‹ Physiologie intellectuelleChapitre 20 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

du cerveau, font cesser l'influence de la volonté sur les parties placées au-dessous du point lésé, et déterminent leur paralysie , qui cesse ensuite par la guérison de la moelle épinière. Lorsque les accidents et les maladies du cerveau cessent, le retour du sentiment et de la pensée a lieu à l'instant. La ligature d'un nerf qui communique au cerveau, détruit le sentiment dans la partie située au-dessous de la ligature. Selon Loder (Programma de lumore scirrhoso) une pression à l'origine du nerf olfactif détruit l'odorat; selon Haller (Elemenla physiologiœ) et Morgagni (De sedibus et cansis morborum), la même cause agissant sur le nerf optique, produit le même effet sur la vue; et Lapeyronie rapporte dans les Mémoires de l'Académie de chirurgie (tome I, part, n, p. 166), qu'une cécité causée par un épanchement de pus à la suite d'une blessure qui avait pénétré jusqu'aux corps calleux dans le voisinage des nerfs optiques, cessait chaque fois par l'évacuation du pus. Il résuite des Recherches expérimentales sur les propriétés et les fondions du système nerveux dans les animaux vertébrés , publiées en 1842, par M. Flourens , 2e édition, que la partie la plus essentielle de l'audition réside dans le limaçon qui forme l'oreille interne : d'après les expériences consignées dans ce même ouvrage , expériences d'autant plus concluantes que M. Flourens a cherché à isoler les phénomènes en isolant les organes, il faudrait admettre que les nerfs, la moelle épinière, la moelle allongée, les tubercules bi- ou quadri-ju-

nteaux excitent seuls immédiatement l'aetion musculaire; <jue les lobes cérébraux se bornent à vouloir et ne l'excitent pas: que dans la moelle épinière même, les parties qui excitent le mouvement ne sont pas celles qui produisent la sensibilité ; qu'ainsi il y a dans le système nerveux trois propriétés essentiellement distinctes : l'une de percevoir et de vouloir, c'est V intelligence; l'autre de recevoir et de transmettre les impressions, c'est la sensibilité ; enfin la troisième d'exciter immédiatement la contraction ou l'action musculaire, c'est l'excitabilité. Selon Helvetius (De l'Esprit), sentir suffirait à l'explication de tous les phénomènes de l'intellect, philosophiquement parlant', et physiologiquement, d'après M. FIourens, il y aurait dant le système nerveux trois propriétés distinctes, l'une de percevoir et vouloir, l'autre de sentir, et la troisième de mouvoir-, ce qui prouve encore que percevoir, sentir et mouvoir ont des organes distincts et essentiellement différents, c'est qu'après l'amputation d'un membre, le sentiment delà douleur qu'il causait, subsiste encore; il est même irrésistiblement rapporté au membre amputé par ceux qui l'éprouvent; ce qui ne peut venir que d'une affection ou d'une modification des fibres du cerveau, analogue à celle qu'y produisait le membre malade avant l'amputation.

En parcourant la chaîne des divers animaux depuis les acéphales jusqu'à l'homme, l'on trouve que les facultés de l'entendement sont toujours en raison directe de la substance cérébrale, sauf quelques

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