DB LA MORT
dispositû^ns, far ^1 pe produit pas une seule espèce d'intusoires , iDQis il en a qui lui sont spéciales. Ainsi il y aurait une espèce de duonpignon qu'on ne rencontrerait que sur le sabot des chevaux» une autre sur des papillons nocturnes , une autre sur le cadavre des araignées » une autre sur une chenille des régions tropicales » une autre sur les futailles [Almanach des Normands^ 1862, par MM. Noël, G. Pouchet, Pennetier). Ainsi chaque espèce de corps organique produirait ses infusoires, et aurait par cela môme des dispositions particulières, non d'autres, qui lui appartiendraient eu propre, et qu'elle ne pourrait tenir que de sa nature.
6^ Des conditions où se trouve le corps putrescible. — Le môme corps peut donner des infusoires différents, et il semble que les conditions où il se trouve ont ici une influence. Ainsi le même corps inis dans des vases différents, avec la mémo qualité d'eau, peut donner des espèces différentes dans chacun des vases. La forme du vase, son exposition, l'influence de la lumière ou de la chaleur, la variation de l'air, une substance accessoire qu'on ajoute, peuvent faire varier la génération. M. F. Pouchet rapporte à cet égard plu"> sieurs expériences très curieuses (/oc. cii.^ p. 284 et suiv.}. M. Pasteur lui-même avouait que ses ballons contenant la même matière, présentaient des différences de génération, suivant la hauteur à laquelle il les plaçait dans les caves de l'Observatoire {Acad. des sciences^ 3 septembre 1860}.
Ces conditions ne sont pas elles-mêmes productrices, bien évidemment, puisque, comme nous l'avons vu, c'est le corps organique qui contient l'élément générateur sous des conditions spéciales et multiples. Elles ne sont donc ici que des raisons de développement des diverses dispositions génératrices, et c'est sous leur influence que l'une ou l'autre se développe préférablement à l'exclusion des autres.
V. Be l'éiéHMBC céBénuenr. — Si nous avons bien suivi dans oe qui précède la filiation des faits et des idées, nous sommes arrivés par exclusion, à trouver que l'élément générateur des productions infusoires est la molécule organique , animée pour ainsi dire de dispositions spéciales. Cela n'est pas suffisant, il faut creuser encore le sujet.
Cette molécule organique contient une puissance qui est la clef du mouvement générateur ; nous avons vu que si cette puissance, cette activité émit supprimée pap l'action de la chaleur, la génération n'avait plus lieu. Or, oette activité ne représente ici que. la fin, l'épuisement pour ainsi dire du mouvement communiqué pendant
la vie à la molécule organique ; et de fait la génération qu'il va produire sera très éphémère et n'aura son éclosion que pour avoir une destruction rapide. Il est vrai que certains infusoires ont la vie très longue, surtout quand on peut les garder dans une demi-deasiocation ; mais la molécule organique elle-même peut être conservée tout autant de temps avec ses puissances. En tait donc, la poissance génératrice n*est que la continuation d*un mouvement for^ mateur communiqué par Tactivité vitale à une molécule organique qui en a été détachée.
Mais la disposition qu'elle présente à produire des infusoires, d*où vient-elle? Le mouvement de la molécule organique Ta-t-il contractée à la mort du vivant, et comment cela aurait-il pu se taire, d'où Faurait-il prise, et qui était capable de la lui donner ? Ou bien la tient-il de l'être vivant qui l'avait, et ne s'èst-elle développée qu'à la mort? Nous penchons pour cette dernière solution; mais avant de l'expliquer, nous devons suivre le débat où les savants l'ont porté, dans l'helminthologie pathologique et dans les générations allernantes.
YI. Appel h rheiminthoiogie pathologique. — Ce n'est pas seulement sur le cadavre que l'on observe des productions hétérogènes, c'est aussi sur le corps vivant lui-même : les ascarides, les lombrics, lestrongle, le dragonneau^ la douve, les ténias, les cystoîdes, en sont des exemples. A leur égard, comme pour les productions du cadavre, la même question d'hétérogénie se présente, et nous trou* vous pour eux également une matière putride pathologique comme milieu générateur, une molécule organique active et une disposition productive à leur origine; mais pour eux un fait est important, ç*e$t qu'ils périssent quand le corps vivant qui les porte périt lui-même; ils en sont les parasites, et leur vie dépend manifestement de la sienne. Bien plus, il faut une certaine disposition morbide pour les produire, et ils disparaissent dès que cette disposition disparaît ellemême. En un mot, ils sont bien évidemment une production de la vie qui les porte.
