CHAPITRE IX
et la partie supérieure de la tète, jusqu'aux confins des organes de la vénération et de la fermeté. Spurzheim admettait 35 organes de chaque côté de la tête. Depuis lui, 2 organes nouveaux ont été découverts; total 37. Le masque de Napoléon en présente 27, savoir : dans la région frontale, 16 ; celle inférieure ou latérale ou temporale, 5 ; celle supérieure, 6. M. Dumontier a spécialement signalé comme considérable les organes qui font saisir les détails individuels, la forme, les dimensions, l'étendue, l'espace; ceux qui font juger du nombre, coordonner, classer, celui en vertu duquel on se rappelle les lieux, la situation relative des objets, les événements : les organes du jugement, de l'intelligence proprement dite, et en particulier de la comparaison, ont été surtout indiqués comme prédominants; celui de la causalité est faible, à ce qu'il parait, et celui de l'esprit caustique, de l'esprit de saillie est encore plus faible. Au sommet de la tête, l'organe de la bienveillance et celui de la vénération ont leur plus grand développement; celui de la poésie est aussi très-considérable. Dans la région inférieure, le désir d'avoir est très-visible comme aussi le penchant à se soustraire, à se dissimuler. Tout au contraire, les organes en vertu desquels l'homme tient à la vie et cherche à l'entretenir par l'alimentation sont dans une proportion très-mince. La conclusion de M. Dumoulier est que dans la tète de Napoléon tout révèle la grandeur des pensées et l'élévation du génie; en même temps il admet ce que le précédent commen-
laire avait signalé, c'est-à-dire, une harmonie gracieuse dans l'ensemble, et un tout très-beau sous le point de vue de l'art. (Voyez Courrier français , 24 août 4834.)
Je trouve dans les explications de M. Dumoulier, sur le crâne de Napoléon, un échantillon bien frappant du galimatias prédit par Gall. En voici le pendant que j'emprunte au Moniteur du commerce du 24 juillet 1834, a(in que le lecteur puisse faire la comparaison de ces deux commentaires que je trouve bien propres à ébranler la confiance de ceux qui accordent indistinctement aux phrénologistes une compétence pour expliquer les facultés qui découlent de l'organisme déjà si mal définies par l'inventeur de la phrénologie, leur maître et leur modèle.
« Examen phrénologique de la tête de Napoléon. — Il est malheureux pour tous les systèmes de phrénologie de ne pouvoir rencontrer sur la tète de Napoléon les organes correspondants aux facultés prodigieuses qu'il a déployées pendant sa vie. La Gazette médicale présentée à la séance de ce jour, s'est trompée dans celte élude critique. D'abord elle fait voir que le volume du crâne n'est pas en rapport avec les idées extraordinaires que l'on s'est faites du génie de Napoléon. Déjà une anomalie analogue avait été signalée par Spurzheim à l'égard de Descaries. Voltaire et Raphaël étaient remarquables par l'étroitesse de leur crâne; et s'ils avaient été élevés dans une école phrénologique, on les aurait deslinés à tout autre chose qu'à des œuvres de génie. »