‹ Physiologie intellectuelleChapitre 190 sur 298 · CHAPITRE XXXVir · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVir

conservent pas : il y joignit deux verres, deux tasses, des assiettes , une table et deux chaises. Après un peu de peine, Péters parvint à savoir préparer la table hors de la hutte, à mettre la nappe , c'est-à-dire la couvrir de larges feuilles de bananier, à placer deux chaises en face l'une de l'autre, l'une pour lui et l'autre pour son hôte, à orner la table de fleurs et de feuilles fraîches, et à arranger avec une espèce de symétrie les fruits, les sucreries et les petits gâteaux qui lui étaient apportés. Il avait tant d'intelligence et d'adresse pour couper les tartines et les couvrir de beurre qu'il eût pu défier la plus habile ménagère. Ces scènes amusantes se répétaient chaque jour sans ennuyer l'observateur, qui prenait le plus vif intérêt au progrès de cet instinct animal. Mais il eut bientôt la douleur de trouver Péters enlacé dans les replis d'un gros serpent de Java de huit à neuf pieds de long, dont il le débarrassa au moyen d'un pistolet à deux coups qu'il portait toujours sur lui, avec lequel il F étendit après le second coup. Le singe, ayant perdu beaucoup de sang par ses blessures, succomba un peu plus tard, malgré les soins qu'il reçut de son hôte.

Les observations faites sur Péters sont rapportées avec plus de détails dans la traduction de H. Sousirus, p. 138 et suiv. du 1er vol. du Musée des familles, 1833, 1834.

Ces traits merveilleux de l'intelligence des singes, qui les rapprochent des races d'hommes les plus grossières, seraient incroyables, si l'on n'en avait

pas vu en quelque sorte la répétition dans d'autres singes, entre autres dans un orang-outang du Jardin-des-Plantes à Paris.

Le crâne des Caraïbes, renflé sur les côtés, est aplati et comme tronqué en devant, où, selon Gall , siègent tous les organes de l'induction philosophique et celui de la bonhomie, puis se relève par le développement de celui de la théosophie : de là leur cruauté, leur stupidité et leur superstition.

Selon Blumenbach , dont l'ouvrage (De generis humani varietate nalivà) a été traduit en français, sur la troisième édition, par le docteur Chardel, et analysé, en 1807, dans la Bibliothèque médicale, et d'au ires journaux de médecine: voici quelle serait la division du genre humain, avec ses principales variétés.

1. Variété caucasienne ou européenne. Elle est répandue dans l'Europe, et une grande partie de l'Asie occidentale. Voici ses principaux caractères : taille moyenne, bien proportionnée et charnue; couleur blanche, joues rosées, pommettes peu renflées, cheveux longs, ordinairement bruns ou blonds; visage droit et ovale dans le sens vertical , traits peu saillants, nez étroit, légèrement arqué ou bossue; lèvres molles, minces et souples; menton plein et rond, bord alvéolaire bien arrondi , dents incisives implantées perpendiculairement, arcades sourcilières à fleur de tête, ainsi que les yeux ordinairement bleus ou bruns; front large, uni et élevé perpendiculairement ou saillant, crâne presque rond d'ailleurs et spacieux. Cette race d'hommes, la plus

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