‹ Physiologie généraleChapitre 73 sur 107 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

OO CAftACTÈRB.

Le caractère est la manière d'être suivant laquelle r^ctiviié $e dé? ploie dans un individu, une personne de la farpille, une race, un tempérament, une habitude et un étal de santé ou de maladie ; il se manifeste dans les signes que présente le développement d'activitét Rien de plus intéressant que cette étude> d^ plus utile au moraliste et au médecin. Mais c'est un problème que le savant se pose ^ propos de chaque chose ou de chaque être, plut6t qu'une questioq scientifique, et la science ne peut que fournir les divers élémeuls d^ la solution et le procédé à employer pour y arriver. Les moraliâtef qui s'en sont oocupés, comme Théophi^aste, la Bruyère, Laroohefoucault, Vapvenargue, Joubert, ont plutôt tracé des portraits e^ des pepsées ^étachée^ que des règles scientifiques ; aussi ne voit-on^ dans leurs ouvrages, d'ailleurs si pleins d'intérêt^ qu'une suite de tableaux -ou «de maximes auxquels on peut toujours ajouter sans épuiser le sujet. Il en serait de même si les physiologistes ou le^ patbologistes voulaient tracer les caractères variables de l'état de santé ou de maladieu Ce n'est pas là l6 but que nous devons nous proposer. Nous devons simplement rechercher quelles sont les lois suivant lesquelles on peut apprécier un caractère quelconque ; sujet encore peu exploré, sur lequel nous devons être bref, et dont plu7 sieurs points ont d'ailleurs été déjà indiqués.

Le oaraotère d'une activité quelconque doit être tiré de deux ordres de choses : de l'objet de l'acte et de l'acte lui-même.

I. L'objet de l'acte signale les différences de caractères eu indi^ quant les dispositions du sujet secundum dfjectum; et de là ces différences de modalité active, que nous avons déjà signalées en parlant des tempérament.

Ainsi nous avons d'abord la disposition du sujet à s*adonQer plutôt, soit à des objets qui frappent sou végétatif, SQÎt à ceux qui occupent sou animalité, soit à peux de l'intelligence.

Puis, dans chacun de ces trois ordres, on descend dans les détails.

Dans Tordre végétatif, disposition à être impressionné plus particulièrement par tel ou tel objet, et à y répondre : caractères tirés des aliments, des boissons, de l'air, des eaux, des lieux, de l'hcibillement, du froid ou ilu chaud, du sec ou de l'humide ; l'être appète certaines de ces causes ou y répugne.

700 DBS MODALITÉS.

Dans Tordre animal, disposition aux objets de tel ou tel sens, à la couleur, à la lumière, à la forme, au bruit, au rhythme, à la mélodie, à l'harmonie, aux odeurs et à telle ou telle en particulier, aux saveurs différentes, à tel ou tel objet tangible ; disposition à tel ou tel objet d'acte, selon que nous l'avons examiné en parlant des modes objectifs de l'affection sensible.

Dans l'ordre intellectuel, dispositions ou répulsions, ou incapacités pour tel ou tel ordre d'idées, telle œuvre pratique ou telle autre.

On examine ainsi nécessairement tous les objets d'acte sur lesquels l'activité peut se déployer, et l'on distingue ceux qui agréent, ou qui répugnent, ou qui sont indifférents, et l'on distingue encore les degrés. Par là on trouve dans quel ordre, dans quel sens. Tac* tivité se développe plus ou moins facilement.

11. Le caractère se tire ensuite de la manière dont l'activité se déploie à l'égard de l'objet qui la meut, aussi bien dans l'ordre végétatif que dans l'ordre animal ou l'ordre intellectuel, et c'est là proprement le caractère.

Qu'on veuille bien se rappeler ce que nous avons dit des modes subjectifs de l'affection sensible, ou s'y reporter (livre III*, chap. ii% g S). Les mêmes indications se rapportent aux trois ordres végétatifs, animal et intellectuel. Dans chacun d'eux, à propos de chaque acte, de chaque objet soulevant un acte, on peut examiner comment l'activité commence, continue et s'achève, et quels peuvent être son exaltation et sa passion^ son état habituel ou accidentel, sa perfection ou ses défauts.

Ainsi, à propos de chaque acte, s'il y a susceptibilité de l'acte à l'égard de la cause qui le meut, ou au contraire indifférence, ou bien indolence.

On examine si la disposition s'attache à l'objet, obéissant à l'acte qu'on lui demande; ou bien si elle fuit l'objet, si elle résiste à l'acte qu'on lui impose; ou bien si elle combat l'objet et produit un acte contraire à celui qui est demandé: caractères doux et obéissants ou contradictoires, aimants et disposés à la lutte.

L'acte se fait-il avec l'entrain du bien-être, ou de l'espoir et du plaisir, ou de l'ardeur, ou de la joie? Ou au contraire se fait-il avec la langueur du malaise, de la tristesse, ou de la douleur, ou de la crainte, ou de la peine ?

Comment se poursuit-îl ? avec ardeur ou paresse, violence ou calme, audace ou timidité, force ou faiblesse, courage ou lâcheté, continuité ou manque de suite, prudence ou négligence, modération ou zèle?

DB l'État de viillb kt de sommeil. 701

Comment s*accomplit-il ? avec justesse ou erreur, perfection ou défaut ? et quelles perfections, quels défauts ?

Est- il passionné ou non, accidentel ou habituel?

Quels sont ses suites? Se déverse-t-il dans telle ou telle direction ? Quelles relations soulève-t-il?

Posez ces questions et résolvez-les à propos de chacun des actes de Tétre. Dans Tordre végétatif : pour les.sécrétions et transmutations digestives, les absorptions et les excrétions, Thématose, la nutrition des parties, les divers actes de la génération. Dans Tordre animal: pour l'irritabilité» les sens externes, les sens internes, les sensations internes, les mouvements organiques, les mouvements de relations extérieures, les. diverses impulsions et les affections qui les meuvent. Dans Tordre intellectuel : pour la génération des idées, les divers procédés de connaissance, les différentes œuvres pratiques, la volonté et ses affections impulsives.

Vous avez ainsi parcouru tout Tétre^ et Tavez reconnu dans ses dispositions selon les objets, et par cela même dans ses inclinations d'activité; vous avez scruté le caractère de Tactivité même dans son éclosion et sa procession : dressez maintenant le tableau, et cet être vous est connu dans ses traits. Le problème est résplu.

Il est bon, utile et même nécessaire que le médecin et le moraliste se posent ce problème et le résolvent à propos de chacun des sujets soumis à leur observation. Ils y arrivent plus ou moins facile^ ment avec le temps et l'expérience pratique; mais quelques-uns y échouent et d'autres y arrivent trop tard, parce qu'ils n'ont pas .saisi ou reconnu asse^ vite le problème qu'ils doivent résoudre, et le procédé pour y arriver. Aussi ne saurait-on s'y rompre trop IM, ni s'y exercer avec trop de soin.

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