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troisième principe, suffisant à tout dans le cours de la vie, ne puisse sufGre dès l'origine à la première formation du corps.
Il faut donc dire que Vdme arrive dès le moment de la conception» et qu'elle arrive tout entière; mais qu'elle déploie d'abord ses facultés végétatives, puis ses facultés animales, et enfin ses facultés intellectuelles, selon les lois de développement de l'être dans son évolution vitale.
La question philosophique est tellement nette, que la solution est à peu près unanime aujourd'hui; ce serait oiseux d'insister. Ce n*est pas dire cependant qu'on puisse s'en prévaloir pour assurer la nécessité du baptême de l'enfant et de l'opération césarienne, quelques jours après une conception probable : nous ne les croyons autorisés que lorsque l'enfant est assez développé pour être viable. Mais c'est là une question qui n'est plus de notre sujet, et que nous ne pouvons traiter ici. (Voyez notre travail : De l'opération césarienne po8t obitum mairis^ dans Y Art médical, juin 1861 .)
II. Ita principe teforafeMit et lie la aiatlère •If^ttéc. — NoUS
avons parlé (liv. II, chap. i, § 2) du prétendu principe intermédiaire si singulièrement mis en avant par Alexandre d'Aphrodise : c'est encore de lui qu'il s'agit. Dans les xv*, xvi* et xvn* siècles, il avait reçu le nom de principe informant et de matière signée; et si on ne le faisait pas subsister pendant toute la vie, on s*en servait pour expliquer l'adhésion de l'âme au corps, en raison de la théorie de Y accident communs
Suivant cette théorie déjà expliquée, et dont la fausse application a été réfutée, l'âme, trop immatérielle pour s'unir à la matière, aurait besoin d'un principe intermédiaire qui lui frayerait le chemin et lui faciliterait le déploiement de son activité. Le principe infor-^ mont remplirait ce rôle. C'est lui qui mettrait le germe en mouvement et commencerait les premières opérations ; le principe formel ne ferait que suivre le mouvement.
On faisait venir ce principe de la matière signée, et voici comment on expliquait son origine.
Generatio unius, corruptio alterius, disait-on : et par conséquent les deux germes fournis par le père et la mère doivent être détruits, décomposés pour que de leurs débris naisse le germe définitif, la matière du nouvel être. Mais, puisque les deux germes producteurs sont détruits, il ne reste donc rien d'eux, leur matière vitale est anéantie, ils sont réduits à de simples éléments matériels ; et alors, comme l'âme vivante ne peut s'allier à de la matière grossière, son
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union avec le corps du germe est impossible. Pour que cette onico soit possible, il faut que la matière du germe recèle un principe, o£ symbole^ comme diSBiiAvhioie {De générât, etcùrrupt.^ liv. 11^ cap. x . une signature, comme disaient les paracelsistes. Ce principe informant, symbole ou signature^ est capable de lui-même de reconstituer la matière du germe, de lui donner une nouvelle vie; c'est un principe donné par la génération, transmis par le père ou la mère, et subsistant par lui-même pendant la corruption des éléments g^nminateurs.
On saisit tout de suite quel mélange il y a là d'erreur et de Téritè. Il va nous suffire de rectifier quelques principes pour élaguer les erreurs.
1** Il est vrai que Vâme vivante ne peut d'elle-même s'aliier à des élénvents matériels purement physiques; et c'est pourquoi on ne voit jamais une plante, ni un animal, ni à plus forte raison un homme venir d'un pur amas de substances matérielles; c'est pour cela qu'ils procèdent toujours d'un être vivant ; c'est môme pour cela qu'ils ont toujours besoin pour s'entretenir par la uutritioD, d'une matière qui ait vécu.
2° Il est vrai encore que generatio unius est corruptio alterivi, attendu que le germe nouveau est différent des deux producteurs, que le fils n'est ni le père ni la mère, ni tous les deux, mais luimême ; et pour que la filialîté subsiste seule dans le germe, il faut que la paternilé et la maternité n'y soient plu& Mais cela ne veut pas dire que la corruption des deux germes producteurs soit une destruction : c'est seulement un changement d'activité , attendu que ces deux germes ne se réduisent pas en éléments matériels, mais subissent une simple transformation d'arrangement, comme nous l'avons vu.
