CHAPITRE V
DE L'HABITDDB et DE LA SANTÉ.
Nous réunissons ici dans un même chapitre deux sujets qui, au premier abord séparés, ont réellement d'étroites relations. Après avoir expliqué ce qu'est Thabitude, nous ferons mieux comprendre ce qu'est la santé.
§ 1 . — De l'hatoKnde.
. — L'habitude^ habitudo^ est un état ou dispofiitioB
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de Tôtre vivant à tin acte donné, disposition contraolée par an acte antérieur.
Nous avons en nous des dispositions il développer toutes les activités dont nous, someoes capables ; mais de plus, nous avons des inclinations à en développer quelques-unes préférablement à d'autres. Ces inclinations peuvent dépendre d'une impulsion séminale ou héréditaire, d'une impulsion individuelle ou d'une habitude.
Non^seulement l'habitude est une incrmation à développer un acte préférablement à d'autres, elle est aussi une disposition à le répéter de la n\éme manière qu'il a été produit, les circonstances étant cependant modifiées. De là des actes qui répondent mal à l'objet de l'activité.
Enfin, l'habitude incline à faire répéter le même acte, quelles que soient les circonstances qui sollicitent l'activité : il suffit qu'une cause quelconque sollicite une activité pour qu'immédiatement, par des relations de tous les actes entre eux, l'activité habituelle se développe. Gellç-ci est comme aux aguets des circonstances, et on la voit reparaître alors que rien en apparence la sollicitait^ et qu'on était loin de s'y attendre.
2° Cr^ii«B 4e nuibit«4«. — Nous avons vu au livre II, chapitre lu, que tout acte s'exécute par le développement de l'activité du composé, et que par cela même, l'élément matériel, qui n'a en lui que la simple possibilité, participe à l'activité au contact du principe actif. 11 s'ensuit nécessairement que l'élément matériel, qui n'a que la simple possibilité, est amené à l'acte par une sorte d'e£k>rt du principe actif; et l'on comprend que cet effort est d'autant moins grand que la matière est plus apte à l'acte, qu'elle est d'autant plus apte qu'elle a déjà agi, qu'elle se prête mieux à l'action dans le sens de l'acte premier, en raison de l'état on elle a été mise par cet acte premier. Cet état, c'est l'habitude, habitudo.
D'où il est visible que l'habitude n'est pas autre chose qu'un état de l'être vivant, attribué essentiellement à l'élément matériel et dé^ peudantde lui, contracté à la première action produite et s'enracinant d'autant plus que l'action se répète nn plus grand nombre de fois. D'oà il est visible encore que l'habitude se crée d'autant plus vite et plus puissamment que l'élément matériel a lui-même moins de résistance à l'activité formelle ; qu'ainsi une fois qu'il a été mis en acte, il est d'autant plus facile à se mouvoir dans ce sens que dans celui où il n'a pas encore agi ; et qu'il répète d'autant mieux l'acte qu'il l'a déjà exécuté. Cet élément matériel transmis par génération
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est ainsi plus disposé à Tliabitude selon les familles et d'après l'hérédité : les uns savent à peine ce qu'est Thabitude et se plient facilement à toute circonstance nouTelle, à toot acte nouveau ; d'autres au contraire ne peuvent exécuter une action première sans contracter une habitude puissante qui domine tout acte ultérieur, et chez eux presque toute action se ressent de cette domination.
Mais ce qu'il faut bien voir surtout, c'est qu'on seul acte crée l'habitude, et que c'est bien à tort qu'on dit quelquefois : Je n'ai fait cela qu'une fois, c'est en passant, je n'en prendrai pas l'habitude. Erreur funeste ! Un seul acte peut créer quelquefois une dispositioD que rien ne pourra vaincre entièrement, qu'on maîtrisera peut-être, mais qui reparaîtra, et qui, chose plus malheureuse encore, ira retentir dans les enfants ! Heureux ceux qui sont assez maîtres d'euxmêmes, de leur élément matériel, pour ne jamais être donainé^par ce tyran ! Mais plus sages et plus heureux, ceux qui, sachant que l'habitude est une des conditions delà nature humaine, ont eu soin de n'en contracter que de bonnes et se sont toujours méfiés du premier pas !
