiment bon.

Quelquefois, quand le volontaire se décide à revenir à l'objet, l'automatique s'y refuse encore : alors il peut y avoir lutte, et c'est ici que l'un se limite par l'autre. Dans beaucoup dexas, le volontaire prend le dessus et force l'automatique à se soumettre ; c'est ainsi que beaucoup d'actions, purement automatiques d'abord, finissent par être soumises à la volonté. Ce n'est que lorsque l'objet blesse trop le sujet que, quelles que soient ses qualités nuisibles qui charment le volontaire, Tautomatisme prend le dessus. Cela s'observe très bien chez les animaux. Un chat s'élance sur un rat, et en est mordu ; il recule ; mais il revient, recule encore, revient à nouveau, et finit par vaincre la douleur de l'automatisme pour satisfaire l'assouvissement de son volontaire. Dans un bois, un chien rencontre un hérisson et l'attaque : il se blesse aux piquants et s'éloigne ; cependant il revient et s'éloigne encore ainsi plusieurs fois, et si le hérisson se tient bien, le chien blessé perd courage et fait céder son volontaire à son automatisme.

2"" On voit que les deux variétés d'impulsion sont mues par des affections sensibles. Il est intéressant pour les moralistes de rechercher t'influence du plaisir et de la douleur, puis des besoins et des penchants, et en dernier lieu des passions. C'est auprès d'eux que le physiologiste doit poursuivre cette étude.

11. Dca affeeiloiiM. — Nous devons également renvoyer aux moralistes l'examen des relations que les affections animales présentent entre elles : comment le plaisir et la douleur se contredisent et s'appellent, se retrouvent Tun dans Tautre, se succèdent, s'appellent et se repoussent ; comment s'allient et se repoussent de mille et mille manières les nécessités, les besoins, les penchants, les propensions, les inclinations, les sentiments ; comment les passions, les vices et les vertus se combinent, se mêlent, se suivent, se repoussent. Ce serait peut-être outre-passer les bornes de la physiologie, que de pénétrer dans ces détails, et il nous suffit de marquer le point scientifique de la connaissance de la nature de l'homme où ils doivent se trouver.

FRÉDAULT. 37

$7B DES RELATIONS DANS l'HOMMB.

Nous detons donc tious borner à dii^ que les affections sensibles domineni les impulsions, ou mieux encore les produisent ; que c'est dans leurs modes si divers, dans leur énergie si variable, dans leur exaltation ou leur dépression, que se trouve le secret de tous les taraclères de IMtnpulsion.

§ â. — Des relafioiM emtre Mm seBiMIilllté, les iMnaveMeato

et l-laipatoleii.

L'acte animal complet se divise en trois mouvements qui s'enchaînent rigoureusement : la connaissance par la sensibilité, Timpulsion par l'affection, et le mouvement. Cet enchaînement est tel qu'on ne peut comprendre un mouvement sans l'impulsion, ni une impulsion sans la connaissance sensible. Quelquefois l'activité se concentre sur l'un des trois termes et touche à peine les deux autres, bien que ceux-ci en ressentent toujours quelque chose. Il y a des caractères qui sont tout entiers dans leur sensibilité; mais il leur est impossible de n'avoir pas d'aîlec^on et de ne pas agir : d'autres se concentrent dans leur affection sensible, caractères intérieurs, que l'objet sensible extérieur touche peu, et qui sont indolents à l'acte : d'autres, au contraire, qui sont tout action, ne sentent et ne jouissent que dans Taction qu'ils produisent.

Pour mieux comprendre ces rapports, entrons dans quelques détails.

I. BelatloBS eaUre la •enslblllté et le nouYement. — Examinons

d'abord les rapports entre les deux points extrêmes de l'acte complet.

1* Le mouvement qui termine et résume tout l'acte doit avoir nécessairement un objet de l'acte, et cet objet doit être connu de l'être aijissant. Quelquefois un objet connu porte h agir sur un autre; mais il est évident que celui-ci ne devient objet de l'acte qu'autant qu'il est connu par ses rapports avec l'objet de première connaissance. En un mot, il faut toujours que l'objet de l'acte soit connu plus ou moins.

