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DZS RELATIONS ENTRE LES TROIS ORDRES

besoins du végétatif, y trouvant d'ailleurs son plaisir sensible : il n'y résiste que sous les conditions de son indépendance.

3"^ Mais le centre animal impulsif reçoit encore une influence du végétatif, d'une manière indirecte, dans laquelle le sang ne joue aucun rôle.

L'ordre végétatif influence localement Tordre animal, ainsi que nous l'avons vu. Il nourrit plus ou moins les organes de sensibilité et de mouvement, ou même il excite diversement rirritsbilité locale et la contraction organique. De là des actions locales du végétatif sur Tordre animal, dont celui-ci a connaissilnce par ses sensations in^ ternes. Les sensations traduisent au centre les malaises de tout Tordre sensible-moteur, ses excitations diverses, le besoin de déglutir, d'éternuer, de moucher, de tousser, de respirer; les besoins et malaises de Tirritabilitéetdela contractilité intestinale; les besoins de miction et de défécation, les excitations de Tappareil génital.

Et ces sensations internes mettant en jeu les sens internes et les affections impulsives, donnent lieu tout à la fois à des images objectives qui retracenl sous une forme figurée les besoins éprouvés, et à des impulsions destinées à subvenir aux affections de besoin, de désir, de plaisir ou de douleur.

Il est quelquefois très difficile de saisir par laquelle de ces deux manières le foyer impulsif de Tordre animal est excité par le végétatif, et de là pour les auteurs des sujets de discussion. Ainsi, Timpulsion sexuelle procède-t«elle d'une excitation des centres par un sang chargé de matière séminale absorbée, ou bien vient-elle de la sensation d'une excitation locale, de l'irritabilité et de la contractilité par la semence engorgeant chez Thomme les canaux spermatique et la 'vésicule séminale? Chez la femme, Texcitation sexuelle vient-elle du sang chargé plus ou moins de matières émanées de Tovule, ou bien de Texcitation de la sensibilité et des mouvements des trompes, ainsi que de lout Tappareil génital mis en acte par la formation et la descente de Tovule? Il y a des partisans de ces deux opinions opposées. Pour nous, loin d'exclure Tune ou l'autre, nous les admettrions volontiers toutes deux ; nous inclinerions à croire que ce sont deux voies parallèles qui concourent an même but, et qui n existent concurremment que pour mieux assurer l'exécution de Tacte. Nous en reparlerons un peu plus loin d'une manière spéciale.

6"* L'action sur les sens externes s'explique par les actes que le végétatif demande. Chez les gros mangeurs, le goût est surtout développé, et il y a quelquefois, au contraire, oblusion de la vue et de

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l'ouïe. Chez les voluptueux^ l'odorat est plus fm, et de là ces relations fréquentes entre les afiectiotis du nez et des organes géniteux, et quelquefois la perte de rodôrat précsétlent rimpuissance» ou au contraire les sternutatoires excitant les désirs sexuels.

II. »e r4»r«re —hfcirt A l'éfwrd éa VwiHl9^ TésétetM; — Comme

précédemment, nous rechercherotis d'dbord Tindépendauce et ses limites, puis les relations.

1° Indépendance et ses limifes. — Il sefitiblerait» au predfii^ abord, que cette indépendance n existe pas, que Tordre animal est entièrement sous la puissance de Tordre végétatif. C'est la doctrine soutenue par Cabanis et l'école mRtérialiste. Ils ne voient dans le corps que des éléments et des conditions d'existence matérielle; Us ii'ad* mettent de sensibilité, d'affections et de mouvements que pour subvenir aux conditions du végétatif. . .

L'école sensualiste qui se confond si souvent avec le matérialisme, s'en détache ici nettement, et avec très juste raison. Elle pose qu*en dehors des besoins et des satisfactions de la vie végétative, il y a des besoins et des jouissances purement sensibles.

En effets l'ordre animal a un critérium particulier, tout à fait dis* tinct de celui de la végéiabilité, et qui lui est quelquefois opposé : le plaisir et la douleur. Par cela même il a sa raison d'être distincte, il possède une certaine indépendance. Certainement il travaille très souvent pour Tordre végétatif, mais c'est parce qu'il trouve à le satisfaire, sa propre satisfaction, son plaisir. Du moment que ce que lui demande le végétatif lui cause de la douleur et non le plaisir, il répugne a l'acte et même s'y refuse. Souvent il agit contrairement à ce que le végétatif lui demande, préférant son plaisir au malaise que lui cause le végétatif non assouvi. Il a donc son existence propre et il est nettement indépendant.

