‹ Physiologie intellectuelleChapitre 202 sur 298 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

et particulière; chez quelques peuples d'Afrique et des Indes orientales elle est fraîche; en Europe elle est plus douce et plus lâche , ainsi que tous les autres tissus, chez les blonds que chez les bruns , qui en conséquence sont plus robustes; chez les personnes rousses, elle donne ordinairement une odeur assez forte. Il paraît que toutes ces odeurs tiennent à des particules de graisse rancie, qui, à raison de la chaleur qui atténue les humeurs et de la laxité des solides qui leur livre passage, s'échappent au dehors avec de l'hydrosulfure; car c'est lorsque les hommes ont très-chaud que ces odeurs se font principalement sentir.

Il résulte de ce qui précède, que c'est l'ensemble des caractères et leur présence plus générale chez un peuple que chez les autres, qui doivent être considérés dans la division des races , et que s'attacher isolément soit à l'intelligence, à l'organisation, à la taille ou à la couleur, etc., serait se fixer sur des bases fugitives et inconstantes qui pourraient porter un individu au delà de ses limites naturelles, pour le faire passer successivement dans toutes celles qui lui seraient étrangères. Il est également hors de doute qu'il n'y a qu'une seule espèce d'hommes; et Ton ne peut nier l'unité du genre humain sans tomber en contradiction avec le sens commun et sans rompre la chaîne de toutes les divisions de l'histoire naturelle, dont l'analogie forme le premier anneau. Nous voyons en effet les mêmes variétés ou des variétés encore plus tranchées dans chaque espèce de

brutes. Blumenbach cite des exemples nombreux de leucaolhiopie chez les animaux à sang rouge, tels que les lapins , les souris , les furets , les chevaux , les singes, les écureuils, les rats, les hamsters, les cochons d'Inde, les taupes, les didelphes, les martres, les fouines*, les chèvres, les corbeaux, les merles, les serins, les perdrix, les poules, les paons; elle s'est môme naturalisée chez les quatre premières espèces, au point d'y être transmise par génération. Presque tous les cochons sont blancs et haut montés en Normandie; noirs en Savoie; d'un rouge brun en Bavière; les uns ont trois ongles, et d'autres n'en ont qu'un; ceux qui ont été transplantés à Cuba, y ont acquis une taille du double plus grande. Les bœufs transportés au Paraguay ont éprouvé le même accroissement de taille; ceux du Gap.de Bonne- Espérance ont les jambes longues , ceux d'Ecosse les ont courtes; il y en a plusieurs qui sont sans cornes en Angleterre, landis qu'en Sicile ils en ont d'énormes. 11 n'y a pas tant de ressemblance entre la tête courte el moutonnée du cheval napolitain et la lête longue et lisse du cheval hongrois, ni entre la tête du cochon domestique et celle du sanglier qu'entre celle du nègre et de l'Européen. Les mœurs du cheval des forêls qui se défend avec les dents contrastent également avec celle du cheval dompté, qui, accoutumé au frein, ne se défend qu'en ruant. Quelle différence de taille entre les petits chevaux de la ci-devant Lorraine et ceux du Jutland ou de la Normandie, de même qu'entre les petites races de

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