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CHAPITRE IV

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Reprenons la suite des idées du chapitre second, incidemmenti»* terrompue par le chapitre précédent. Nous avons vu Thomme se former, nattre, et poursuivre sa carrière à travers les âges, qui sont d'abord un développement, et sont bientôt un déclin. L'homme ne nait que pour mourir* et sa vie sur cette terre ne dure qu'un temps. Quelle est cette durée T c'est ce que nous devons nous demander maintenant» Question d'inquiétude et de soucis pour l'espèce humaine, ou tout au moins de préoccupations dont Aristote se faisait l'écho de son temps, et que l'on peut retrouver dans un ouvrage récent de M. Flourens {De la longévité, in-12, 185^).

Il y a dans ce sujet de la durée de la vie deux questions très différentes, Tune de fait et l'autre de cause. L'homme meurt et sa vie n'a qu'un temps : quelle est la durée de ce temps? voilà une question de fait. Eh second lieu, pourquoi meurt-il à tel âge ou à tel autre? pourquoi sa vie n'a-t-elle que tant de durée? voilà une question de cause. Mais cette dernière n'est en réalité que cette autre : pourquoi l'homme meurt-il ? Nous l'examinerons au chapitre-suivant. Ici, sur le fait môme de la durée vitale, nous poserons et examinerons quatre questions : 1° Y a-t-il un terme précis dans l'espèce humaine à la durée de la vie ? 2^ Quelle est la durée commune, et la mortalité aux différents ftges? 3"" Quelle peut. être la durée extrême» ou la longévité? V* Quelles sont les causes delà longévité.

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de te vie f — Telle est la pren^ière question à examiner et sur laquelle des auteurs se sont déjà prononcés.

Chaque espèce animale a une durée de vie. Aristote avait marqué cette vérité reconnue de tout temps {De long, et brev. vit., cap. n). H est vrai également que les divers individus de la même espèce n'ont pas absolument la même durée de vie, les uns meurent plutôt que les autres : cependant les naturalistes ont cherché si cette durée n'avait pas un terme marqué dans chaque espèce animale et dans l'homme.

Buftbn, le premier, calcula le terme ordinaire de la vie, et marqua un rapport entre la durée de l'existence et la durée de la croissahce. « La durée totale de la vie, dit-il, peut se mesurer en quelque façon » parcelle de l'accroissement : un arbre ou un animal qui prend

» en peu de temps tout son accroissement, périt beaucoup plus tôt » qu'un autre auquel il faut plus de temps pour croître. Dans les » animaux, comme dans tes végétaux, Taccroissement en hauteur » est celui qui est achevé le premier : un chêne cesse de grandir » longtemps avant qu'il cesse de grossir. L'homme croit en hauteur » jusqu'à seize ou dix-huit ans, et cependant le développement en- » tier de toutes les parties de son corps en grosseur n'est achevé » qu'à trente ans ; les chiens prennent en moins d'un an leur ac- » croisscment en longueur, et ce n'est que dans la seconde année » qu'ils achèvent de prendre leur grosseur. L'homme, qui est trente )) ans à croître, vit quatre-vingt-dix ou cent ans ; le chien, qui ne » croit que pendant deux ou trois ans, ne vit aussi que dix à douze 0 ans; il en est de même de la plupart des autres animaux. Les » poissons, qui ne cessent de croître qu'au bout d'un très grand » nombre d'années, vivent des siècles, et, comme nous l'avons déjà » insinué, cette longue durée de leur vie doit dépendre de la con- » stitution particulière de leurs arêtes, qui ne prennent jamais an- » tant de solidité que les os des animaux terrestres. » (Htst. nat. :De l'homme^ de la vieillesse et de la mort,)

On n'a pas voulu s'en tenir à la durée de l'accroissement pour mesurer celle de la vie, et Tourtelle résume ainsi diverses circonstances dont il faut tenir compte : « Les observations nous oon- » duisent aux résultats suivants : -^ 1*> La durée de la vie est en » raison directe du temps que l'animal reste dans le sein de sa '» mère ou dans Tœuf : l'éléphant, dont la femelle porte près de trois » ans, est l'animât qui vit le plus longtemps; le cerf, le taureau, le » chien, etc., qui ne restent que quelques mois dans le ventre de » leur mére,'Vivent moins. — 2* La dorée de la' vie est en raison de » la lenteur de l'accroissement, et en raison inverse de la prompti- » tude avec laquelle l'animal se propage. Le cheval, râne, le tae- » reau sont pubères et peuvent se reproduire à trois ou quatre ans; » les deux premiers ne parviennent qu'à la vingt-cinquième ou k la » trentième année, et l'autre à la quinzième ou à la vingtième. La » brebis peut être mère à deux ans, et ne vit au plus que deux » histres. — 3° Toutes les bêtes à cornes vivent, en général, moins » longtemps que celles qui n'en ont pas. — fi" Les animaux qui ont » la chair noire vivent davantage que ceux qui l'ont blanche. — » ^^ Ceux qui sont paisibles et timides n'ont pas une vie aussi longue » que les animaux courageux et irascibles. — Ô"" Les animaux qui » sont très couverts, tels que les oiseaux, vivent le plus longtemps. » Il en est de même de l'éléphant, du rhinocéros, du crocodile, qui

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