‹ Physiologie généraleChapitre 90 sur 107 · DE L\ DURÉE DE LA VIE · texte numérisé non relu

DE L\ DURÉE DE LA VIE

» ont la peautrès.dure, et des poissons à écailles. ,— V L'espèce de » mouvement que prennent les animaux parait avoir aussi quelque » influence sur leur vie : lacojursene semble p^s lui é|re.favQ|^a))le ; » mais la natation et le vol sont aUiContr^ir^e très avantageux à sa A durée. — 8° La ténacité de leur vie est en raison de \a sinjiplicité » de l'organisation : les «oophytes, .qui,, sont topt estoi^fiao, sont en » quelque sorte indestructibles» — £|^ Lps anima qx à Sfing froid ont » plus de ténacité que ceux qui ont le sang chaud. En .général, les » animaux aquatiques vivent plus que ceux qui respirent. — 10° Les » animaux dans lesquels existe la faculté de reproduire de nou- 2> veaux organes vivent plus que les autres : les zoopbytes, les vers, » les amphibies, en un mot, tous lès animaux, à sang froid et sans » cartilages, en fournissent une multitude prodigieux d'exemples. » Le changement d'écaillés, dans les poissons, de peaux chez les ser- » pents, les grenouilles, les procodilesi etc., de plumes et (Je bec » dans les oiseaux, leur procurent le même avantage. Plus le re- » nouvellement est parfait, plus la vie est Jongue à proportion. » (Traité d* hygiène, chap, iv.) L'auteur paraît indiquer toutes ces circonstances comme des causes, mais il. est bien évident que ce, ne sont là que des rapporta,,

Pour ce qui est de l'IuHnme, il aj()ute : ^< Les deux premiers ré^iul- » tats annoncés plus haut souffrent peu d!exceplions, et sont en gêné* » rai applicables à toutes les espèces d'animaux, même à l'homme. » Celui-ci reste neuf mois dans le sein desa mère, et son accroissement » dure vingt et un h vingt-trois ans ; aussi ne vit-il que la moitié » de l'éléphant, qui reste trois ans dans leiii flancs maternels,. e\ qui » croH durant trente années après en é<ire sorti. — Le terme de la )) vie humaine est de 90 ou 100 ans. Cependant nous avons desexem- » pies récents qui font penser qu'il est dans l'homme une source de » vie plus longue qu«i la. vie ordinaire. On a. vu dans ce siècU) des » vieillards de 120, 150, et mémel85 ans; et si cela arrive rarement, » il faut bien moins en accusrer la décrépitude de notre nature que » nos mœurs dépravées. » {Ibid,)

On ne peut disconvenir que tous ces rapprocbementiS sont fort ingénieux ; mais, d'un autre côté, il est bien certain qu'ils laissent beaucoup à désirer. Si, par exemple,. )e rapport eqtre la durée de la vie fœtale et la durée de la vie existe, ainsi qu'on le dit, comment l'homme, qui reste neuf nK)is dans l'utérus, pendant que l'éléphant y reste trois ans, c/est-à-dire quatre fois autant, ne vit-il que la moitié de la vie de l'éléphant? Si, d'un autre côté, la durée de la vie de ri&orome est de cent ansi, pourquoi quelques hommes ont-ils

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vécu jusqu'à deux cents nns et même plus : les uns et les autres n'ont eu cependant que neuf mois de vie intra-utérine?

M. Flourens a repris ce sujet dans ces derniers temps, et cherché un rapport plus eiact que ceux qu'on avait indiqués {De la iongé^ vite humaine).

a Tout, dit-ii, dans l'économie animale est soumis à des lois fixes.

x> Chaque espèce a sa taille distincte : le chat et le tigre sont deux espèces très voisines, très semblables par leur organisation tout entière; cependant le chat garde toujours sa taille de chat, el le tigre sa taille de tigre.

» Chaque espèce a sa durée déterminée de gestation. Dans Tespèce du lapin, la gestation dure trente jours; dans celle du ooclion d'Inde, soixante ; la chatte porte cinquante^x jours ; la chienne soixante-quatre; la lionne cent huit, etc., etc.

» Nous verrons tout à l'heure que chaque espèce a sa durée d'accroissement.

» Comment donc, si toutes ces choses, la taille, la gestation, l'accroissement , etc. , ont leur durée réglée et marquée, la vie n'aurait-elle paà aussi la sienne.

» La durée totale de la vie, avait dit Buffon, peut se mesurer eo quelque façon par celle du temps de l'accroissement Y

» Le vrai problème, le problème physiologique est posé ; il s'agit de savoir combien de fois la durée de ^accroissement se trouve comprise dans la durée de la vie. Une seule chose manque à Buffon, c'est d'avoir connu le signe certain qui marque le terme de l'accroissement (en longueur).

