‹ Physiologie intellectuelleChapitre 21 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

modifications particulières, insuffisantes même pour faire exception; et que, si l'homme a beaucoup plus de cervelle qu'aucun autre, c'est aussi lui qui réunit le plus de facultés et qui présente la collection imposante de toutes celles que l'on ne retrouve qu'éparses, ou tronquées dans l'ensemble des classes inférieures en général, bien que des organes spéciaux ou des rendements particuliers puissent être aussi ou plus développés et donner à leur cervelle une masse ou un poids égal et supérieur à celui de l'homme, comme dans l'éléphant.

Les différences qui paraissent ne pas résulter directement du volume du cerveau, Gall les attribue à des circonvolutions plus variées et plus nombreuses de sa substance, à la prédominance de certaines parties cérébrales ou de certains nerfs sur d'autres, ou à un défaut d'analogie et de point de contact pour établir la comparaison entre des animaux de mœurs très-opposées. Il prétend qu'en analysant le cerveau de tous les animaux pris ensemble, l'on n'en pourrait recomposer un cerveau humain, parce qu'il y a des facultés, telles que la théosophie, l'aptitude aux mathématiques, etc., qui lui sont exclusivement propres. Ce point de sa doctrine, à l'appui duquel il cite un grand nombre de changements que les anomalies et les altérations du cerveau produisent dans les facultés intellectuelles, est en tout conforme aux leçons des meilleurs physiologistes. Cependant il ne faut pas oublier ici que le cerveau se compose de deux hémisphères, dont l'un restant sain peut vica-

rier les fonctions de celui qui serait malade, comme une main non lésée remplace l'autre main blessée ou devenue impotente, ou comme un œil sain peut suffire seul à la vision après la perle de l'autre. Ainsi l'intelligence peut persister avec la lésion et même la suppuration d'un seul hémisphère.

La prévention, qui m'oblige de prouver les choses les moins douteuses, ne pourra, je pense, me blâmer de faire parler les auteurs eux-mêmes dans le sens de Gall; plutôt que de parler moi-même d'après eux ou d'y renvoyer, comme le fait souvent ce physiologiste; si la marche que j'adopte a l'inconvénient d'être plus longue, elle me paraît avoir aussi l'avantage d'être plus sûre et plus satisfaisante pour les lecteurs, qui d'ailleurs y gagneront par la variété du style. C'est dans les ouvrages les plus connus et les plus estimés en France, que je choisirai les citations et les faits confirmatifs de la doctrine que j'expose.

« De tous les animaux, dit M. Richerand, dans ses Éléments de physiologie (pag. 105), l'homme est celui dont le crâne est le plus grand relativement à la face ; et comme le volume du cerveau est toujours proportionné à la grandeur de la boîte osseuse qui le contient, l'homme est aussi celui dont le cerveau est le plus considérable. Cette différence de grandeur entre le crâne et la face, donne assez bien la mesure de l'intelligence des hommes et de l'instinct des animaux; la stupidité de ces derniers et leur férocité sont d'autant plus marquées, que les

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