3** L'habltndc peut s'attacher h tovs les actes. — ToUS fes acles
de l'être vivant peuvent être influencés par l'habitude, noais plus les actes végétatifs que les actes animaux, et plus ceux-ci que les actes intellectuels, selon que l'élément matériel participe plus ou moins à l'activité.
Il semblerait que Tintelligence dût être complètement à l'abri, puisqu'elle opère dans Timmatériel. Mais nous avons vu qu'elle n'agit pas sans le secours des facultés animales, et par cela même que tout en agissant dans l'abstraction, elle est influencée par l'élément possible. C'est même ainsi que nous avons vu l'hérédité influer sur elle. Pour la même raison, elle tombe sous la loi de l'habitude, et tout esprit a ses manières de penser habituelles, une certaine forme habituelle d'idées, un procédé de raisonnement habituel, une forme sous laquelle le beau séduit davantage, et une autre sous laquelle il comprend le bien et le vrai, enfin une tendance à une œuvre pratique plutôt qu'à une autre.
Dans le boire, le manger, les aliraentSt lu digestion, les absorptions et les excrétions , la génération , les sens , les impulsions , \& actes, l'habitude a une influence constante et toute^uissante pour la forme sous laquelle l'acte s'accomplit, l'objet approprié à l'actet le temps auquel. l'action doit s'accomplir. En un mot, tout estrégl^ par l'habitude dans l'activité vitale.
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L*importance de celte loi est extrême, car si l'habitude a un si grand empire dans la vie, on ne saurait trop s'appliquer à re(M>nnaltre celles qui dominent chaque individu et à les surveiller^
4° c^aractér» de rhaMtwde. — Ce mattre de la vie présente quatre caractères principaux h signaler : sa spontanéité involontaire, son opposition à la volonté intellectuelle, sa ténacité, et ses variations suivant les âges.
D*abord Fliabitude est une impulsion spontanée et involontaire. A peine si Tobjet ou même l'occasion de l'acte se présente, que l'activité habituelle se déploie avec toute son influence. On ne s'aperçoit pas souvent que c'est celle qui agit; et cela non-seulement dans les actes végétatifs, mais aussi dans les facultés animales et les facultés intellectuelles, f^e volontaire animal et le volontaire intellectuel luimême en sont tellement influencés, qu'ils marchent par elle sans s'en rendre compte ; et de là ces habitudes d'impulsions, de tendances, d'humeur, comme on le dit, si fréquentes et quelquefois si agaçantes dans l'être vivant. C'est par la réflexion seule que l'intelligence se rend compte après coup de ce que l'habitude lui a fait faire, et peut le rectifier.
£t non-seulement l'habitude est ainsi une spontanéité involontaire, elle fait encore opposition à la volonté intellectuelle. La volonté animale ne peut rien sur elle, parce que celle-ci est toute dépendante de l'élément matériel. La volonté intellectuelle seule peut quelque chose dans sa liberté ; mais, obligée à se servir de l'élément matériel^ elle éprouve une résistance quelquefois terrible, et souvent même elle succombe. Combien de fois ne voit-on pas un homme se reconnaissant une mauvaise habitude et déterminé à la détruire, n'arriver cependant qu'à la conserver? Il lutte et l'éloigné chaque fois que sa volonté libre s'interpose, mais l'attention ne se soutient pas constamment, et à chaque fois d'oubli, l'habitude reprend son empire. Fatigué de la lutte, on cède enfin et Ton se résigne à garder cette maltresse qui ne peut être chassée qu'après des efforts si assidus et si persévérants-
C'est qu'en effet l'habitude présente une ténacité extrême, et quelquefois une lutte 4e toute la vie ne suffit pas à la maîtriser. On la chasse, et elle revient au moment où l'on ne s'y attend pas ; avec des efforts constants on la maîtrise pendant un certain temps et elle est matée, non détruite : on la sent encore, mais plus^ faible, et il semble qu'on la domine ; mais se relàche-t-on et se laisse-t-on aller à quelque faiblesse, elle reprend vite son empire et avec plus de force.
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Quelquefois on la sent encore et elle peut revenir après dix ans, vingt ans même, plus puissante que jaraais.
