DES RPUTIOMS INTHS LIS TROIS ORDRES. SM
perv6ux. Je ne dis pas, je ne prétends pas que le sperme soit résorbé en nature, soit dans les canalicules, soit dans les vésicules séminales» encore bien que je ne le nie pas : Fexpér ienee n*a encore rien démontré à cet égard ; mais cela est possible, parce que le sperme peut être résorbé aussi bien que tout autre produit, l'urine, par exemple, et parce que les exhalations du m&le aux approches du rut ont une odeur particulière. Ce que j*obser¥e surtout, c'est que le sang qui sort des testicules, doit avoir en moins ce qu'on lui a pris, et en plus ce qu'on lui a rendu : qu'il est inévitablement influencé par 1«^ nutrition de ces organes comme dans tous les autres, et qu'il doit porter ailleurs, dans tout l'organisme, sur les centres nerveux en particulier, comme un retentissement de ce qu'il a éprouvé; de aorte que par lui seul, par sa propre composition, par ce qu'on lui a pris, par ce qu'on lui a rendu, l'activité du foyer animal est iné* vitablement influencée. En second lieu , l'activité formatrice qui se fait pour la production du sperme, ne peut exister sans uu afflux sanguin dans tout le système génital ; et cette activité qui met en jeu la contractilité organique est inévitablement ressentie dans les centres nerveux ; de sorte que ces centres retentissent de ce qui se passe dans la production spermatique, ou sont émus selon l'acte même qui s'opère et selon l'objet pour lequel il se fait. Et alors TafTection au rapprochement sexuel, le désir qui la suit, les actes qui ymènent^s'enchatnent rigoureusement selon la marche naturelle de l'activité, ainsi que nous l'avons déjà expliqué.
3° Dans le rapprocliement sexuel, l'homme éprouve inévitablement le plaisir, quelle que soit d'ailleurs la femme qui en est complice : pour lui l'émission spermatique n*a pu se faire sans l'excitation du foyer animalj auquel tout acte réalisé procure inévitablement jouissance ou douleur.
Hais il n'en est plus de même de la femme qui peut accepter les approches de l'homme en quelque temps que ce soit et en quelque condition qu'elle se trouve. Pour elle, le plaisir n'a lieu qu'autant que son affection animale est directement intéressée à l'acte, c'est^ à-dire autant qu'elle a d'abord été séduite par celui à qui elle se livre. Ce n'est que parce qu'elle l'aime que l'acte lui devient une jouissance, et elle peut très bien y ôtre insensible si elle s'y livre par devoir, violence ou argent.
U° Il est visible par ce qui précède que l'ordre animal ne participe pas à l'essence même de la génération, et que dès lors la fécondation (leut avoir lieu sans lui; et en eflet le plaisir plus ou moins vif dan$ l'union sc%uçl|c ne rend Tucie ni plus ni mpins
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fécond. Beaucoup (le femmes conçoivent dans l'indifiTérencelaplus absolue; elles peuvent être fécondées dans un sommeil profond, naturel ou provoqué, sans avoir même la conscience dece qui s*est passé. On peut ajouter qu*il s'en faut de beaucoup que les plus ardentes soient les plus fécondes, et que même souvent l'excès de volupté se lie à la stérilité. Toutefois, quelques-unes éprouvent au moment de la conception une volupté particulière et supérieure à ce qu'elles ressentent dans le même acte non fructueux. Il y en a même chez lesquelles rémotion est assez nette et précise pour qu'elles puissent être certaines de leur grossesse, et connaître le jour et l'heure où elles ont conçu. Cela pourrait faire croire à ce que nous avons soutenu plus haut, que l'ovule seule n'est pas fécondée, mais bien la femme même, et ce serait un tressaillement du sensible à Tacte qai se passe dans tout le végétatif.
5° L'ordre animal peut influencer la génération en portant son action sur le produit. Cette influence se rattache à ce qui regarde l'état des générateurs au moment de la conception et mérite une remarque spéciale.
Comme nous l'avons indiqué plus haut, ce qui se passe dans l'ordre sensible, soit dans la sensibilité, soit dans la motilité, soit dans l'aflection impulsive, vient retentir dans l'ordre végétatif et modifier la nutrition plus ou moins profondément: Il s'ensuit forcément que l'acte formateur de l'oVule ou du sperme est aussi bien influencé que l'acte ^formateur de toutes les autres parties, et que par cela même les germes sont plus ou moins modifiés dans leur qualité et leur vitalité, par ce qui se passe dans l'ordre animal.
Or, la nature varie dans chacun de nous presque à tout instant, selon les conditions de la vie et les dispositions intérieures. Ifous ne sommes pas les mêmes en état de santé ou de maladie, en état de veille ou de sommeil, avec de la joie ou de lu tristesse, de la douceur ou de Id violence. Nous varions d'une année à une autre, d'un jour au lendemain, du matin au soir, d'une heure a une autre heure. Tout notre ordre végétatif et notre ordre animal sont dans une sorte d'équilibre instable^ constamment changeant, en s'influençant, se modifiant Tun l'autre sans cesse, et l'acte qui forme les germes varie tout autant que celui qui forme chacune des parties du corps et leur donne des qualités incessamment variables.
Cependant ces deux germes, en s'unissant, apportent chacuir de leur côté, les dispositions acquises dans l'état ot^i ils sont émis, et par conséquent Télre qui résulte de leur fécondation natt, croit, se forme et grandit ayant pour fonds les dispositions que ses généra-*
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leurs lui ont données au moment de la conception. Aujourd'hui nous sommes heureux, bien portants, bien agissants, dans des conditions vitales tout à fait favorables, et nous engendrons un être qui retracera cet état. Demain nous serons malades, chagrins, désolés, opprimés par le malaise physique et moral : si nous procréons, l'être s'en ressentira. De là pour des générateurs semblables, pour le même père et la môme mère, des eniants quelquefois très dissemblables : l'un bien portant, solide, gai; l'autre maladif, cacochyme, triste; l'un doux, l'autre colère, etc. H. Morel a démontré (1) que la ma^ jorité des cas d'idiotisme s'observait chez des enfants engendres par des pères en état d'ivresse. Il est aussi certain que la mortalité dans lejeuneâge, et toutes les cruelles affections qui dépendent du rachitisme et de la scrofule, sont bien plus marquées chez les enfants trouvés, fruits ordinaires de la débauche ou de la misère.
U y faut donc bien réfléchir; c'est d'un moment, d'un seul, que dépendront toutes les conditions vitales d'un être nouveau, qui pendant toute son existence jouira ou souffrira de ce que ses parents auront été dans l'instant si court de sa conception.
§ 2. — '•«• reUitl«iui enlre Tordre «Blinal et Perdre Inielleetuel.
Examinons saocessiveraent les influences que ces deux ordres ont l'un sur l'autre, ainsi que leur indépendance.