CHAPITRE XXÎtl
(la tète) des élagueurs de populations la rage de la destruction de leur propre espèce , ce ne peut être que par une contradiction avec ses œuvres ; car les productions territoriales du globe sont et seront longtemps plus que suffisantes pour en nourrir les habitants, avant que l'agriculture ait acquis tous ses perfectionnements, et que l'on soit forcé de convertir les arbres de nos forêts en arbres fruitiers. On évalue la population du globe de 6 à 800 millions d'habitants. Le chiffre de la population par mille carré géographique est, en France, 61; en Asie, 27; en Afrique, 10; en Amérique, 3; dans l'Océanie, 1. La population la plus nombreuse et la plus agglomérée que présente le globe est celle de Hambourg, qui forme une masse de 1,302 individus par mille carré. Le Mexique présente l'extrême opposé, car sur chaque mille carré il n'y a que 6 individus. (Voyez Office de publicité, par M. Desertine, 1838.)
M. Charles Dupin estime que la production agricole de la France, sur une surface de 53 millions et demi d'hectares, s'élève à A milliards 500 millions de francs, tandis qu'avec beaucoup moins de travailleurs celle de l'Angleterre, sur une surface de 13 millions d'hectares , s'élève à 6 milliards. (V. le Moniteur de la propriété et de l'agriculture de juin 1837.)
L'on peut conclure de ce peu de renseignements que l'humanité peut se passer long-temps des élagueurs de populations qui seraient tentés de croire qu'ils obéissent à une impulsion naturelle, en dé-
truisant ce qui est, pour des besoins qui ne sont pas et dont l'idée ne peut par conséquent les justifier de leur acharnement sanguinaire.
Une hostilité subite et imprévue peut faire commettre un meurtre à celui qui n'y est pas disposé par son organisation 9 comme le prouve l'exemple suivant, cité p. 58 du 2e tome des Récréations historiques , Paris 1768.
« Une femme lavait un de ses enfants au bord d'une rivière. Un autre de ses enfants jouait à quelque distance, il avait un couteau ouvert dans la main; il tombe sur la pointe, qui lui entre dans la poitrine et lui perce le cœur. La mère y court, elle le trouve mort. Elle se désespère; pendant qu'elle embrasse cet enfant , celui qui était au bord de la rivière glisse et tombe dans l'eau : le courant l'entraîne. La mère, qui s'en aperçoit trop tard, y vole et le trouve noyé. Alors elle perce l'air de ses cris. Le père arrive, et, furieux de la perte de ses deux enfants, s'en prend à leur innocente mère, la frappe avec tant de rage qu'elle tombe morte à ses pieds. Revenu à lui-même, il se regarde comme un monstre, et, devenu son bourreau, se pend à un arbre. »
Dans ce tragique événement, je le demande, quelle autre impulsion plus forte que celle de l'organe de la philogénésie fut cause du meurtre de la mère, et quelle autre impulsion que celle de l'horreur du meurtre et par conséquent de l'absence de son prétendu organe détermina le suicide du père? Gela ne