Du reste, elle varie selon les ftges. Elle est tout^puissante dtÈei Tenfant dont la volonté intellectuelle n'est pas assez forte et assez instruite pour la dominer, et chez lequel on n'en vient à bout ^ue par la violence ou la ruse. Elle peut être dominée chez rhomme jeune et maître de lui, quoiqu'elle soit alors souvent très tyranotque; mais ensuite, elle ne fait que s'accroître et étendre sa domination avec Tàge. C'est surtout de vingt a trente ans que l'homme peut établir ses habitudes.
5° p«s chaB«einettts drhaMttndi^. — Cette impulsion si puissante et qui semble immobiliser la vie dans une forme donnée, est cependant susceptible de changements et de variations.
A cet égard nous devons remarquer d'abord que les diverses habitudes possibles peuvent s'exclure étant opposées : l'habitude du mouvement exclut l'habitude du repos, l'habitude de l'intempérance exclut l'habitude de la tempérance, la douceur exclut la violence. Il y a ainsi une opposition entre certains actes, on même entre certaines applications d'activité, l'habitude de se servir d'on des sens en particulier exclut les autres; l'habitude de voir les détails exclut celle de voir l'ensemble. Ces oppositions pouvant varier à Tinihii, présentent dans leur ensemble chez chaque individu, ce qui caractérise son individualité.
Mais cette individualité peut changer, se modifier, de telle sorte i|U6 des oppositions nouvelles apparaissent; ce qui était développé est assoupi, ce qui était assoupi est développé. Il importe d'examinei* comment s'opèrent ces changements, parce qu'ils donnent la clef de ce qu'on peut faire pour détourner des habitudes mauvaises.
Trois procédés seulement sont possibles : par changement d'objet, par changement d'activité et par changement de périodicité. Ils répondent à ce qu'est l'habitude elle-même.
1^ La disposition habituelle peut s'attacher à un objet : ainsi l'habitude d'un aliment, d'une boisson, de l'aifeelion à un âtre ou à une chose, de l'application des sens à un objet sensible, de l'application des sensations internes à des sensations particulières, des actes adonnés à opérer sur un objet particulier.
L'une de ces habitudes peut changer en se portant d'un objet à un autre, et ainsi l'un passe du thé au café, du vin aux liqueurs^ d'un aliment à un autre, d'une sensation à une autre, de la vue des
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àétoiia à celle dé rensenlblef du Umvbil sur «bois au travail iur inér taux, et de même pour un grand oonbre d'objets. C'est là un pr^ inî0r ^MTooédé ^ ohenger l'habflade.
Uêis te chmgemeDt n'ést' {iossibié i|ue de certaines manières, et nécessita UHijoors 16 chanfeomnt de l'afiéotioa impulsire; car« cotnaae noms ramons vu, c'est d» l'afieclioD impulsive que tout dépend dans Taotion dé l'être : appétit v6gétaiif, appétit animal, appétit ialeUecuiet. Il faut donc que l'affection habituelle qui e'eat aitachéa.à un objet puisse s'attacher à un autre pour être détournée: du pMnier. €efai peut se faire insensiblement en présentant un objet nouveas àtialogue an premier, et sur lequel l'acte habituel puîsae 8'«SBouvir mns trop changer d'abord et en éprouvant la même satisfaction. Ainsi dans l'alinentation et le régime des malades,, le médecin conduit avec prudence d'un aliment à un autre^ d'un exercice à un autre. Le grand art datis cette conduite est d^ bien trouver les transitions, lei nuances d'un objet d*«cteàun autre» Ou bien il faut changer brus^ement l'habitude en lui supprimant tout à coup l'objet habituel, et en lui en donnant un tout différent. Mais cela n'eit pas possible sans un grand bouleversement de Tôtrei et d'autant plus dangereux que cet être est plus faible dans son habitude, y est plus attaché ou plus enfoncé. Chez les enfants à disposition plus mobile, c'est moins grave ; mais cependant encore combien d'accidents ebea ces petits êtres auxquels on supprime une nourriture habituelle, une personne à laquelle ils sont attachés» un jouet même T Chez les malades et les personnes d'un certain âge,, ce dnmgement brusque est bien plus dangereux ; combien qui, pour aller plus vite dans une convalescence, ne suivent pas les avis pru^ Vents de leur ipédecin et éprouvent des redmtes terribles I Que de personnes arrivées à un oerUiin Age veulent changer d'habitude et y succombent I Le passage d'un genre de vie à un autre, de la vie active à la vie retirée, d'un climat à un autre surtout est très grave. Presque tous ceux qui émigrent après un certain âge ne tardent pas à succomber. Si le climat est tout différent du premier, il faut être très jeune pour s'y faire; s'il n'y a pas trop de différence, le ciiangement est encore possible h trente ans : passé cinquante ou soixante ans le changement de résidence d'un lieu à un autre qui n'en sera guère éloignée, mais sera sous une autre altitude, peut être dans certains cas d'un très grand danger.