On peut citer à T^nppui des faits de connaissance vulgaire. Ainsi, des épicuriens sans besoins végétatifs réels, adonnés à la gourmandise et à l'ivrognerie^ se surchargeant par sensualité d'aliments superflus sinon nuisibles. D'autre part, des hommes impuissants, incapables d'émission séminale et privés d'érection, ou à peu prèâ, tourmentés par des désirs de volupté sans fin, se repaissant d'im«ges et d'actes lubriques auxquels ils ne peuvent participer. Combien d^ vieillards dans ce cas, poursuivant des femmes et surtout des jeunes filles qui excitent davantage leur imagination sensuelle t Combien, d^un autre côté, de terribles exemples d'enlants et de jeunes g^s poussant Tonanieme à un excès épouvantable, et s'épuisant dans

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cette ignoble joaissarice, alors tiiéme qu'ils ne pouvaient plus ame-ner qu'une émission de quelques gouttes de semence séreuse !

Mais cette indépendance a ses limites. Ce n'est en idéalité que par te végétatil' que Vordre animal existe; sans l'acte formateur qui subvient à l'entretien de tous les organes, il n'y a plus ni sensibilité, tit affection sensible, ni mouvements possibles. Son indépendance consiale donc en ceci : il vit, il est mis en acle par le végétatif; puis il se détermine, il agit, il sent, il se meut dans les conditions qui lui plaisent le plus, sauf à périr s'il déserte trop la cause même de son existence.

Par là se comprend la doctrine que nous établissons, (Contrairement à ce qu'enseigne le matérialisme. En réalité le végétatif marche suivant des lois de pure composition matérielle, tandis que l'animalité lui oppose ou lui soumet son opinion sensible. Mais il faut voir cela dans le détail, en examinant tour à tour l'action locale, puis l'action générale de l'animalité sur la nutrition et la génération.

T Action locale. — Cette action est très simple et peut se résumer dans cette formule : partout où se passe une action animale l'acte formatenr est modifié en raison de celte action. C'est ainsi que l'animalité réalise ses actes par riniermédiaire du végétatif.

Que l'action se passe dans un or^^^ane des sens ou dans les centres nerveux, ou dans les organes^ du mouvement, quatre cas peuvent se présenter : 1* ou bien l'action animale existe à peine, ou même est nulle, et alors l'acte formateur est languissant, l'organe s'atrophie, comme cela se voit dans les paralysies des sens et des mouvements ; 2<* ou bien l'action animale se développe, s'exerce avec vigueur, et alors l'acte formateur suit cette énergie, l'organe prend de la force, s'hypertrophie ; ainsi le cœur, chez les gens colères, dont les vives sensations accélèrent la circulation ; ainsi les bras chez ceux qui font de vigoureux exercices; ainsi les membres inférieurs chez les marcheurs ; ainsi les muscles de la poitrine chez ceux dont la respiration est puissante; ainëi l'estomac et les intestins elles les forts mangeurs ; S"" ou bien l'action animale se développe trop puissamment pour l'acte formateur qui subvient à l'entretien de l'organe, et de Ik une fatigue, l'épuisement, le dépérissemeht de l'organe; 4* ou bien l'action animale se pervertit et souvent alors des altérations surviennent dans l'acte formateur de l'organe.

Ici se présente une question, encore restée dans les ténèbres, ou du moins peu étudiée : comment l'acte animal influence4-il l'acte formateur local ; el comment l'action animale est-elle pour le végétatif une usure ?

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La solution ia plus commune est que Tacte aninal use l'organe ; et cela parait être vrai d'après Tabondance des excrétions qui suit tout effort, toute action de la sensibilité ou des mouvements. Nous verrons tout à l'heure quelles sont, à cet égard, Jes relations entre les deux ordres.

Ce qui se passe pour le végétatif dans son ensemble, qu'on peut considérer comme une grande cellule, se passe également dans chacune des cellules élémentaires de l'organisme. L'action animale retentit dans la cellule élémentaire comme une excitation qui déve* loppe les relations d'activité entre la cellule et le noyau (liv. III, cbap. I, § ti), c'est-à-dire que les i^bsorplions et les exhalations de la cellule élémentaire deviennent plus rapides et plus abondantes. Mais comment cette excitation s'opère-t-elle? Comment racle sensible, moteur ou impulsif, devient-il un excitant de l'activité entre la cellule et le noyau? Quod est desideratum.