3" 11 est vrai encore que cette matière du germe est une mmièrt signée^ puisqu'elle est douée d'une activité; que l'ovule et le sperme ont chacun la leur, et que de leur contact et de leur mélange natt l'activité du produit, comme l'ovule fécondé vient du mélange des deux germes paternel et maternel. Cette activité n'est donc pas un principe séminal subsistant par lui-même en dehors dune matière qui se détruit; c'est simplement l'activité séminale transforiQée eo même temps que la matière du germe est elle-même transformée, et inhérent à elle. Par conséquent, comme nous l'avons montré au livre II» chapitre m, cette puissance est comme toute force^ une matière en activité.
b« Maintenant cette activité séminale est-elle capable à elle seule
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de développer tout Tétre? Non : puisqu'elle ne renferme pas l'activité intellectuelle, elle ne pourrait développer Fintelligence. Mais bien plus, comme elle n'est pas subsistante par elle-même, elle nepour^ rait vivre sans la présence de Tàme au deik de quelques heures ; ce serait une activité qui s'épuiserait simplement comme tout mouvement communiqué ; et le germe sans âme resseuiblerail à un corps que l'àme vient de quitter, où l'on observe pendant quelques heures encore la croissance de la barbe, et quelques phénomènes de sensibilité et de oontractilité.
Cette activité séminale n'est donc qu'un mouvement qui permet à l'àme de se saisir d'un germe en acte, et indépendant de ses deux générateurs : c'est vraiment un mouvement informant, mais ce n'est pas un principe ;|il est par lui-même aon subsistant, mais il déteripine une suite d'actes dont il est le commencement : on peut l'appeler rinsinuation de l'âme et de la vie, la première cause prémotrice.
Nous examinerons successivement : l"" l'évolution générale du fœtus; 2*" les lois du développement organique; 3^ le développement des tissus ; U"* le développement dçs facultés ; 5** les relations du fœtus avec sa mère.
I. Bv«t«il«m féoérate. — Vers le dixième ou douzième jour de la conception» l'embryon apparaît comme un trait demi-transpareot, renflé à une extrémité, aminci à l'autre. On distingue un filel opaquct blanc janoàtre, rudiment de Taxe cérébro-spinal. L'être est courbé, présentant une concavité en dédains de laquelle se détachent le cordon et la vésicule ombilicale. C'est le moment où il vient d'arriver dans l'utérus.
Au commencement du second mois, l'embryon est long de i à 2 centimètres. Les extrémités se montrent sous forme d'appendices foliacés. La tête est volumineuse, la bouche est ouverte; les yeux tendent à se rapprocher de la ligne médiane; les fosses nasales se développent, les fentes branchiales se montrent et la poitrine tend à se clore. Plusieurs anatomistes admettent qu'à cette époque tou^ Veinbryon, depuis le nez jusqu'au coccyx, se présente sous forme de deux moitiés latérales qui tendent à s'unir sur la ligne médiane.
Pendant le second mois, les bourgeons rudimentaires des membre^ t'étorgissent en éventail; l'avant-bras, la jambe, les pieds et les laaips, tes doigta et les orteils se dessinent ; les bras et les cuisses
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semblent sortir du tronc. La gatne da cordon ombilical se produit. L'intestin, d'abord droit, se recourbe vers l*ombilic. Les tm sodi remarquables par leur teinte noire. On voit les ouvertures rodimentaires du conduit auditif; on voit apparaître les tnuses da système musculaire. Le cœur se couvre, se forme et 'Commence à se cloisonner. L*aorte descendante et l'artère pulmonaire apparaissent sous formes d'arcs; le poumon, le foie, les corps de WoiflT, bientôt les reins, les testicules et les ovaires, puis les rudiments du clitoris et du pénis sous forme d'un tubercule conique et muni d'une rainare* En avant du coccyx est un point noir, première trace de l'anus.