T" L'habitude, au lieu de porter sur un objet, peut porter sur l'acte luiHiiènie ou sur sa forme. Ainsi, l'habitude démanger ou de boire^ l'habitude de certaines sensualitésou d'activités particulières,
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d'affections distinctes, de la douceur ou de la violence, d'une certaine tournure d^esprit ou d'humeur.
Ici encore Thabitude ne change que par une modification de l'appéltt végétatif, animal ou intellectuel, et le changement peut se faire ou insensiblement ou brusquement : insensiblement, en modifiant Tactivité peu à peu dans sa forme et son but, en allant d'an mode à un autre ; brusquement, en supprimant l'activité habituelle et détournant l'activité générale de l'être dans une nouvelle voie.
Mais il est visible que ces changements ne peuvent se faire sans que l'objet de l'activité n'intervienne pour mouvoir l'appétit ou l'affection impulsive, et c'est dnns le clioix de l'objet nouveau que repose toute Thahiieté de celui qui veut opérer un tel virement. Quelquefois, couvent même, on ne réussit que temporairement, car l'habitude de l'acte est encore plus tenace que l'habitude de l'objet. Ainsi, on peut se déshabituer de priser en fumant, et se déshabituer de fumer en prisant; mais combien de fois on n'y réussit que pour un temps, et que de fois encore on ne fait qu'adjoindre une habitude à une autre? Il est vrai qu'alors la première est diminuée d'autant, et que c'est toujours cela de gagné. Beaucoup de jeunes gens perdent l'habitude de l'onanisme par leurs relations avec une femme, et quelques-uns ne font qu'ajouter, une habitude à la première. CepienrJant c'est la voie naturelle de ces changements. L'habitude du trop boire et celle du trop manger se modifient l'une par l'autre, et se changent par la variation des aliments et des boissons; un gros mangeur mange toujours ta même chose, et un ivrogne boit toujours le même liquide; en devenant gourmets, ils cessent d'être intempérants. ^
S"" Enfin l'habitude peut porter sur le retour périodique àé actes, et c'est peirt«étre la plus terrible de toutes par les tourments qu'elle occasionne à celui qui en est affecté. D'un autre côté ce peut être une excellente chose parce que la vie en est mieux réglée. En général presque tous les actes de l'économie reviennent périodiquement, à certaines heures de la journée et à certains jours : cela est surtout mnrqué pour le sommeil, le boire et le manger, les excrétions. Le changement de ce retour périodique n'a lieu qu'en substituant, dans le temps où l'habitude doit revenir, un acte plus nécessaire et plus impérieux que celui à éloigner.
ô*" DUparition 4e i'babiuide« — Il est impossible à l'être vivant d'être complètement dégagé de toute habitude, et il doit même avoir cette honte de ne faire souvent les actes les plus élevés que de
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cette œeoière. Mais c'est une sagesse de se résigner quelquefois à cette servitude, et de ne s'appliquer qu'à la rendre fructueuse en ne s'y pliant que pour le bien ; ce.n'est pas non plus un petit mérite que d'y avoir réussi, et si l'on peut regretter de n'avoir agi que par habitude, on a tout au moins le témoignage d'un bon acte accompli
Cependant il peut être utile de savoir, et la science <loit se demander si l'habitude peut disparaître complètement, et comment cela peut se faire.
Trois procédés paraissent être suivis :
l"* Une habitude peut disparaître entièrement par la création d'une autre habitude plus violente qu'elle et qui accapare toute l'activité de l'être. C'est ainsi que l'ambition peut créer l'activité chez le paresseux ; l'avarice corriger l'intempérant ; l'amour vrai guérir de l'onanisme; la nécessité d'une position, supprimer des habitudes de fumer, de gourmandise, d'ivrognerie; un attachement de cœur ou des contraintes sociales apaiser la violence; et au contraire des difficultés croissantes^ des enchaînements de contrariétés, faire succéder la violence à la douceur, l'énergie à la noncbalence, l'audace à la timidité.
