‹ Physiologie généraleChapitre 82 sur 107 · e ta wuaammmee · texte numérisé non relu

e ta wuaammmee

Le fœtus s'est développé, il va naître et passer à l'état d'enfant A quelle époque, avec quels phénomènes, sous quelles causes? Trois questions à poser et à résoudre.

I. L'épo^we. — « Chaque espèce a sa durée déterminée de gestation. Dans l'espèce du lapin, la gestation dure 30 jours; dans celle du cochon d'bide, 60; la chatte porte 56 jours; la chienne, 66; la lionne, 108, etc., etc. » (Flourens.) L'espèce humaine est aussi une espèce animale, et la femme porte son enfant pendant neuf mois lunaires, soit 270 jours, terme conmiun.

Cependant il y a des naissances prématurées^ et il y a des naissances tardives. La loi s'en est inquiétée justement, elle a demandé à la physiologie l'époque de la naissance. Une femme veuve est accouchée dix mois après la mort de son mari : l'enfant est-il le fils du mari ? Une femme s'est mariée , et six mois après son mariage elle accouche d'un enfant vivant : cet enfant est-il de son mari! La loi a fixé qu'un enfant pouvait naître viable à 180 jours, et qu'il pouvait ne naître qu'au SOO'' jour.

Merriman a donné le tableau de 150 grossesses [Bulletin des se. méd. , t. XVI) pour lesquelles il a noté le jour précis où les règles ont cessé de paraître. 5 femmes sont accouchées dans la trente-sep»

DE LA VIB FCBTALK BT DB LA NAISSANCE. 7&9

tiëme semaine, du 255« au 259* jour; 16 dans la trente-huitième senaaine, du 262'' au 266'' jour ; 21 dans la trente-neuvième semaine, du 267'' au 273*" jour ; 46 dans la quarantième semaine, du 274" au 280*" jour ; 28 dans la quarante et unième semaine, du 281*' au 287« jour; 18 dans la quarante-deuxième semaine, du 288* au 294* jour; 11 dans la quarante-troisième semaine, du 295* au 301* jour; enfin 5 dans la quarante-quatrième semaine, du 301' au 306'' jour. L'écart est, comme on le voit, du 255* au 306* jour, de huit mois et demi à dix mois et 6 jours.

Tessier a lu à TAcadémie de Paris (séance du 5 mai 1817) un mé* moire fort cuneuxiniiuûé: Recherches sur la durée de la gettution des femelles de plusieurs animaux. Ces recherches furent faites avec soin et avec l*aide de personnes intelligentes. En voici le résumé abrégé : l"" Sur 575 vaches, dont la portée commune est de neuf mois et 10 jours, les termes extrêmes ont été du 240* au 311* jour : écart de 71 jours.

2* Chez 277 juments, les termes extrêmes ont été du 322* au 419* jour : écart de 97 jours.

S'' Chez 912 brebis, les termes extrêmes ont été du 146* au 161* jour: écart de 15 jours.

4* Sur 7 buffles, le terme moyen a été de 318 jours, et les difiEé* rences extrêmes de 27 jours.

5* Sur 25 truies, les termes extrêmes ont été de 109 à 143 jours.

6* Sur 172 lapines, les termes extrêmes ont été de 27 à 35 jours.

11 résulterait de là que l'écart possible varie entre le quart et le

tiers de la durée totale de la gestation; ce qui se rapporte aux recher^

ches de Merriman citées plus haut pour Thomme, dont l'écart serait

entre huit mois et demi et dix mois et quelques jours.

Mais qu'il y ait des naissances précoces ou prématurées, cela ne fait pas question. Un grand nombre d'auteurs citent des faits certains d'enfants qui sont nés à sept mois , et qui ont vécu. Mais avant ce terme, il y a peu de faits authentiques ; Buffon en cite cependant. M. Kergaradec en a cité dans le mémoire dont nous avons parlé au § 2 de ce chapitre.

Il cite des naissances d'enfants viables entre le cinquième et le sixième mois, et une à quatre mois et demi, celle du médecin Fortunio Licetti, mort à quatre-vingts ans. Mais en supposant ces faits vrais, ils sont d'une extrême rareté; on n'en cite pas un arrivé dans nos temps modernes. L'opinion commune parmi les médecins est que l'enfant ne peut naître viable avant le terme de six mois à six mois et deniî.