Troisième mois : Pendant les deux premières semaines l'embryon grandit jusqu'à /i et 5 centimètres. Le front fait saillie; le nez est plus baut et plus large, muni de deux petites fentes; les lèvres et les paupières se distinguent. Le cou est encore court, mais il commence à se distinguer nettement et à séparer la tôte de la poitrine. Les membres se prononcent davantage. Le prolongement coccygien semble se retirer et disparaître. Lexordon ombilical commence à se contourner. — Vers la fin de ce mois, le volume de la tôte parait diminuer ; le globule de l'œil se montre sous les paupières ; la membrane pupillaire est plus manifeste. Le front et le nez sont bien dessinés, les lèvres bien marquées, moins saillantes; le cou est nettement tracé. Le thorax, fermé de toutes parts, est la plus petite da trois cavités splanchniques ; l'intestin est renfermé dans l'abdomen et n'est plus contenu dans le cordon, qui se vrille; la vésicule ombilicale a disparu. Les bras et les cuisses, les mains et les pieds soot mieux formés; on voit les nodosités pbalangiennes; l'ossificatiou est manifeste sur un grand nombre de points ; les ongles se dessinent sous forme de membranes minces ; le tégument acquiert plus de consistance. Enfin les deux sexes sont distincts.
Quatrième mois : L'accroissement devient rapide : le corps a 10 centimètres de long. L'occlusion des paupières est incomplète et formée par une agglutination visqueuse. Le cordon s'insère à une partie plus élevée de l'abdomen. La peau, d'une couleur rosée, se couvre de duvet; les cheveux apparaissent, blanchâtres et argentins; la graisse se dépose sous la peau ; les muscles deviennent plus forts, et les mouvements débutent.
Cinquième mois : Le fœtus acquiert jusqu'à 30 centimètres de longueur, sou poids est de 250 à 300 grammes. Toutes les parties du corps sont mieux distinctes et mieux proportionnées : la tête n*est plus que le quart de la longueur totale du corps ; les auricules sont complètement développées; les mouvements prennent de la force.
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A six mois, le fœtus est long de 30 à 35 centimètres ; son poids est de /i 00 à 500 grammes. Les cheveux prennent de l'épaisseur, les sourcils et les cils sont marqués, les ongles deviennent plus solides. Le fœtus qui naîtrait pourrait respirer, mais il ne pourrait vivre sûrement
Dans les trois derniers mois, septième, huitième et neuvième, toutes les parties se développent, et le fœtus acquiert le poids, la longueur et le volume qu'il doit avoir. Les poumons prennent de l'ampleur ; les cheveux deviennent plus longs ; la peau est plus pâle, répiderme plus épais, les ongles plus forts; le cordon ombilical est plus près de la moitié du corps.
IL liol* d« MTeioppeaMBt organiqae. — Le développement de Tembryon est donc une sorte d'évolution dans laquelle l'être a d'abord une composition simple qui se complique peu à peu.
Heckel {Manuel d'anat. gén,^ t. 1, p. 49 et suiv.) a émis sur ce développement l'idée qu'il y a des phases dans l'accroissement, suivant plusieurs lois qui y président. M. OUivier l'analyse et le résume ainsi : « l"* Chaque organe, et par conséquent l'organisme entier, présente dans son existence trois périodes distinctes, qui sont l'état d'enfance ou d'imperfection qui précède le développement entier, l'état de perfection ou de maturité, et celui de retour ou de vieillesse. 2^ L'analogie est d'autant plus grande entre les divers organes et les différentes régions du corps^ que chaque organe respectif et l'organisme entier sont plus rapprochés du moment de leur orgine; d'oii il suit que les organes et le corps entier sont d'autant plus symétriques qu'ils sont plus voisins de leur formation. Ainsi le cœur, le foie, l'estomac, sont symétriques lors de leur premier développement; les membres supérieurs diffèrent d'abord très peu, etc. 3^ Dans le principe, le corps tout entier est blanchâtre, et la couleur des organes ne se développe que peu à peu. 4*" Chaque organe est d'autant plus mou et plus fluide qu'il est plus voisin du moment de son origine; il ne prend que peu à peu son degré normal de consistance, et la cohésion des parties qui le constituent, augmente progressivement jusqu'au terme de la vie. 5® Dans cet état de fluidité des éléments organiques, on ne trouve ni globules, ni fibres, de sorte qu'il n'existe pas d'abord de texture déterminée. 6^ Tous les organes ne paraissent pas en même temps, et les époques de leur développement varient, soit dans les divers systèmes organiques, soit dans le même système. 7* Les parties qui ne sont que les répétitions d'autres parties plus parfaites, et qui leur correspondent d'une manière spéciale, se mon-
