‹ Physiologie intellectuelleChapitre 204 sur 298 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

dû en être transmis par hérédité ; car nous voyons les maladies de poitrine, les apoplexies, les dartres, l'intelligence même, elc, se perpétuer long-temps dans les mêmes familles. Les localités ont du aussi favoriser ou contrarier l'essor de l'intelligence par le genre et le degré d'industrie qu'il a fallu pour y vivre. Le gouvernement n'a pas eu une influence moins puissante sur toutes les facultés par le degré de liberté, d'encouragement ou de contrainte qui en a favorisé ou contrarié le développement. Toutes ces causes ont amené des habitudes morales qui, à leur tour , ont contribué au génie caractéristique propre à chaque nation. Jusqu'ici les physiologistes n'ont, pour ainsi dire, déduit les phénomènes qui établissent les rapports de l'homme avec les objets situés hors de lui , que du mélange plus ou moins convenable des humeurs de son corps ; la théorie des tempéraments, qu'ils ont basée sur cette considération, est d'autant plus fausse qu'elle attribue presque exclusivement à la vie végétative ce qui dérive primordialement et essentiellement de la vie intellective , dont l'influence est prépondérante en ce qu'elle gouverne les muscles volontaires, qui sont les premiers ministres de toute l'économie. Ce qui rend la théorie des tempéraments séduisante et vraisemblable, c'est la symétrie organique qui établit une série de phénomènes tellement liés l'un à l'autre, qu'en en saisissant un seul, considéré comme cause, on parvient facilement à lui en coordonner d'autres qu'on regarde comme ses effets, de la même manière

qu'en saisissant un symptôme, considéré comme cause, on pourrait lui coordonner comme effets tous les autres symptômes de la môme maladie. