‹ Physiologie généraleChapitre 64 sur 107 · II. De rinteUeetnel * regard ée l'ordre animal. — Comme pIOS · texte numérisé non relu

II. De rinteUeetnel * regard ée l'ordre animal. — Comme pIOS

haut, nous recherchons d'abord quelle est l'indépendance, poi^? quelles sont les influences :

DBS RBLATIONS BlfTRB LSS TROIS ORDRES. 6U5

!• L*ordt*6 animal excite et subvient à Tordre întellecluei, comme nous venons de le voir, et, à ce point de vue, ce dernier semble sous une dépendance absolue, car il ne peut rien sans le premier. Mais, d*un autre côté, tout prouve qu'il le domine et le soumet quand il veut; qu'il a sa jouissance propre, son appétit propre et, par conséquent, son indépendance. Les diverses actions qu'il exerce sur Tordre animal» vont nous en donner des preuves irréfragables*

2^" L'intelligence, pour connaître, meut le sensible dont elle a besoin ; elle éveille les sens externes, les sens internes et les propres sensations; elle les tient appliqués à Tobjet qu'elle vent connaître, souvent malgré eux, malgré leur mobilité , leur fatigue; elle les oblige à scruter des détails dont elle a besoin, à rappeler des images qu'une faible mémoire a laissées fuir, à mieux apprécier ce que le sens commun ou l'opinion a juge légèrement; elle les tient à Télude de ce qui se passe dans Tindividu. Souvent elle s'aperçoit elle-même qu'une erreur a dû être commise par les sens et les oblige, par la réflexion, à vérifier et rectifier leurs perceptions. Ainsi, elle éveille, applique, dirige et rectifie le sensiblCi souvent elle le violente et le domptes'il résiste.

3** Il en est de même pour les œuvres qu'«.'lle inspire à son ani* roalité; elle l'oblige à se mouvoir alors qu'il est las, fatigué, qu'il a môme presque épuisé le végétatif. Elle le dirige dans ses actes et lui fait atteindre toute la perfection dont il est capable. C est le travail deTartiste qui, k force d'intelligence et de volonté, se crée une main habile, un coup d'œil, une parole, une expression comme il les a conçus. Souvent l'animalité résiste, la main n*a pas la souplesse, la précision et la sûreté nécessaires pour l'acte à accomplir; l'intelligence pèse, dirige, perfectiaime et dompte Torganerebelle.

a" L'afiection intellectuelle enfin meut, rectifie et maîtrise Taflection sensible. L animalité a^veillé en elle des idées de bien, de juste, de beau, et elle, à son tour, se reporte sur Tanimalité pour Tobliger, non à sentir et à jouir d'un bien personnel, mais à sentir et à jouir d'un bien absolu. Et de là des tressaillements de. bonlieur qu'elle force l'affection sensible à éprouveri quand elle-même jouit dans la pureté de son amour. De là ces sentiments si beaux, si délicats que l'homme ressent dans son ordre sensible, qu'il doit à son intelligence, et dont on ne trouve pas trace dans les animaux. Mais de là aussi la puissance de la volonté pour refréner les passions, dompter les sens révoltés; de là ces hommes qui maîtrisent la faim, la soif, la fatigue, les désirs sexuels, les besoins même de Tanimalité, et dont la volonté est devenue la maîtresse absolue de leurétre.

n06 DES RBLATIONS DANS L'HOUHK.

Il y aurait sur ce point beaacoup de détails à rapporter, bien des faits à citer, pour entrer dans la profondeur de ces relations, montrer comment la volonté intellectuelle peut donner du courage au plus pusillanime, de la puissance au plus faible, de la tempérance au plus incontinent, de la douceur au plus violent. Mais j'en ai dit suffisamment pour ce qui regarde la physiologie; le reste appartient aux moralistes et aux psychologues.

Un point surtout est très curieux : celui où les deux impulsions, les deux volontés, Tune animale, l'autre intellectuelle, se mettent en contact et souvent en lutte, où chacun de ses deux ordres réclamant son indépendance et ses droits, un débat formidable s'établit entre les deux ordres ; où les deux mot se divisent et prétendait chacun séparément à la supériorité. D'un côté, le moi animal avec ses désirs de connaissances sensibles, ses affections de plaisir ou de douleur, ses besoins d'activité motrice; de l'autre, Tordre intellectuel avec ses aspirations au bien parfait, à l'abstraction intelligible, à l'œuvre artistique du beau et du bien. Lutte terrible, dans laquelle notre nature, portée à la jouissance sensible, délaisse souvent le bien intellectuel, ou ne le suit qu'en imposant à sa jouissance des sens des sacrifices bien douloureux , dont les plus forts seuls sont capables. .

§ 3. — I/éire et mem trois palMianees.

Dans les relations que nous venons de parcourir, nous avons vu sueoessivement le végétatif, l'animalité et l'intelligence de l'homme, ayant chacun leur indépendance et leurs dépendances ; de sorte que, tout en se mouvant, chacun à sa manière et selon un acte propre, ils ne peuvent exister cependant l'un sans l'aiilre. Même, nous avons vu que dans leurs dépendances, le supérieur domine l'inférieur, et l'inférieur suscite le supérieur ; de sorte que, concentriquement hiérarchisés, ils forment un tout absolument indivis, et chacun d'eux ne peut être séparément un être.

II faut voir plus encore, car la réunion de ces tirois activités ne eonstitue pas l'être lui-même^ mais bien des modes de l'être. En effet, Tunitéétant indivisible ne peut d'aucune manière être un multiple, et quand elle se montre sous des modes différents, ce n'est pas la réunion de ces modes qui la constitue, mais bien elle-même qui se modifie sans cesser d'être une indivisible. Ainsi, lever, la dirysalide et le papillon ne sont pas trois êtres dont la réunion forme un être : c*est le naême être sous trois apparences différentes successives. De nnéme, le végétatif, ranimalilé et l'intelligence dans

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Ceax qui ont tenté d'établir ces fantômes scientiRqaes ont établi pour base de leurs tentatives que le développement organique est adéquat à l'activité, principe contraire à celui que nous venons de poser et dont nous devons démontrer Terreur.

Les uns, tout imbus de matérialisme, ont prétendu que la matière fait l'acte, et que, plus un organe est développé, plus il déve* loppe l'activité puissante : leur première erreur, faisant dériver l'activité de la matière, est suffisamment percée à jour.

Les autres, spiritualistes, ont vu que l'activité fait l'organe, et en ont conclu qu'un organe fort indique une activité puissante. Ils ont entrevu la vérité d'une manière générale sans remarquer les exceptions nombreuses, et surtout les lois de ces exceptions qui rendent à peu près impossible l'appUcation de leur principe. Ce qui leur a manqué, c'est l'étude attentive des relations dans l'être.

En effet, le développement organique dépend essentiellement de l'acte nutritif ou formateur, et cet acte peut être dans une certaine indépendance, ainsi que nous l'avons vu, vis-à-vis l'ordre animal. L'activité- végétative a ses propres dispositions et impulsions, ses causes prémotrices particulières, son indépendance en un mot, et par cela même une concentration possible sur un point ou sur. un autre, en dehors de l'activité animale, de sorte que l'excès de nu« trition d'un organe n'indique pas d'une manière sûre un égal développement de l'activité animale que cet organe peut remplir. Une hypertrophie musculaire peut exister sans que le muscle ait plus d'activité qu'à l'état normal ; une glande peut être très volumi* neuse sans donner une sécrétion plus abondante; le cerveau peut être considérablement accru sans que ses fonctions soient ni plus considérables, ni plus parfaites.

En second lieu, il est bien vrai que l'activité animale augmente l'activité nutritive des organes dont elle se sert, et qu'ainsi un organe qui sert beaucoup et souvent, se développe plus qu'un autre qui sert peu et rarmnent. C'est un point que nous avons établi dans un chapitre précédent. Mais l'activité est mobile de sa nature, comme nous l'avons également montré : elle se concentre aujourd'hui sur un point, demain sur un autre ; elle peut s'arrêter quelque temps à l'un d'eux, pour de là fluer ailleurs et suivre un autre courant. Or, dans le point où elle s'est arrêtée, où elle a appdé l'activité végétative, un certain développement organique s'est produit, et ce développement persiste puis ou moins longtemps par suite des lois de l'activité accumulée, lois surtout applicables à l'ordre végétatif, comme nous Tavons va au chapilre 1*', § 2. Il en

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résulte que l'activité animale délaissant oe point, cet organe, en est éloignée quelquefois depuis longtemps, et est occupée dans une tout autre tendance ; il reste et demeure une activité vé|;étillîve qui dénote non pas une activité animale actuelle, mais tine aetivité antérieure.

