‹ Physiologie généraleChapitre 92 sur 107 · M LA DUBBB DE LÀ VIE · texte numérisé non relu

M LA DUBBB DE LÀ VIE

Jean Effiogham, âgé de 163 ans, dans le comté de Gomouailles, mort Tan 1757.

Evan Williams, âgé de 165 ans, à CœmeLTihon {General Gazetteer, du 12 octobre 1782).

Christ. J. Drakeoberg, âgé de 166 ans, en Norvège, mort le 2&juin 1770 {Annual RegUter).

Le colonel Thomas Winslow, mort à 166 fins, en Irlande, le 26 août 1766.

Francis Consista âgé de 150 ans, dans le Yorkskire, mort en janvier

Thomas Parre, âgé de 152 ans, né dans le Shropshire, mort le \k novembre 1635, Qt qui fut disséqué par G. Harvey {Philos. Trans.y n- 66).

James Bowels» âgé de 152 ans, né à Killingworth, mort le 25 juin

Plusieurs Caraïbes auraient vécu un siècle et demi (de Rochefort, Hist. des îles Antilles, p. 558).

Pigafetta otte des vieillards de 160 ans, au Brésil, où la vie parait fort longue (Piso, Medic. Brasil,, liv. I, p. 6).

On nomme des paysans suédois parvenus à 156 ou 157 ans.

Joseph Surrington, âgé de 160 ans, mort en Norvège, près de Bergen, en 1797 (Hufeland, Art de prolimger ta vie, p. 87).

Henri Jenkins, âgé de 169 ans, dans le Yorkshire, mort le 8 décembre 1670 {Philos. Trans., n* 2J1).

LouisaTruxo, négresse du Tucuman, dans l'Amérique méridionale, mourut âgée, dit-on, de 175 ans {Lonion Chranicle du 5 octobre 1780).

Hanow, professeur à Dantzig, cite des habitants du banat de Temeswar, âgés de 172, 175, 186^ et même 190 ans.

Un vieillard cité par Martin avait 180 ans {Irons, philos.^ n"" 233)»

Pierre Czartan, et Tévéque de Kentigern, cité par Cbeyne, auraient vécu 185 ans.

Hufeland est persuadé, dit Virey, que la vie peut s'étendre à deux siècles; et M. Fiourens, dans son ouvrage sur la longévité, dit : c Un siècle de vie normale^ et jusqu'à deux siècles de vie ex" trime. »

On connaît les faits de longévité avant le déluge, rapportés dans la Genèse. Des faits irrécusables, admis par Haller, [Bufion et M . Flourens, montrent tout à la fois» et que la durée ordinaire de la vie a diminué depuis oes temps anciens, et que sa prolongation jusqu'à deux siècles est fort possible. Mais il y a des conditions dont

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i likul tenU' compte, et toates dioses résenréas, la dorée de la x\e d'un homme est aa problèma

IV. 0M cMUM dto toBfféirité. — Oui, il est certain que la darée de la vie humaine reste un problème, même après tous les travaux auxquels elle a donné Heu. On s'est évertué à chercher quelles sont les causes qui peuvent augmenter cette durée : on en a trouvé quelques-unes, générales, plus ou moins vraies, et d'autres très certaines ; mais la question n'en est pas plus avancée. Sur ce point comme sur beaucoup d'autres^ Dieu s'est réservé la 'haute main, et ses déeisions déconcertent toujours ce que nous appelons notre science et notre sagesse. Cependant on peut aussi considérer la vie tout entière comme un grand acte dont la terminaison dépend des eauses Anales ; et Ton pourrait appliquer ce que nous avons dit aa livre II, chap. iv, § 5.

C'est à l'hygiène que revient le soin d'étudier les diverses Influences qui peuvent allonger ou abréger la vie : nous le lui réservons entier. Toutefois nous devons dire un mot des causes les plus générales :

l"" Les femmes plus que les hommes arrivent à être nonagénaires; de là l'adage que leur vie est plus durable. Cependant les hommes paraissent arriver plus qu'elles à une longévité ettrôme, et c'est parmi eux surtout que l'on rencontre ces cas extraordinaires d^'une vie qui se prolonge à un siècle et demi et au delà. A la puberté, la mortalité est plus grande chez les tilles que chez tes garçons. La grossesse et l^coouchement ne paraissent pas exercer d'influence décisive. Le nombre des veufs est généralement moins considérable que celui des veuves.