2" Il devrait y avoir toujours équation parfaite, semble-t-il, entre l'action qui connaît et l'action qui meut; car l'objet ne devrait être mu que dans les limites où il e«t connu. Cependant Taffection sensible est interposée entre la connaissance sensible et le mouvement, et l'impulsion ne dépend pas toujours, tant s'en faut, des qualités réelles de l'objet, mais bien de l'affection que suscite cet objet. Non-seulement les sens externes peuvent se tromper sur la valeur réelle de Tobjeclif, mais aussi l'afTection sensible peut être

DBS RELATIONS DANS L'OUDM ANIMAL. &79

égarée dans l'^ifet qu^elle ressent. Aussi y a-t-i( bien souvent une inéquation entre la valeur i^le de l'objet et le mouvement qui lui est appliqué.

Cette inéquation montre une certaine indépendance de ki sensibilité et dtt mouvement, et explique comment chez leé uns la sensi^ bilité est pluft développée, chea Taiitro les mouvements.

Remai?quons même que le désaccord est ordinairement d'aatant phis grand que Tactivité se concentre sur l'un des deux, parce qu'en effet rhabitude d'action accroit l'énergie de l'an aux dépens de l'autra Et c'est ainsi qae chez les personnes dont le système musculaire est très développé, la sensibilité est obtuse, comme chet lea manouvriers; tandis que ches les persoimes très sensibles, chez les artistes par exemple* l'énergie musculaire est amoindrie.

l*" Mais ce désaccord cesse et l'union intime revient entre la sensibilité et le mouvement, quand» au lieu d'énergie, il s'agit de précision.

Kn effet) plus te mouvement doit être précis et délicat dans son application, plus l'objet doit être connu avec précision et délicatesse, parce que* pour agir, il laut sentir l'objet sur lequel on agit. Si Ton agit grossièrement, il suHit de le i^entir grossièrement; si ton agit déHcateQient, il faut le connaître délicatement.

Delà un accord constant entre certains actes de sensibilité et oer» tains mouvements. Le toucher est très fin chez les personnes qui travaillent les minuties, et réciproquement. Au contraire, ce sens est grossier ches les ouvriers de grosse œuvre. Pour bien travailler des mains, il but que la vue soit d'autant plus perfectionnée, et ainsi les relations des yeux avec les mouvements manuels. M. Duchenne (de Boulogne) a cité des ()ersonnes chez lesquelles cette relation était supprimée, et qui ne pouvaient agir si elles ne se voyaient agissant; Une personne tient un enfant, si elle détourne les yeux, elle le laisse tomber sans s en apercevoir. On lui dit de donner ta main sans regarder : elle croit la donner, et cependant ne bouge pas. La «ett» sation d'activité subvientseule au défaut de lumière. Pour bien parler, il faut s'entendre parler, et ainsi les relations de l'oreille avec la voix, la surdité et la mutité si souvent réunies ; celui dont l'oraUe est dure, criant trop haut ou parlant trop bas ; celui qui n'a pas l'oreille juste chantant faux. Pour marcher avec assurance, il feut s'entendre marcher; le beau marcheur frappe du pied, ou fait attention à glisser sans bruit; et de là les relations du pied avec l'oreille.

W" L'appréciation des objets dépend beaucoup des sens internée,

80 DES RELATIONS DANS L^ttOMME.

et par conséquent les raoïivemciUs sont en relation avec eux. Mais ces rapports ne sont pas directs : les sens internes n'influencent les mouvements que par l'action qu'ils ont sur l'afTection sensible.

5** Les sensations internes, au contraire, «ont en relation directe avec les mouvements produits, parce qu'il faut non-seulement sentir l'objet sur lequel on agit, U faut aussi se sentir agissant.

La sensation d'activité musculaire subvient plus particulièrement k cette nécessité de tous les mouvements volontaires. Ua homme privé de la vue et de l'ouïe, — le plus malheureux être qui puisse être produit, — ne peut plus agir qu'autant qu'il se sent agir. Quand on agit dans l'obscurité, on s'écoute, et surtout on recherche la sensation interne de ses mouvements. Chez les personnes qui sont privées de cette sensation d'activité musculaire , et dont nous parlions plus haut, la vue seule leur permet d'agir : du moment qu'ils ne se voiejii plus agir, ils croient se mouvoir alors qu'ils ne bougent pas.

C'est par cette sensation que nous proportionnons l'activité produite à i'eifet que nous voulons obtenir. Et c'est elle qui, nous donnant le témoignage de l'effet produit, nous procure la jouissance de l'acte accompli. La jouissance dans la plupart des actions, et entre autres dans l'union sexuelle, n'est que la sensation interne de l'acte se produisant et s'assouvissant, et au fur et à mesure que la jouissance s'amoindrit, la sensation même de l'acte diminue.