C'est ainsi que beaucoup d'individuê ont leê apparenoes non de «e qu'ils sont actuellement, maia de oe qu'ils otit été Autrefois ; que beaucoup retracent par hérédité ce qu^ont été leurs ascendants, non ce qu'ils sont. Et comme la marche de l'activitéest ainsi réglée, nous l'avons vtt, qu'elle progresse d'un acte complémentaire à un autre, soit par analogie et surtout par opposition, l'activité actuelle est peutêtre précisément le contraire de ce qu'elle h été autrefois, et de ce que désignent les apparences du développement organique. De U, tant de personnes à gros cerveau qui ne st)nt que des imbéciles, d'autres qui ont les apparences de la force et n'ont que de la faiblesse; oeuXH^i qu'on croirait graves et sérient, et n'ont réellement en pa^ tage que la légèreté ; quelques-uns cachant sous une-écorce atirupte et grossière, presque vile, des sentiments d^une exquise délicatesse et d'une noblesse parfaite ; d'autres enoore, aveo des apparences de grâce et de bon ton, d'esprit, de distinction, qui ne sont que des misérables dignes dn dernier mépris. Loin donc de se fier aux appa* rences extérieures^ méfions-nouR*en comme d'un des signes les |)4qs trompeurs, et prenons le plus ordihairement, pour être dans le vrai^ le contre-pied de ce qu'elles indiquent

EnRn^ toutes les passions dont la physiognomonie et la phréno* logie se sont occupées, rentrent exclusivement dans l'ordre animal dont elles ne sont que des affections impulsives» et ches rhoroine l'ordre animal est lié à l'ordre intellectuel, qui se le soumet dans ss volonté. Or, quand il serait vrai que le développement organique pût indiquer l'activité animale, oe qui est loin d'être sûr, comme nous venons de le voir, il hiudrait^ncoretenir compte de l'influence intellectuelle qui peut agir dans deux conditions différantes^ irapor^ tantes à remarquer. En premier lieu, chez un être qui aurait des tmdances morales particulières, l'affection peut se traduire cbes loi sous la seule forme de désirs; et comme nous l'avons tu, ces simples désirs seraient suffisants par eux-mêmes pour aiocrottre l'activité organique, en vertu de ce principe que tout ce qui se passe dans l'impulsion retentit plus ou moins et forcément datis Ift ino^^ lité s mais l'intelligence dominant cependant la nature knimale, ne permettrait jamais au désir de durer, à l'impulsion de se réaliser, n l'acte de s'accomplir. De sorte qu'en fait, cet être dont le développement organique indique rait des tendances animales puis-

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santés dans une voie particulière^ aurait en réalité pour caractère d*étre maître absolu de ses impulsions, et d'être par son intelligence réellement conduit dans des tendances toutes différentes. Remarquons aussi que, par suite des influences inouïes qui peuvent agir sur l'hérédité, le fils du second mari d'une femme peut hériter des dispositions du premier mari ; de Mtie qu'un homme peut porter les traits et les traces organiques d'une tendance au crime, sans avoir lui -môme cette tendance, et sans qu'elle ait jamais existé dans sa propre famille. En second lieu, chez un homme qui aurait reçu de ses ascendants, par hérédité, un développement de l'activité nutritive dans un organe particulier, il se peut, et cela se voit aouvent, que rintelligence ait une tendance tout autre : eette activité intellectiieUe dans une autre voie développera les facultés animales, et secondairement la nutrition dans un sens différent de celui héréditaire , mais ce n'est qu'à la longue, après un temps variable, qu'enfin l'activité nutritive se mettra d'accord avec la nouvelle activité animale qu'imprime l'intelligence, diminuera l'organe dans ie sens abandonné, le développera dans le sens tiouvieau ; et pendant tout ce temps, le développement organique de cet ôtra indiquera cbes lui des tendances toutes différentes et même opposées à celles qui sont véritablement les tiennes. . Il parait donc bien que le principe sur lequel on a tenté d'asseoir là physiognomonie et la pàrénologie ne peut lui servir de base sûre; et de fait, cm sciences ne sont pas encore parvenues à constituer leurs dogmes. Malgré beaucoup d'observations recueillies, de foits plue» ou moins vérldiques, malgré- l'esprit investigateur, souvent très remarquable, de ceux qui s'en sont occupés, la sdenoe même a'a pu Atraétevée.

; £strce à dire qu'il n'y ait rien que de faux dans la physiogno* Hionie et la phrénologie?NQn, certes 1 nous sommes loin de le dire. Ce que nous en avons vu et appris nous a convainco qu'au con« trairetU est parmi ceux qui s'en sont occupés et s'en occupent^ des savants d'une grande finesse d'observation, d'une étonnante habileté d'apprédaiion, dont les décisions pratiques sont quelquefois d'une étonnante justesse. Mais c'est qu'alors, des réflexions sur les ciroonstanoes aoeessoires» sur les conditions d'existence, sur les rapparts de plusieurs choses entre elles, sur des exceptions possibles, et surtout une grande habileté pratique donnent plus de sûreté a l'estimation. En un mot, il peut y avoir là une pratique d'une étonnante ei mwveilteuae souplesse, il n'y a pas de science.

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