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trent les dernières : ainsi, }e ventricule droit apparaît après le ventricule gauche; la forme extérieure des parties se développe plus rapidement., et avant la teiture et la composition chimique de œs mêmes parties : ainsi le cerveau, demi-fluide, et les os, cartilagineux, ont déjà la forme qui leur est propre. 9° Les organes se forment par parties isolées qui se réunissent peu à peu pour composer an tout unique : exemple, le système vasculaire, les reins, les os, etc. iO*La grandeur relative des organes varie aux diverses époques : ainsi la moelle épinière et l'encéphale, le cœur et les poumons, ofiErent, pour leur volume des rapports inverses lors de leur apparition et de leur développement achevé. 11*" La durée des organes n'est pas la même; c'est ce qu'on observe pour les différentes parties de l'œuf, pour le thymus, les dents de lait, etc. IS"* Quelques systèmes organiques se compliquent plus que d'autres dans leur développement suceessii, sous le rapport de la texture, de la forme intérieure, de la situation et du volume proportionnel : le système vasculaire est surtout remarquable à cet égard ; il en est de même du canal intestinal, des organes génitaux, du système osseux; les différences sont moindres dans le système nerveux. 13° Il existe des parties où l'on aperçoit toute la vie des traces de la formation primitive, et d'autres où l'on n'en découvre aucune, sans qu'on puisse assigner précisément la cause de cette différence :le système osseux fournit plusieurs exemples de cette observation. 14° Les degrés de développement par lesquels passent le corps et les divers organes du fœtus, depuis leur origine jusqu'à leur maturité parfaite, correspondent à des dispositions permanentes dans certaines classes du règne animal, de telle sorte que l'embryon humain, après avoir été une molécule organique, en apparence homogène, offrirait successivement, dans sa totalité ou dans ses parties, la forme particulière à tel ou tel animal de l'échelle zoologique. Cette analogie de forme que présenterait transitoireroent l'état embryonnaire des animaux supérieurs avee l'état permanent des animaux inférieurs, a été signalée depuis longtemps par Harvey, Wolff, Oken, DDllinger, les frères Wenzel, Tiedemann, etc. l5» Enfin le fœtus humain se distingue de celui des autres espèces, ainsi qo^ Harvey l'a fait remarquer, par l'extrême rapidité avec laquelle H parcourt le» premières périodes où II offre celte analogie avec l6S animaux inférieurs. » [Dict, de méd. en 30 voL, t. XXI, art. OEw HUMAIN, p. 681 et ^82.)
Ce fut pendant un temps une idée répandue dans la seienoe, (p^ le fœtus liumain parcourt les difiërentes formes de réotietle aaiiB^ dans une succession .'de métamorphoses pouf arriver ji sa ffff^
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propre. Cette (îoctrine tenait à une antre beaucoup plus générale, qui supposait que dans toute l'échelle animale il y a unité de strucivre, unité de composition, unité de type, unité de plan, M. Hourens a réfuté cette théorie (Hist. des travaux de Cuvier, p. 272 et suîv.). Voici comme il s'exprime dans les dernières pages :
« Y a-t-il unité de type? Dire qu'il n'y a qu'un seul type, c'est dire qu'il n'y a qu'une seule forme du système nerveux, car c'est la forme du système nerveux qui décide du type, c'est-à-dire de la forme générale de l'animal.
y> Or, peut'on dire qu'il n'y a qu'une seule forme du système nerveux? Peut-on dire que le système nerveux du zoophyte soit le même que celui du mollusque? le système nerveux du mollusque le même que celui de Varticulé? le système nerveux de Varticulé le même que celui du vertébré? Et si l'on ne peut pas dire qu'il n'y ait qu'un système nerveux, peut-on dire qu'il n'y ait qu'un seul type ?
» Enfin y a-t-il unité de plan ?
