‹ Physiologie intellectuelleChapitre 17 sur 298 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

convolutions du cerveau où ils se voient; mais il veut qu'ils soient considérés dans leur ensemble, depuis leur origine jusqu'à leur fin, c'est-à-dire, au dehors comme au dedans du cerveau.

Gall admet d'ailleurs, comme Bichat, la distinction très-fondée entre la vie animale et la vie organique. Mais il conviendrait peut-être mieux d'appeler cette dernière vie végétative, pour la distinguer de la première, qui a aussi ses organes particuliers sans lesquels l'homme, au milieu de tous les objets qui l'entourent, serait isolé et sans relation active avec eux, absolument dans la même condition que la plante, dont l'état est passif pour tout ce qui ne Ta pas pénétrée. La vie végétative ou organique est sous l'empire de la spontanéité, et peu ou point sous celui de la volonté. Les nerfs qui y président n'ont point de rapport direct avec le cerveau : ainsi la digestion, la respiration , la circulation, la nutrition, la sécrétion de la bile, des urines, etc., sont des fonctions de la vie végétative; et leurs organes agissent indépendamment de notre conscience et de notre volonté. Au contraire, les organes de la vie animale ou intellective qu'on peut aussi appeler vie de relation, quoique doués aussi de la spontanéité, dépendent néanmoins plus particulièrement de la volonté, et tiennent ainsi que le mouvement volontaire aux fonctions du cerveau, qui est le point central de leur activité.

il se présente ici une objection spécieuse, que Gall croit néanmoins beaucoup plus propre à con-

firmer sa doctrine qu'elle ne lui est contraire. S'il fallait, dit-on, rapporter la différence de l'intelligence des hommes à la différence de leurs dispositions naturelles, et non à la seule éducation, les hommes sauvages que l'on trouve quelquefois, dans les forêts, ne seraient pas dans un abrutissement si complet, et tel à peu près que celui des animaux parmi lesquels ils ont vécu, au point qu'en les retirant de leurs forêts, leur éducation ne réussit plus.

Gall a eu occasion, comme médecin de l'institut des Sourds-Muets de Vienne, de voir et d'examiner plusieurs de ces prétendus sauvages que l'on avait amenés à cet établissement. 11 leur a trouvé à tous la conformation du crâne très-vicieuse, et telle à peu près que l'a observée M. Pinel dans son Traité mé dico-philosophique sur l'aliénation mentale, au sujet de ceux qui étaient atteints de l'idiotisme le plus complet; ce qui rend probable, ou plutôt démontre évidemment, que ces enfants étaient devenus sauvages par suite de leur organisation , n'ayant pas eu assez d'intelligence pour se retrouver après avoir été égarés, ou peut-être exposés par des parents désespérés de leur nullité onéreuse, ou bien s'étant évadés d'eux-mêmes pour se soustraire à la gêne d'une éducation aussi pénible qu'infructueuse. li en a donc été de ceci comme de tant d'autres choses : en prenant la cause pour l'effet, leur nullité intellectuelle, d'où venait leur vie sauvage, a été considérée comme le résultat de cette vie. S'il en était autrement, pour-

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