D'uu autre c^té, l'activité formatrice ne peut-elle pas être développée comme une simple réaction plus puissante du noyau sur la cellule, sans augmentation de l'absorption et de l'exhalation, ainsi que nous l'avons expliqué en parlant de la nutrition des parties? Et ne peut-il pas se faire que l'action animale s'opère en développant cette activité intime, sans accroître l'absorption et l'exhalation? Qu'on se rappelle ces exemples de personnes qui ont vécu, sans cesser d'agir cependant, dans une abstinence de plusieurs mois et même de plusieurs années. Qu'on prenne également en considération que le même développement d'activité animale n'occasionne pas chez tous les mêmes déperditions; qu'il y a de petits mangeurs très forts, et de gros mangeurs très faibles; qu'il y a des personnes agissant beaucoup en excrétant très peu, et que d'autres sont couvertes de sueur pour le moindre mouvement. Ce sont bien là des faits à faire entrer en ligne de compte. On pourrait alors entrevoir comme deux états possibles d'existence, ainsi que nous le disions en parlant de la nutrition : l'un dans lequel le boire et le manger seraient des besoins plus ou moins pressants, excessifs même parfois; l'autre, au contraire, dans lequel la bonne disposition du corps et le développement des actions animales pourraient avoir lieu sans ces nécessités qui deviennent souvent une des afflictions de la vie. De ces deux états, l'un serait celui qu'on rencontre journellement, et l'autre aurait pu exister, ou pourrait se rencontrer exceptionnellement dans des limites plus ou moins étendues.

3** Action sur la nutrition générale. — Il faut examiner séparément la sensibilité, les mouvements et rimpulsion.

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1® Le développement de sensibilité développé le système veineux ; les personnes sensibles, ou dont la sensibilité est très grande ont le pouls petit, les veines nombreuses et larges. Brown-Séquart a remar* que que le sang veineux excite la sensibilité. On sait aussi que le gaz acide carbonique est tout à la fois Texcitant et le sédatif des sens ; excitant quand il est à petite dose comme dans le Champagne et tes alcooliques ; sédatif à haute dose. Les personnes dont la sen^? sibilité est très développée, ont une digestion et une respiration lentes et moins de chaleur ; cela se voit surtout.chez les hommes de cabinet.

Parmi les personnes plus sensibles il faut distinguer deux classes. Les unes sont purement sensibles^ aimant à jouir de la vue, de Touîe, de l'odovat, des saveurs, à se repaître de fantômes imaginaires ou de sensations internes : elles sont portées à l'obésité et se refroidissent facilement. Les autres ont une mobilité des sens qui se joint à un besoin inquiet de motilité, à une agitation qui s'épuise dans des mouvements incertains et vagues, h une nécessité de se mouvoir et de faire quelque chose : alors il y a de la maigreur, et ordinairement un pouls plus développé que chez les premiers, et plus de chaleur, plus de résistance au froid.

L'usage presque exclusif de la sensibilité diminue les sueurs et les excrétions intestinales. Souvent^ au contraire, l'excrétion urinaire est augmentée ; ce qui tient au développement des veines et à la stiase du sang veineux.

Là où elle s'exerce, la sensibilité use les organes, sans exciter l'acte végétatif; mais cette usure parait peu importante, la digestion est ralentie, lu faim est diminuée, souvent supprimée.

2^ Le développement de la motilité développe le système artériel ; le pouls est plus fort, plus plein, plus large. La respiration et la digestion prennent une grande activité; les excrétions intestinales sont abondantes, la sueur coule largement, l'urine est en petite quantité. La nutrition générale est active, et tous les tissus contractiles dénotent une remarquable tonicité. La chaleur générale est grande, et il y a beaucoup de résistance au froid. Mais en même temps tout le carbone passe par la combustion pulmonaire; il ne s'en accumule pas dans l'économie.

Le mouvement excite la digestion par les pertes qu'il occasionne et le besoin de réparation qui en est la suite. Hais ilfaut remarquer d'un autre côté deux cas très différents : si le mouvement a lieu pendant la digestion et est très modéré, il est un excitant de la digestion, parce que la motilité volontaire des membi*es inférieurs en-

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traîne un^ excitation de la contractilité de l'estomac et dd cana^ intestinal : si, au contraire, des mouvements violents ont lieu pendant la digestion, ils entraînent toute l'activité vitale vers la moiilité, et Taotivité digestive languit.

Cest à l'hygiène d'exatniner tous les détails de ces reisiions pour apprendre à régler son activité. Sanctorius a donné sur ce point dans la section cinquième du livre que nous avons déjà cité, de nom-* breux aphorismcs qu'on consultera avec fruit.

3^ L'impulsion animale agit constamment et de manières bien variées sur le végétatif.

a. D'abord, elle retrace en lui les deux tendances dont elle est le foyer, Tune vers la sensibilité, l'autre vers la motilité» A ce litre, elle agit diversement selon qu'elle porte sur la sensibilité ou sur les mouvements, et l'influence qu'elle a se diversifie comme nous l'avons vu plus haut.

b. En second lieu, le foyer des impulsions varie dans sa propre nutrition selon les affections qui s'y développent; et par lesexereia de cette nutrition versés dans le courant sanguin qui les mène à toute l'économie, la nutrition de toute l'économie en est affectée. De là une cause des grandes variations de la nutrition générale, et aussi le développement de nombreuses maladies sous l'influence des affections morales.

{ifous allons voir plus loin les mêmes affections niodifler le végé* tatif par leur influence sur la nutrition : ici, c'est toute autre chosCé On n'y a pas toujours assez l'ait attention, et cependant c'est un point qui mérite de fixer l'esprit : la nutrition du cerveau variant selon ses activités différentes, doit rejeter des matières alibiles et agir sur tout le reste de l'organisme^ comme le peut faire la nutrition viciée de tout autre organe.

c. L'impulsion sensible, selon les objets vers lesquels porte son aflection, imprima une excitation à lacté nutritif des organes qui doivent répondre à l'objet. Le gourmand développe ses actes digestifs. Le voluptueux accroît sa puissance prolifique. L'amour de la lutte développe l'appareil musculaire, etc. Au contraire, l'homme sobre modère ses actes et la nutrition des organes qui y répondent

Toute affection sensible donnant lieu forcément à une impulsion automatique qui passe dans la motilité ; il suffit qu'un objet la développe, pour qu'un courant d'activité se dirige dans les actes qui doivent répondre à cet objet ; c'est ainsi que bien des fois le simple désir, sans acte ultérieur, entretient, en se renouvelant, ractivifé dans les organes digestifs ou génitaux.

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La seusualité pervertie peut attirer des matières alimentaires nuisibles. On rapporte souvent les goûts vicieux à une nutrition malade, et cela est souvent vrai ; mais souvent aussi c'est la sensualité iDÔme qui, dans la marche obscure de son développement, se pervertit selon les occasions et pervertit ensuite la nutrition.

d. On a surtout examiné les rapports entre le développement des passions et Tactivité végétative. A cet égard, il semble que les affiectioûs sensibles puissent être rapportées à cinq classes : la douceur, l'activité plus ou moins violente, la tristesse, la joie et les émotions subites.

La douceur, ou si Ton veut, les passions caln(les, sont le fait d'une affection qui se complaît surtout dans le jeu de la sensibilité, soit dans les sens externes, soit dans les sens internes, et en particulier l'imagination. Les effets sur les actes végétatifs sont ceux que nous avons vus plus haut, en parlant de la sensibilité : elle excite les organes des sens, et amoIKt ou paralyse l'activité motrice. La timidité agit de même.

L'activité, ou si l'on veut, les passions activés et violentes, l'audace, sont de deux ordres. Les unes s'épanchent à l'extérieur, et s'écoulent par le mouvement ; il y a développement de la respiration, de la circulation aitértelle, de la digestion, des absorptions et des excrétions, de la nutrition générale; ce sont les effets de la motilité dans toute son activité. Les autres, au contraire, restent concentrées, suivant l'expression reçue ; il y a impulsion violente, sans que l'acte extérieur réponde parfaitement et entièrement à l'acte intérieur. Alors, le développement de la circulation artérielle ne répondant pas à l'amplitude d'une grande activité extérieure, le système ai^tériel se contracte avec le cœur et le sang reflue en arrière , dans le poumon et dans le foie qui est congestionné. De là, dans ces cas, le développement souvent hypertrophique du cœur, l'augmentation du foie, l'excrétion plus abondante de la bile et sa résorption. Ces deux classes constituent les tempéraments dits sanguins et bilieux.

La tristesse et la joie agissent en sens inverse l'une de l'autre, et comme passions déprimantes ou exaltantes. La tristesse est comme une impuissance de la motilité : la joie, au contraire se dilate dans le mouvement. Aussi dans la première, diminution de la circulation^ de la respiration, de la digestion, de toutes les sécrétions; et au contraire dans la seconde, dilatation de toutes ces fonctions. Aussi dans l'une, diminution et malaise de la nutrition, et au contraire dans l'autre, développement et fa<^ilité de l'acte formateur.

Beaucoup de maladies chroniques naissent ainsi à la suite de chagrins prolongés et de tristesse, et comme conséquences d*une nutrition amoindrie et maladive : la phlhisie pulmonaire, le cancer de Testomac, en sont des exemples.

Les émoUons subites de l'affection sensible agissent encore sur le végétatif par leur action sur la circulation. Plaisir ou douleur, crainte subite ou joie instantanée, étonnement, abattement ou exaU t^tion, sont immédiatenient traduits par Tétàt de la circulation. Mais deux cas peuvent se produire : ou bien surexcitation subite de la conlractilité cardiaque et artérielle qui chasse le sang dans les plus petits vaisseaux et les congestionne ; ou bien arrêt et laxité de cette double contractilité, et congestion du centre vasculaîre aux dépens de la périphérie; et de là, comme on le sait, rougeur ou pâleur de la peau, chaleur ou froid de la périphérie. De là aussi une augmentation de la sécrétion urinaire ou de l'évacuation séreuse de l'intestin par la congestion des veines; ou même une sudation profuse.

k^ Action sur la généraiiofi, — Cette action est multiple et doit être étudiée à plusieurs points de vue.

1*" Nous devoas nous demander si l'ordre animal influence la production des germes, de l'ovule et du sperme.

Nous posons d*abord que cette production est un fait de l'ordre végétatif, et qu elle a conséquemment sa propre impulsion végétative. L'ordre animal peut agir sur elle, mais ne peut ni la faire naître, ni l'anéantirr On a remarqué que la répétition de Tacle copulatif accroît la production spermatique et celle de l'ovule; qœ les hommes qui s'y livrent fréquemment sont plus aptes à le répéter; que la femme lascive a des retours menstruels plus fréquents, et que ce peut même être une cause de stérilité ; que les espèces animales domestiquées, trouvant plus de facilité à s'accoupler que les espèces sauvages, et y étant peut-être portées au contact de la sensualité humaine, sont aussi plus fécondes. D'un autre côté, Thomme continent est pris de pollutions qui deviennent de plus en plus rares, selon que la continence se prolonge, de sorte qu'en restreignant ses jouissances, l'homme amoindrit sa sécrétion spermatique, et peut-être aussi qu'une continence trop prolongée ête même l'aptitude à la copulation.

Le mécanisme est le même^ que celui indiqué plus haut : Taction de l'organe accroît sa nutrition et les actes de formation qui s'y pro* duisent : l'inaction les amoindrit. Et lorsqu'il y a de simples désirs dans le foyer impulsif, le mouvement prodi it par l'aiiection se

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demeure pas absolument dans le foyer, mais se déverse plus ou moins sur Torgane d'action : un courant d'activité s'y porte, soit volontaire, soit involontaire, meut la oontractilité organique, et par cela même l'afflux sanguin de l'organe ; et l'acte formateur y est accru. C'est ainsi qu'au contact d'une femme qui lui laisse entrevoir un plaisir possible, comme sous l'influence d'images lascives ou d'une imagination qui s'échauffe, la formation spermatique est accrue.

Mais encore une fois, la production est un acte purement végétatif, eu soi, at trouve dans l'impulsion végétative sa première cause.

Cependant Kôlliker observe que chez les animaux, la production n'a lieu qu'à l'époque du rut^ qu'elle est intermittente, tandis que chez l'homme elle est continue. « Hais, njoute-t-il, il ne s'ensuit nullement, à mon avis, que le sperme se développe d'une manière non interrompue, ni qu'il y ait résorption de celui qui n'est point évacué. On peut admettre avec non moins de raison que les canalicules spermatiques ne sécrètent du sperme que lorsque, par suite d'union sexuelle et de perte séminale, une portion du produit a été évacuée au dehors et qu'une excitation particulière du système ner« veux a déterminé un afflux sanguin plus considérable vers le testicule. » {Histologie^ p. 570.)