2*" Une habitude peut être sinon supprimée, au moins infiniment amoindrie par la multiplication d'autres habitudes. En s'astreignant à se plier à une multitude de règles, on finit par n'en suivre aucune. C'est le caractère de ceux qui ne parviennent jamais à trouver un état fixe, et dont le changement est pour ainsi dire l'état normal. Alors, le caractère est 4e manquer de caractère pour en avoir désiré de trop multipliés, et l'habitude est de n*en pas avoir à force d'en avoir voulu acquérir.
Certaines personnes ont naturellement cette disposition, et cela est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. C'est un grand avantage dans les difficultés de la vie pour se plier à' toutes les éventualités possibles ; et à cet égard, les femmes ont une apti* tude merveilleuse, peuvent changer de position, de climat et de manière de vivre, s'élever ou descendre, aller du chaud au froid , de l'opulence à la misère, ou d'une condition basse aux positions les plus élevées avec une étonnante facilité. Un homme élevé tout à coup d'une place inférieure à une position enviée, se ressent toujours de sa condition première; la femme beaucoup moins, et quelquefois pas du tout Du reste, il y a des hommes qui sont femmes en ce point. C'est ce que l'on appelle tout à la fois manquer de caractère et avoir un heureux caractère.
3* Enfin l'habitude peut cesser tant à coup el dispanillr» ooiti* plétement, par une sorte de retour de )'affeotion impulâte à l'égurd de l'objet qu'elle pourairit ou de Tacte qu'elle aooomplit;
C'eat Teffet d'une répuMon qui nalk t^ut à coup, niais dont le secret échappe souvent. Qiielquefois, le plus sdiireol niôiiie, oa ynkt naître cette répulsion de Tassouvissement et de la lassitude^ Ainsi, de même que l'enfant se 1a«sddu )oujoa qui Va ch|ii<mé le plus, du bonbon dont il a étégongé, de même Thonuyie se faliguem d'objets plus sérieux dont Tabondance le blasera. Mais mremenl .ches rhomme l'habitude se perd ainsi : H y a ches lui une sorte d^ mesure dans l'habitude qui en augmente la durée, el spoizent des dîffficdttés d'assouvissement aiguisent rappétit et font, persévérer rhid>ilude. L'enfant dont beaucoup de désirs ont été Inassouvis et exbUés seule-» ment par des Jouissances accidentelles, les eonservie jusque dans un fige avancé. Au contraire, Tenftint gorgé de toutes dioees, rhomme blasé de jouissances faciles, finissent par s*6B détourner avec dé* goût.
II faut donc tenir grand compte dans la oessslion de l'habitude par répulsion de la marche de Tactivité: fadlîté de l^ction, abon* dance exagérée de l'objet, fureur de l'activité courant à son sssou* vissement , voilà les conditions heureuses de cessation. Ce jeune homme qui court avec tant de passion d^ns le désordre, y mel trop de rage pour que cela duve ; et vous n'attendres pas longtemps pour le voir rentrer dans le devoir^ Mais^ oet autre qui s'engage à pas mesurés dans le vice, et doni ckeque acte n'est qu'uÉe aggrava «> tion froide et ratsonnée dans le mal, ne sortira peat^étrer jamais de la voie où ri s'est engagé. Souvent on dit et àv^ raîsbn : Il court trop vite et trop fort pour aller loin. Que de fois il est permis ches Tenfant de détraire ainsi unemabvaise tendance, depréipenir ou de dissiper une mauvaise habitude! Lui faciliter l'acte, le goi^w de l'objet de ses désirs, le blaser par excès dis jouissanoè: c'est le mofen. Mais que de fois malheureusement, U gravité et l'immoralité de }*acte ne permettent pas d'y recourir ! Alors un autre procédé peel être suivi.
En eflbt, la répulsion peut naître d'une autre nsaiiière. Toute habitude ayant son contraire, peut y passer doucement par gradations intermédiaires, en changeant d'objet et d'actitité. Sesciter dans l'anbction impulsive l'amour d'un autre objet et d'un autre acte, et arriver au désir sans cesse aiguisé, et sans ' oesse ieassouvt d'un objet et d'un acte contraires aux premiers, t'est fMre nattre pour ceux-ci une répulsion qui devient radicale. Ainsi, le cœur