Pallas, comme nous l'avons vu, croyait qu'ils viennent du dehors par des ovules d'animaux, d'insectes, qui nous auraient pénétrés. Mais ils ne ressemblent à aucun des êtres qui vivent indépendants sur terre, dans l'air ou dans les eaux ; et d'un autre côté, h supposer qu'ils nous seraient communiqués par un autre être vivant, il faudrait encore, chez celui-ci ou chez celui qui les a présentés le premier, expliquer leur génération .
IMt LA HOftT. Bkl
Gb. Bonnet pensait qu'ils étaient produits par des germes innés, tenant à notre nature et emboîtés les uns dans les autres depuis le premier homme. A quel état seraient ces germes ? Bonnet les sup* pose tellement microscopiques, que Timagination a peine à les concevoir. Ce qui ne serait pas une objection sérieuse, je TaTOue, parce qu'enfin une chose peut être sans que Tiitiagination la perçoive. D*un autre c6té^ le microscope n'a jamais rien découvert de semblable, ce qui ne serait pas encore une objection radicale, car le microscope peut ne pas être asses puissant, liais chose plus grave, ces germes ne peuvent exister parce qu*ils constitueraient des vita< lités particulières, ayant leur essence propre, au sein d'une vitalité qui est une, et que tout démontre qu'ils ne sont pas des vitalités essentielles créées, mais bien des altérations de la vitalité qui les supporte. On peut admettre que l'activité vitale a des dispositions vicieuses, animales, qui les peuvent produire comme des altérations» des vices de l'acte formateur. On ne saurait leur attribuer des germes réels sans leur accorder une essence indépendante qu'ils n'ont pas.
Bremser, Rudolphi et tous les modernes qui se sont occupés des entozoaires, ont préféré admettre une génération spontanée. Si nous avons bien compris tout ce qui précède, c'est un mot absoljument vide de sens, qui parait dire quelque chose, mais qui en réalité ne dit rien» puisqu'il faut toujours remonter à un corps organisé préexistant, à une puissance initiale antérieure, et à des dispositions acquises.
Ici donc, comme précédemment pour les infusoires, nous arrivons à trouver une disposition initiale d'une activité vivante. Et nous pouvons, nous devons ajouter que cette disposition suit iden* tiquement les mêmes lois que toutes les autres dispositions de l'être, végétatives ou animales, physiques ou morales» normales ou anormales ou pathologiques. Ainsi ces dispositions sont héréditaires et se transmettent par les semences paternelles ou maternelles (où il serait asses difficile, sans doute, de découvrir la collection de germes des entozoaires, des parasites et des infusoires). On voit le fils ayant pour la première fois des ascarides, par exemple, à quarante ans, comme cbeB l'ascendant ; et pendant quarante ans la disposition était restée assoupie. Ou bien un enfant a de la phthiriase jusqu'à sept ans, ou encore n'en a pas, absolument comme ses ascendants. L'un y est disposé, et son seul contact avec un enfant contaminé déjà en produira des milliers; ou bien un autre n'y est pas disposé, et vous aurez beau lui en communiquer, cela ne prendra jamais. Telle
Shk DE LA VIS ET DB LA MORT.
production .d'entozoaire pourra durer tout le temps, de tel âge à tel âge, ou bien disparaître e't céder la place à une autre, absolument comme chez le père ou la mère de Tindividu* En un mot, ces .maladies à formation d'entozoaires suivent absolument les mêmes lois que les autres maladies; la disposition morbide, la disposition parasitique ou disposition normale, sont sous les mêmes règles. Ainsi le montre et en témoigne la pathologie, dont nous ne faisons que résumer ici les enseignements.
En un mot, pour les entozoaires comme pour les infusoires, la production vient des dispositions vitales de l'être vivanL