Que cette production ne soit pas incessante, cela est possible, même probable; mais qu'elle ne se renouvelle que par vacuité ou influence du système nerveux, cela n'est pas admissible ; c'est nier la propre activité végétative dont il faut cependant tenir compte. La raison, semble plutôt indiquer que l'activité végétative ne se porte pas constamment sur l'acte générateur, mais qu'elle y revient plus ou moins fréquemment suivant les dispositions individuelles ou héréditaires, ocuhabituelles, et cela, nonobstant la recrudescence ou l'amoindrissement possibles sous l'influence de l'ordre animal.

2^ Quant à rémission des germes et à la copulation des sexes, il fiiut distinguer ce qui se passe chez l'homme et chez la femme, bien qu'il y ait des analogies.

Chez la femme, comme chez la femelle, toute émission d'ovule s'accompagne d'ardeur sexuelle; c'est ce qu'on appelle le rut chez les animaux ; et l'on sait que chez la femme, il se passe quelque chose de semblable, mais avec moins de vivacité, au temps de la menstruation. Beaucoup de femmes n*épi*ouvent même pas cette impulsion ; elles peuvent émettre l'ovule sans union sexuelle, et par conséquent se dcbarl^asser du produit de la formation génératrice

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sans le secours de Tbonirne. Peatrétre même la mensUnitîoii rend— elle ce phénomène plus facile que cbez les femelles des animaux. De sorte que chex elles Timpulsion à U copulation tlenl peu à rémission de Tovule, et dépend beaucoup plus de Tattrait voluptueux ressenti dans le foyer animal. Aussi beaucoup sMit peu pcMrtées à la copulation, et ont besoin pour y être attirées que l'affoction sensible ait été vivement loudiée, que Tbomme qui les séduit excite leur sensibilité générale, fasse miroiter profondément Tatlrut du plaisir, en un mot fasse naître Tamour.

Il n^en est pas de même cbez l'homme dont 1 émission spemiji-» tique ne se fait pas dans les pollutions naturelles sans enflammer ses désirs. Pour lui, la pollution n'est pas même uneéniissioa naturelle, ce n'est qu'un dérivatif, et un dérivatif qu'il ressent viveoBent dans le centre des affections naturelles. Quand la production spermatique commence à Tépoque de la puberté, il se sent dans une suite de malaise indéfinissable, et se trouve porté saus s « rendre bien compte à regarder la fenune avec plaisir, à lui parler mirae douceur, à Tapprocber quoique timidement, à la r&dkeKdbier^ et peut-être malgré lui à la séduire ; il y a en lui comme un je ne sais quoi lui insinuant qu'il a besoin d'elle. Et plus lapd, à chaque ibis que l'activité végétative se porte sur la production spematiqae, les mêmes pbénomènes se reproduisent : l'bomme devient plus tendre, son imagination lui retrace des images qui rémotionnent, et<|a'il ne chasse dans la veille que pour les retrouver dans ses lèves : c\ un signe de ce qui se passe en lui et 1 on peut prédire à OMip sdr un rapprochement ou une pollution.

Les anciens physiologistes espliquaiâit ces pbcnomèoes ei que le sperme étant produit ei non émis, une partie est absubéeet Ta exciter les centres nerveux. Kôlli&er s'est élevé oontre cette eaplc* cation. « Quant, dit>il, à l'idée d'une résiorptian du spcran phénomène dont le siège ne pourrait être placé que dans le déi'érent et dans les vésicules séminales, elle na repose sar anoon lait certain; les phénomènes qu'on observe cbes les aninuimxà la suite du rut, n'appartiennent point à cette catégorie; bien plus, cette circonstance qu'on ne trouve iti dans le canal déféient, ni dans les vésicLiles aucune trace indiquant une décomposition du apenne, me semble en opposition directe avec l'hypothèse d une résoffAion. s {Bhudogie^ p. 570,) le me permets d être d'un autre avis, et je i'ea* pUqne ai rappelant ce que j'ai déjà remarqué plus baui.

Deux actions très distinctes me paraissent se passer ici. En |Me« Olier lieu lu relation par le aanf; entre les lesUoulas dt les QMrei

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