2^ « La race, dit Burdach, exerce incontestablement une grande » influence... » « La race caucasique paratt avoir une plus longue » durée de vie que les races mongole et malaise, » dit Virey. Il est certain qu'il y a des familles dans lesquelles la vie se prolonge davantage, et d'autres dans lesquelles on meurt jeune Si , en effet, comme nous Tavons montré, la vie est un grand acte qui s'accom* plit sous linfluence générale de la cause séminale, il paratt Uen naturel que, puisque cette cause diflère en puissance suivant les individus el les Âimilles, elle donne une longévité plus ou moins grande.

3* La manière de vivre est certainement pour quelque diose dans la longévité; tous les auteurs sont d'accord snr ce point M. Flounos, qui oavre à Thomme « de grandes espérances : un siècle de

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» vie normale^ et jusqu'à deux siècles de vie exirtme », ajoute : a et » toiitcela à une seule oondition, mats qui esl rigoureuse : celle d'une » bonne conduite, d'une existence toujours occupée, de travail, de » rétude ; de la modération , de la sobriété en toutes choses. »

L'al^sence des passions vives, des diagrins, des sentiments vifs, est une principale condition ; on connaît le proveii>e : Pour vivre longtemps, il faut bon estomac et mauvais cœur, a On a remarqué, » ditVirey, que les fous, les imbéciles, ou du moins ceux qui vivent » sans soucis, et dont le caractère ne prend aucune inquiétude, » poussaient plus avant leur carrière que les autres hommes; de là » vient qu'en général^ les personnes gaies, comme les sanguins, » passent pour vivaoes. Des hommes célèbres, même par leur esprit » ou. leurs connaiaaaBces, ont dû une très longue vie à cette ab* » senoe de chagrins, à ces habitudes toujours joviales. Guillaume » Posteli homme trèsérudit, mais dont l'esprit était un peu aliéné, » véeut plus d'uB siàola L'enjoué Fonteu^ile; Duvemey, savant » anatomiste; le président Hénault, Pont de Veyie, l'Espagnol Mo- » raies, Scipion Mafiei, mademoiselle Scudéri, Grébillon, Tanato* » misle TèDon, etc. , vécurent longuement. Ils eurent un caractère » asseï gai, oa du moins toujours égal, porté aux affections douces » et agréable». » {Ariiele cité. )

« De là résulte, dit le même auteur; que la vie philosophique pro* » longe souvent la durée de Texistence, et que celle-ci n'est nul* » lement incompatible avec les travaux de Tesprit^ quand ils ne » sont pus excessifs. Ainsi, Numa, Selon, Sophocle, Pindare, Ana* » créon , Xénophon , Philolaûs ,- devinrent octogénaires. Platon x> mourut à 81 ans; Protagorasd'Abdère, Diogène le Cynique, à 1^0 ; » Zenon de Gittium, Isoorate, à 9H; le grammairien Orbilius, du » tempsdeCicéroD, àiOOans; Hîppocrateà4Qft, XéDophaiieài02, » Démocrite à 409, et Gorgifs à 108; Epiménide à 157, si l'on en 3» croit l'histoire, qui prétend aussi que ce philosophe dormit peu* j» dant cinquante^sept ans dans une .carrière (c'est-à-dire, se retira » du monde). Bfolse vécut 120 ans. Tous furent des hommes d'un » esprit élevé ou d'une trempe ferme de caractère. » Bien entendu qu'il y a des exceptions parmi les philosophes, comme Pascal, mort à trente-neuf ans; Montaigne, De^cartes, Montesquieu, etc.

Citons encore Vir^y qui, après avoir donné quelques exemples de médecins nonagénaires ou centenaires, comme Rhazès, Avenzoar, Galien, A. Gésalpin, Cb. l'Ecluçe, Fabrice d'Acquapendente, G. Uarvey^ etcw , ajoute :

« Ans»! la plupart des centenaires cités précédemment (à l'ex^

9ûê DB LA TIB BT DK LA MORT.