Aussi peut-on dire que la sûreté des mouvements est en raison directe de la sûreté des sensations internes qui en témoignent.

Mais de là aussi ces relations morbides entre les sensations et les organes des mouvements; les douleurs musculaires, les paralysies chez ces pauvres hypochondriaques dont l'attention est tout entière attachée à leurs sensations et les surexcite.

IL Relations de riaipaialoB avee la eeaalfclUté et le aMM^e*

■MBt. — Il faut les examiner séparément, ainsi que l'isolement de l'affection sensible.

i^ Entre Vimpuhionet la sensibilité. — Tout ce qui se passe dans la sensibilité retentit dans le foyer affectif et impulsif, car toute connaissance a lieu nécessairement pour le bien ou le mal de l'être qai connaît. Aussi, plus la sensibilité est vive, prompte, parfaite, complète, plus l'affection sensible retrace les mêmes qualités.

Et d'un autre côté, la sensibilité elle-même ne s'exerce qu*en raison de la vivacité du foyer affectif, car c'est selon ses aflfeciions que l'être connaît. De là cette remarque si judicieuse ftile depuis

DBS KBLàTIONS dans L'0R1>BK ANIMAL. 581

longtemps : on ne eonoBlt bien que ce qu'on aime; et au contraire on connatt mal ce qui répugne. Les sens sont passifs dans Tacte même de connaître, mais ils sont dirigés vers Tobjet, appliqués a sa connaissance, par l'impulsion affective.

De 15, dans les deux cas, dés relations entrêmement étroites entre la sensibilité et Taflection sensible; entre l'aptitude à un sens déterminé, et l'amour sensible. On peut même dire que c'est Taflection qui développe le sens^ car elle en est l'impulsion. Chez l'un, que charment les couleurs, la lumière, les lignes, l'œil se perfectionne davantage ; chez l'autre, ami de la musique, l'oreille devient plus fine; et ainsi de suite des autres sens. L'un se complatt dans les sens externes, l'autre dans les sens internes. Celui qui s'attache plus aux sens externes coimalt mieux les qualités objectives; celui qui se concentre dans ses sens internes perfectionne sa mémoire, son sens commun, son estimativité ; celui qui se complaît à se sentir sentant jouit davantage de son acte.

Cependant on voit chez quelques personnes une sorte d'opposition entre la fonction du sens et l'affection sensible. Des amis de la lumière et des couleurs ont de mauvais yeux ; des amateurs dé musique ont l'oreille fausse. C'est le signe de l'indépendance entre le sens et l'affection ; c'est la marque que la perception et Timpresaton affective sont deux actes différents. Au resté, te plus souvent celui dont 1'oreitlè est fausse, et qui cependant a l'amour de fa musique, finit par perfectionner sa perception ; Tirapulsion affec* tive dompte la sensibilité. Mais quelquefois l'organe est rebelle, parce qu'il y a en lui non pas un simple défaut d'acte, mais un vice organique dépendant] de l'acte de formation végétatif, sur lequel l'impulsion animale n'a qu'une action indirecte et très limitée, comme nous le verrons plus loin.

2* Entre Pimpuisian et les mouvements, — 11 y a succession d'actes de rimpulsion au mouvement, comme de la sensibilité à Hmpulsion. C'est un des nombreux et des plus frappants exemples de cette loi de successivité et d'alternance dont nous avons parlé dans le chapitre premier, et dont ou a pu observer déjà tant de faits précédemment. L'objet étant perçu par la sensibilité, l'impulsion affective détermine un acte, le mouvement l'exécute ; mais Tapplication du mouvement nécessite une nouvelle recherche des sens , et l'affection mettant en jeu tour à tour ses sens et ses mouvements assouvit son amour ou sa haine.

L'impulsion détermine donc le mouvement, et c'est par les actes que l'on juge de l'intensité, de la vivacité et de l énergie de l'affec-

582 B£S RKLATIONS f>AMg l'HOHME.

tk>D. Veut-on augmenter ia vivacité, l'énergie ou la précifiion du mouvement, c'est à l'amour sensible qu'on s'adresse; c'est en laisant jouer tous les ressorts de la concupiscence, de l'amour sensible sous toutes ses formes, que Ton obtient cke l'homme les actes auxquels on veut le porter. C'est par l'amour de Tén^rgie et de la force, par l'amour-propre de la résistance k la £»ligttei qu'on obtient chez le jeune homme le développement de ses puissances mu^ulaires. C'est en l'enivrant du charme des beauK-arts qu'on en fait un ai:tiste, et qu'on obtient de lui la perfection de ses œuvres.