» Je trouve ce^signe dans la réunion des os à leurs épipliyses.

» Elle se fait dans le chameau à huit ans, dans le eheval à cinq , dans le bœuf à quatre, dans le lion à quatre, dans le chien à deux, dans le chat à dix-huit roois^ dans le lapin à douze, dans le codion d'Inde a sept, etc.

» Or, llionmie vit quatre-vingt-dix ou cent ans; le chameau en vit quarante, le cheval vingt -cinq, le bœuf de quinze à vingt; le lion vit environ vingt ans, le chien de dix à douze , le chat de neuf à dix ; le lapin vit huit ans, le cochon d*lnde de six à sept, etc.

» Le rapport indiqué par Buffon touchait donc de bien près au rapport réel. Buffon dit que chaque animal vit à peu près six ou sept fois autant de temps qu'il en met à cnAite. Le rapport réel supposé était donc 6 ou 7, et le rapport réel est 5 ou à peu près.

» L'homme est vingt ans à croître, et il vit cinq fois vingt ans» c'est-à-dire cent ans ; le chameau est huit ans àcroltre, H il vit cinq

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fois huit ans, c'est-à-dire quarante ans ; le cheval est cinq ans à croître, el il, vit cmq fois cinq ans, c'est-à-dire vingt-cinq ans; et ainsi des autres.

» Nous avons donc enfin un caractère prééis, et qui nous donne d'une manière sûre la durée de l'accroissement; la durée de l'accroissement nous donne la durée de la vie. Tous les phénomène^ de la vie ticDiient les uns aux autres par une chaîne de rapports suivis : la durée de la vie est donnée par la durée de raccroissement ; la durée de Taccroissément est donnée par la durée de la gestation; la durée de la gestation par la grandeur dé ]i taille, etc., etc. Plus l'animal est grand, plus la gestation se prolonge. ^

M. FloureM «loeRe daiis l'art, si diNMie, de rendre clair ce qui est obscur ; et il présente ici la sdefice avec tant de simplicité et de netteté, qu'elle apparaît sans ombres. Hais il faut quelquefois se défier as la clarté même. Safis aucun doute, les rapports que le oélèbre physiologiste nous indique, ont, dans leur ensemble, une apparence dé précision évidente; et je ne conteste pas que comirhe esprit général selon lequel on doit considérer la physiologie comparée, ce ne soit un point scientifique décidé. Cependant, dans le particulier, il fiiut faire des réserves, et nos objections de tout à l'heure revienbent aussi puissantes «t aussi peu résolues.

Admettons que la croissance de l'homme soit arrêtée à vingt ans, au moment de la soudure des épipbyses au corps des os ; admettons, dis-je, car ce n'est là qu'un des caractères de l'accroissement, et en réalité l'homme croit jusqu'à trente ans, que beaucoup de jeuiies gens n'acquièrent leur taille définitive que vers cet âge, mais enfin admettons ce caractère. Sans doute il est le même pour tous. Pourquoi donc cependant les uns sont^ils vieux à soixante-dix ans, et les autres ont-ils prolongé leur carrière jusqu'à cent cinquante on même deux cents ans, ou même plus?

M. Flourens admet les cas de longévité extrême con^gnés dans la Genèse ; il se range à l'opinion de< Haller et Buftm, qui admettent tous deux la possibilité des longues vies d'avant le déluge ». Or, ou le rapport indiqué par M. Flourens n'est pas exact ; ou bien la période d'accroissement se prolonge plus chez les uns que chee les autres; elle se termine à vingt ans pour ceux qui peuvent vivre cent ans, à quarante ans pour ceux qui peuvent vivre jusqu'à deux cents : elle s'est terminée à sept ans pour ceux qui ont vécu cinquante ans. Chez d'autres, au contraire, eHe serait temiinée beaucoup plus têt ; et tel aurait dû être le cas du nain Bébé, qui mounH

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à vingt-trois ans, avec les signes d'une extrême vieillesse : chez lui raccroissement aurait dû être terminé vers cinq ans^ et la puberté aurait dû paraître vers trois ans I Quod est demonstrandum!

On voit qu'il y a encore un point à décider, c'est de savoir si l'homme dont la longévité est prolongée n'attdnl;.$a croissance qu*à un temps postérieur au temps ordinaire^ On peut citer un fait en faveur de cette hypothèse : « Le nommé Delahaye, mort à, cent vingt ans, avait parcouru à pied les Indes» la Chine, la Perse et l'Egypte; il n'était devenu parfaitement pubère, dit-on, qu'à cinquante ans, et marié à soixante et dix ans, il avait eu cinq enfants. » Mais ce n'est là qu'un fait

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