» cepiion des pbilofiophes) furent des personnagei d'un esprit » simple et ordinaire, des paysans, des soldats, des manouvriers, » qui ne se sont jamais distingués du commun des hommes. Presque » tous ont mené une vie dure, austère, exposée aux intempéries du n etel, ont subi un régime grossier, le plus souvent frugal, ou plutôt » ont enduré la pauvreté et le besoin. C'est par des causes ana- >} logues que les cénobites des monastères du mont Sinaî ou de la » Thébaïde parviennent souvent jusqu'à 100 et 120 ans, que des n cheiks arabes, dans leurs arides déserts, atteignent à une ex- » tréme vieillesse en conservant encore un caractère de beauté » noble et de vigueur. Saint Jean^ saint Jérôme, saint Luc, qui par- » vinrent à un âge aussi avancé, le durent sans doute à leurs jeûnes, » k leurs perpétuelles macérations (1), à leurs contemplations asoé* » tiques, qui les détachaient des soucis terrestroç. 11 en fot de niéma » de saint Antoine, de saint Paul^ ermites, qui moururent plus que » centenaires , comme plusieui*s autres pieux anachorètes, qui se » traitaient d*une manière presque sauvage dans leurs austérités in* » croyables, au milieu des plusstériles solitudes, aii^si que saint Pd^ » carpe martyrisé à plus de cent ans, et Simon Gléophas, évéque » de Jérusalem, à cent vingt ans. La secte des esséniens, sorte de V» philosophes juifs, dont le genre de vie se rapprochait beaucoup » des pythagoriciens, a fourni un grand nombre de centenaires. Les » chartreux, les capucins, les moines, qui se nourrissent habituel- » lement de poisson, qui suivent un genre de vie très réglée très » uniforme, végètent si longuement, qu'ils parviennent enfin à une a carrière plus avancée que tous les autres. Un individu qui n'avait » vécu que de lait, atteignit ainsi cent vingt ans. Ce sont des exeni- » pies de plus à joindre à Gomaro, dont la diète perpétuelle et les » soins minutieux pour se garantir de toute incommodité attestent » que les individus délicats peuvent, par ce moyen, fournir une x> longue carrière. Sur la fci de sa vie, il Esisait trois repaa d'un » jaune d'œuf, tant il ménagent ses facultés digestives. Aussi » Cbeyne {De infirmonan sanitate /uenria, cap. vu, p. 226) recoin- » mande, pour régime propre aux vieillarAt caducs, des aliments

» liquides ^ de facile digestion

n Lancisi assure que le tiers des cardinaux parvient à pins de » quatre-vingts ans* et de noire temps noua avons vu aller iàern au

(1^ n y a cependiat «n certaîa nooibre é^taiÊllM^wtwmiwmÊmiBk&t lo^s jeânes «i de grandes maeénlMt, et qn Mai aïoita daas aa iga pca avaaoé : ^laaçaM d'Asme, MÎato Cathwiae de Simm, etbaiacaïf d%

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M delà les oaivKiiaox de SalU, du-Beiloy, ou plusieurê autres » ecclésiastiques éie\é& en dignité : c'est parce qu'une existence » régulière et modérée, dans une condition assurée ou exempte de » soœis pour la fortune^ surtout cet esprit pacifique et religieux » quK pour ainsi parler, endort mollement dans le sein de la Pro- » videoce, prolonge las jours. Mais ceux/ au contraire, que tour- N mente rambition, ou que de grands soucis travaillent, dureot » moins longtemps. » [Loc. ciL)

Jl y a cependant des exemples de gens qui ont fait abus de toutes choses, du vio, des femmes, des plaisirs, et qui sont arrivés à une longue vieillesse; mais ce sont des exceptions ; et dans ces exceptions mêmes, on a remarqué, chose incroyable \ Tabsence de soucis et de chagrins au milieu des plaisirs el de la débauche.

