‹ Physiologie intellectuelleChapitre 18 sur 298 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

quoi n'a-t-on jamais trouvé, dans les forêts, de parents aussi sauvages, à ces infortunés, quoiqu'il soit de toute évidence, même pour le bon sens le plus commun, qu'immédiatement et assez long-temps après leur naissance, ils n'auraient pu pourvoira leur nourriture , ni se défendre contre la voracité des autres animaux, ni même résister aux injures de l'air? D'ailleurs, comment auraient fait les premiers hommes, avec une pareille organisation, pour sortir de l'état sauvage? serait-ce aussi l'éducation qui les en aurait tirés? Gall raconte qu'un jour on apporta à l'hospice dont il était médecin, une femme muette, toute paralysée d'un côté, laquelle on avait aussi trouvée au milieu des bois comme sauvage. Cette femme ne pouvait faire aucun mouvement, ni même sortir seule de la position où elle se trouvait, une fois placée. Comment aurait-elle fait pour vivre jusqu'à cet âge, si elle eut été réellement sauvage? quels animaux assez tendres ou assez pitoyables, lui auraient apporté son pain quotidien, si elle n'eût été exposée et abandonnée par quelque malheureuse famille à laquelle elle avait fini par être trop à charge? Jgnore-t-on que, dans les familles nombreuses, il y a souvent un sujet né pour le malheur de tous les autres , tant ses dispositions naturelles sont nulles ou vicieuses? Il faut donc ranger^ les hommes sauvages dans la même catégorie que les hommes marins d'autrefois, qui se péchaient dans toutes les mers et les grandes rivières, et dont la race sortie de la nuit des préjugés, et de la vase de

l'ignorance, s'est enfin perdue ainsi que celle des sorciers dès que la philosophie a voulu en connaître la nature.

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