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Quant aux naissanoes tardives, elle sont donné lieu k de longues discussions. Il y a un conte de Voisang, dans lequel un enfant vécut six années dans le corps de sa mère, en fut retiré par Topération césarienne, et embrassa sa mère mourante. Mais ce n'est là qu'un conte. Burdach rapporte plus sérieusement l'observation de Schmidt : « Une femme atteinte de grossesse abdominale (l'œuf s'était développé dans le péritoine, en dehors de l'utérus) éprouva de vaines douleurs en temps légitime ; lorsqu'elle mourut deux ans après, on pratiqua l'opération césarienne pour retirer l'enfant; celui-ci vécut et respira, mais il mourut au bout de deux heures. » (PhysioL, t. IV, p. i87.) L'enfant avait-il cet âge? Suivant le même auteur, « Reide cite ifn cas dans lequel un enfant fut amené au monde par le forceps, deux mois après le terme ordinaire, ayant 25 pouces de long, sur un poids de 12 livres, et les sutures ossifiées. » {Ibid,, p. 185.) Mais les termes les plus longs qui aient été constatés sérieusement par les modernes se rapportent à 306 jours (Merriman. loc, et/.); à 30B jours (Mende); à 810 jours (Velpean, Traité des accouchements, t. II, p. 5); Stark, à l'époque de la onzième menstruation.

Les Romains s'étaient déjà occupés de cette question des missanoes tardives. La loi des Doazes Tables en fixait le terme à dix mois. Adrien jugea le procès d'une veuve de nninirs irréprochables qui était accouchée au onzième mois, et déclara l'enfant légitime, sur Tavis des médecins et des philosophes. Justinien a accepté ce terme extrême de onze mois dans ses novelles 39 et 89. Les parlements Vont accepté également, et encore sont allés plus loin, en légitimant des enfants nés douze et même quatorze mois après la mort du mari. Buflbn cite des naissances à douze et treize mois; mais les dates sont-elles certaines? (7'rotï^ des animaux : De la naùsoMe*)

II. Les «•«■«•. — Quelles scmt les causes de la naissaaee et de l'époque à laquelle elle a lieu?

On ne sait pourquoi l'époque est prématurée ches les uns» retardée chez les autres Tessier, dans le mémoire dont nous avons ptrlé plus haut, a en vain cherché les causes de la variation du lerme chez les animaux. Il en est de même pour la femme. Lamotte cite une dame qui accouchait toujours à sept mois, et dont les filles (de«x) accouchèrent à sept mois ( 7'rai/e des aecouchemenUy liv. I, chap. V* obs. 80 et 90) ; d'où l'on pourrait conclure que les varialioiis dans l'époque de l'accouchement dépendent d'une disposition héffédîtaire-

DB LA TIB rCSTALI IT 0B LA NAISSANCB. 751

Quant aux causes de la naissance, bien des explications ont été proposées. « Si, dit Burdach, res»enoe du part ou de la naissance » consiste en une sciision en deux, la cause doit résider tant dans le » corps procréateur que dans le corps procréé. Ce n'est point une » répulsion qui ne procède que d'un seul côté, c'ett une séparation » réciproque, qui tient à ce que l'un veut conserver son indépen*

» dance, et l'autre conquérir la sienne L'indépendance est le

» but commun de tous deux, et tous deux arrivent à ce but par la n direction de la vie du dedans en dehors. » {PhyêioL, t IV, p. 275.)

Du côté de la femme, il y a fatigue générale de l'organisme, qui est obligé de nourrir un être supplémentaire, et le moment arrive où cette fiBLiigue doit avoir un terme. Le fait que noua citions plus haut, rapporté par Lamotte, prouve bien que la femme est pour quelque chose dans les causes de la naissance. La preuve en est encore donnée par les faits où une femme accouche d'an enfant mort I cependant l'effort de la femme n'est qu*uii accident dans l'accouchement, car des enfants sont venu» au monde ches des femmes mortes depuis quelques heures. Il est vrai qu'alors il faut tenir compte d'une contraction tonique dans les fibres utérines comme dans tous les muscl»s de Téconomie. L'utérus s'est développé, et il y a des limites à son développement ; puis son développement a commencé par le corps de l'organe ) mais à la fin de la grossesse, le col se dilate à son tour et tend à s'entr'ouvrir. Enfin, l'utérus est irrité par les mouvements du foetus, et sur les derniers temps de la grossesse, les mouvements de l'enfant occasionnent déjà des contractions qui sont comme les préludes de l'acte d'expulsion.

Du côté du fœtus, il y a également tendance à la scission. D'abord il s'est greffé aux parois de sa mère, parce qu'il avait besoin de son sang, mais le moment arrive où ce sang ne lui suffit plus; d'ailleurs l^s organes sont formés et aptes à vivre : il y a dans la nature même de l'être une tendance à sortir de l'oeuf. Puis il est gêné dans ses mouvements, et déjà son instinct se forme ; il se meut et frappe violemment les parois de sa cellule. M, P. Dubois admet même que c'est par un mouvement instinctif qu'il se retourne, qu'il présente sa tête en bas comme pour sortir, pendant que ses pieds fhippent le fond de l'utérus, [htémoirt sur la came des présentationê ée la tête pendwi^ taceouchemtntj in Mémoireê de l'Acad, roy. de méd., Pttris, 1833, t II, p. 265.)

Il y a encore un côté de la question qui mérils de fixer Tattention : c'est la relation qui existe entre les mamrilea el l'ulénis. La

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fluxion mammaire augmente vers la fin de la grossesse et forme comme une dérivation .de Tafflux utérin. La moindre affluence du côté de l'utérus, alors que cependant le développement de l'enfant exigerait plus d'accroissement de Tactivité utérine, n'est-elle pas une des causes de la scission ? Qu'on se reporte à ce que nous avons dit de ce sujet au livre IV, chap. ii, § 2.

En résumé, ces causes doivent venir de deux côtés, de la mère et de l'enfant. Comme le dit Burdach, la naissance est avant tout une scission, et a la cause doit résider tant dans le corps procréateur que dans le corps procréé ».

III. Les phénomèiies. — Enfin, oomme le dit Avicenne» au temps fixé^ l'accouchement se fait par la grâce de Dieu (cité par H. Cazeaux). La mère expulse son fruit, et Tenfant paraît à la lumière de ce inonde : un homme natt 1

Avant qu'il arrive, ce grand événement se prépare. Un mois auparavant, des douleurs vives, des contractions utérines simulent un commencement de travail, puis tout se tait et se calme pour reprendre au moment désigné : ce n'étaient que d es préludes. Vers les quinze derniers jours, l'utérus s'abaisse, le ventre de la femme s'afiaisse, l'utérus descend dans le bassin^ l'enfant engage sa tête, les symphyses se dilatent, la marché de la mère devient plus facile, les seins prennent plus de volume : ce sont les signes précurseurs»

Enfin le moment est arrivé. Les douleurs et les contractions de l'utérus apparaissent vives, puissantes, d'abord éloignées, puis de plus en plus rapprochées et plus pressantes; des glaires s'écoulent pour lubrifier le passage ; l'enfant engage la tète, le col utérin se dilate ; la poche des eaux se perce et le liquide amniotique s'éooule. Les douleurs et les contractions redoublent; la tète de l'enfant apparaît au passage, elle le franchit ; le corps tourne, et l'enfant est expulsé au dehors. 11 tient encore à la mère par le cordon, que Ton coupe; mais déjà il a jeté un cri, et sa poitrine s'est dilatée pour humer l'air dont il va vivre maintenant jusqu'à la mort. Sa boudie s'ouvre, il cherche d'instinct le mamelon qui le doit nourrir ; on le lui présente et il s'y abreuve. La mère ne lui donnera plus son sang, mais pendant quelques mois encore elle le nourrira de son lait.

Cependant l'arrière-faix ou placenta est expulsé, la femme est délivrée ; l'utérus revient sur lui-même, les parties se remettent de la fatigue et de l'effort.

La durée de l'accouchement est de quatre à six heures, qndqoetois d'une demi-heure seulement La plupart des femmes sont cÂlî-

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gées dépasser quelques jours dans leur lit; d'autres ne s'âlitcnt pas, et continuent immédiatement les soins de leur enfant et de leur ménage, mais c'est une exception rare.

Nous renvoyons aux traités d*accouchement pour tous les détails dans lesquels nous ne pouvons entrer sur la givssesse et ses signes^ Y accouchement f son mécanisme, les diverses présentations du fœtus ^ la délivrance, les wites de couches. Nous avons vu naître l'enfant, cela suffit à notre sujet ; nous n'avons plus qu'à le suivre dans le cours de sa vie.

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