» Le plan est la position relative des parties. On conçoit très bien Vunité de plan sans Vtmité de nombre : il suffit que les parties, quel qu'en soit le nombre, gardent toujours, les unes par rapport aux autres, les mêmes positions données. Mais peut-on dire ()tie le vertébré, dont le système nerveux est placé sur le canal digestif, soit fait sur le même plan que le mollusque^ dont le canal digestif est placé sur le système nerveux ? Peut-on dire que le crustacé, dont le cœur est placé par-dessus la moelle épinière, soit fait sur le même plan que le vertébré, dont la moelle épinière est placée pardessus le cœur, etc. La position relative des parties est-elle gardée ? N'est-elle pas, au contraire, évidemment renversée? Et s'il y a renversement dans la position des parties, y a-t-ii unité de plan ? etc. » (Ibid, p. 275-276.)
On peut aller plus loin encore que M. Flourens, qui établit quatre plans pour les vertébrés, les mollusques^ les articulés et les zoophytes, et dire qu'en réalité chaque espèce a son plan. Qu'après cela il y ait un certain ensemble et des degrés dans l'échelle animale, c'est ce qu'on ne peut nier ; mais chaque espèce a son type.
Baer avait déjà repoussé ces théories au nom de l'observation, et ses idées ont été confirmées. Mûller établit ainsi le cours actuel de la science : « Il n'y a pas encore fort longtemps qu on soutenait avec un grand sérieux que le fœtus humain, avant d'arriver à son état parhiit, parcourt successivement les divers degrés de développement qui persistent pendant la vie entière chez les animaux des
classes inférieures. Cette hypothèse n'a pas le moindre fondement»
comme Ta déjà fait voir Baer. Jamais l'embryon humain ne ressemble réellement à un radiaire, à un insecte, à un mollusque, à un ver. Le plan de formation de ces animaux est tout à fait diffé* rent de celui des animaux vertébrés. L'homme pourrait donc tout au plus ressembler à ces derniers, puisqu'il est lui-même vertébré, et que son organisation est établie d'après le type commun à cette grande division du règne animal. Mais il ne ressemble pas non plus, dans un certain moment, à un poisson, dans d'autres à un reptile, à un oiseau, etc. L'analogie n'est pas plus grande entre lui et un reptile ou un oiseau ; elle ne dépasse pas celle qu'ont entre eux tous les animaux vertébrés. Pendant les premiers temps de leur formation les embryons des vertébrés offrent dans toute leur pureté les traits les plus généraux et les plus simples du type d'un animal vertébré, et c'est là ce qui fait qu'ils se ressemblent alors à tel point, qu'on a souvent de la peine à les distinguer les uns des autres. Le poisson, le reptile, l'oiseau, le mammifère et l'homme sont-d'abord l'expression la plus simple du type commun à tous ; mais ils s'en éloignent peu à peu à mesure qu'ils se développent, et les extrémités, par exemple, après s'être ressemblées pendant quelque temps, prennent les caractères de nageoires, d'ailes, de mains, de pieds, etc. Voilà pourquoi tous les embryons ont d'abord au cou des arcs séparés par des fentes, auxquels on donne improprement le nom d'arcs branchiaux, car il n'y a là que l'expression d'un plan général, sans rien encore de ce qui caractérise une branchie proprement dite. Chez tous les vertébrés ces arcs sont parcourus par les arcs aortiques qui se réunissent en arrière pour produire l'aorte. Les poissons sont les seuls chez lesquels s'accomplit ici une métamorphose progressive, ayant pour résultat l'apparition de lamelles branchiales sur quelques-uns de ces arcs, et la conversion des arcs vasculaircs en un système de vaisseaux pectiniformes, composés de troncs artériels et de troncs veineux, parmi lesquels ceux-ci se réunissent pour produire l'aorte. La même chose a lieu aussi chez les reptiles nus; mais leurs branchies disparaissent au temps de la métamorphose, leurs vaisseaux branchiaux se réduisentaux arcs primitivement indivis, et leurs arcs branchiaux s'effacenten grande partie, de même que chez les reptiles écaiileux, les oiseaux, les mammifères et rhomme«ilsse convertissent tout de suite en d'autres formations destinées à persister toute la vie; ici également les arcs aortiques multiples, exprès^ sion du plan le plus général et le plus simple des animaux vertébrés, s'effacenty et il n'en reste que quatre ou deux chez les reptiles