/|0 On a remarqué que le besoin, le manque de nourriture, les nécessités de la vie, les temps de disette, augmentent la mortalilé ; mais ce n'est pas la privation matérielle elle-même qui produit cet effet, c'est l'état d'anxiété du moral. « Villermé a reconnu, dit Burdach, que la mortalité est àpeu près double, dans les villes habitées par une population nécessiteuse, de ce qu'elle est dans les autres, et que dans les départements riches de la France, elle n'enlève annuellement qu'un homme sur quarante««ix, tandis que dans les pauvres elle prend un sur trente-trois; mais ce n'est pas la pauvreté qui abrège la vie, c'^t seulement le manque d'énergie pour la combattre, et la mauvaise conduite. Il n'est pas rare de voir arriver à un âge avancé des hommes qui n'ont point même leur nourriture assurée, et parmi les vieillards cités précédemment, qui ont poussé très loin leur carrière, il ne s'en trouvait pas un qui fût riche, à peine même un qui eût de l'aisance. » {Phystoi,, t V, p. SMu)

5^ L'influence des climats sur la longévité parait fort contestée. Aristote pensait que la durée de la vie se prolonge davantage dans les pays chauds ; et d'après Pigatetta il en est ainsi, en effet, au Brésil. Toustel, au contraire, croit que « l'espèce humaine vit plus longtemps dans les pays froids que dans les pays chauds » (lœ, cit.). Enfin Burdach tient pour une epinion intermédiaire : a Un cli* mat doux, dit-il, une élévation médiocre du pays, une sécheresse modérée de l'air,, sont en général des circonstances favorables à la longévité. Mais en trouve aussi des exemples d'hommes qui ont vécu fort longtemps, soit dans des pays chauds, soit dans des climats froids, el il parait n'y avoir d'absolument nuisibles que les eailrènies. » [PhymL trad. de l'aHemand sur la V édition. Varis, iSa», t V, p. 390.)

Pour Virey : a Puisque tout «ce qui solidifie et raffermit TorgMisation fai fait persévérer plus longtemps, l'air sec, tia sol élevé en môme aride, offriront donc des conditions très avantageuses pour la longévité. Aussi voyons-nous les contrées exhaussées ou montueuses et sèches, lei terrains exposés àam air vit' et vt^nteux, conserver un plus grand nombre de centenaires et de vieillards, que œs régbna marécageuses, basses et couvertes d*épais brouillards, tels que la Hollande, le Mantouan, etc. » (Loc. ctV.) Il remarque ensuite que la vie se prolonge davantage en Islande, en Finlande, daas les Orcades et les Hébrides, la Norvège, et que les a Écossais et les Anglais sont plus vivaoes que les Français et les Italiens ». Cependant il est incontestable que dans ces pays, l'Islande, la Finlande, rÉcosse, la Norvège, l'Angleterre, les Orcades, ^les Hébrides, les brouillards sont bien plus fréquents et plus épais qu'en France et en Italie.

II faut avouer qu*i1 n'y a, sous toutes ces indications, que des idées vagues et rien de bien assuré. Le plus certain est qu'une vie sobre, laborieuse^ morale, surtout exempte de soucis et de cha^ins, est celle qui se poursuit le plus longtemps. Ici, comme en toutes choses, la morale domine tout. Ce qu'il faut ajouter encore, c'est que la procréation est d'une influence extrême, et que toutes les conditions hygiéniques et morales d'une bonne vie étant remplies, il en résulte une puissance extrême du générateur sur l'engendré. Toutes choses égales d'ailleurs, le mouvement dans son intensité et sa durée est expliqué par l'impulsion première : or, rimpulsion première de la vle^ c*est l'impulsion séminale. C'est un point qu'on n'a peut*être pas assez examiné dans ce sujet, et qui mérite cepen* dant une sérieuse attention. A forces égales, deux couples générateurs étant donnés, l'un d'une hygiène et d'une morale parfaites, l'autre menant une vie de débauches, il sortira du premier des enfants qui ont chance d'une vitalité meilleure et plus prolongée que^ ceux qui seront issus du second. Ce sont les enfants qui payent les dettes de jeunesse de leur p^e, et c'est par des proci^tions abâtardies que lea races dégénèrent et s'éteignent.

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