Quelquefois, cependant, l'organe du mouvement, résiste à l'impulsion. Quelle que soit l'atieclion aux exercices corporels, aux beaux*art6, à la peinture, à la musique, il va résistance^ le système moteur ne répond pas à l'action qu'on lui demande. C'est qu'alors, ou bien il y a un vice organique dans ce système moteur, ou bieii il y en a un dans les organes de sensibilité qui doivent régler et pré* ciser ses actes.

3"* Isolement de l'affection sensible, — Toute affection sensible est l'effet d'une connaissance et se termine par des mouvemenU. Cependant elle s'exalte quelquefois à un point extrême et s'isole à un degré tel des sens et de la motUité qu'on Ten croirait tout k fait et absolument indépendante, si c'était possible. On trouve des per* sonnes qui répugnent à connaître un objet, qui n'en savent presque rien, n'en veulent pas savoir davantage, et ont pour ou contre lui une affection que la passion emporte aux dernières limites : elles jouissent ou souffrent de cet amour ou de oette haine ignorante, et s'y tiennent. D autres aiment un ot>jet, et^^e contentent d'un semblant d'action pour s'unir à lui ou s'en éloigner; ils jouissent d'un désir qui ne fait presque rien pour se .satisfaire, d'une joie que le plus petit acte met à son comble; ou bien ils souffrei^t d'une répulsion qui ne fait à peu près rien pour écarter l'objet nuisible, d'une tristesse que le commencement même de la lutjle amène. C'est ches les uns et les autres la sentimentaliié qui domine ; et pour eux le inonde extérieur est plutôt l'occasion qqe l'objet même d'uae affection sensibh.

CHAPlTaE IV.

DES RELATIONS DANS L*0RDRE INÎBIXBCTUEL.

L'étude de ces relations appartient tout entière à la psychologie; elle n'est pas de notre ressort, et no doit figurer ici que pour

DBS RBUTftON» PANS L'oHINIB INTKIXRCTUBL. 588

inarquar sa pliice dans l'ensemble des connaissances sur la nature de rhomme.

C'est à la psychologie de rechercher comment la similitude niè|i« è la différence, et celle-ci 1^ la causalité, pvii$ au futur contingent, comme chaque esprit a une temlance plus particulière vers 1 qn§ de ces connaissances.

C'est à elle de rechercher les relations entre renseignement e( rinventiûD, le jugement, Tapplication à l'acte, la méditation et |i^ contemplation, l'intuition et le raisonnement, le syllogisme et la dialectique, la mémoire, la conscience ; de voir comment ces procédés se suivent, s'appellent, s'enchaînent, s'excluent.

A elle de recliercher les rapports entre les diverses applications de l'esprit humain ; de voir comment les belles-lettres, les beauxarts, l'industrie, la politique, le commerce^ l'agriôulture, ont des rapports d^enchainement et d'exclusion.

A elle de rechercher les rapports entre les affbctiéns mtelleGf tuelles, le juste, le beau et le bon, le désordre, le laid et le mauvais ; d'examiner les relations entre les vertus et les vices de l'intelligence,

A elle de n^ontrer comfoent la ooQnaiswno^ m6\it ri^ffeclion, el comment l'affection meut la coqnaissi^noe ; comment la volunlé influence les actes pratiques, et comment les actes meuvent la oûr-v naissance par l'intermétliaire de l'affection.

Il y a ici à l'aire« comme nous l'avons montré imparfaitement pour l'ordre animal, un travail plein d'intérêt et d'utilité. Travail curieux pour l'observateur et le savant, plein de remarques fines et précieuses, aiguisant l'esprit et l'enrichissant ; travail utile au sage qui peut y puiser les règles de conduite pour éduquer et conduire son intelligence; travail que, du reste, chacun peut faire dan^ le particulier, et capable de dormer à qui osera Tentrepreiidre e^ l'achever, une puissance intellectuelle peu commune. Aristote le premier l'entreprit dans ses divers traités qu'on réunit sous le nom de Logique ; et c'est à ce travail qu'il dut en partie le développement de sou génie souple et puissant.

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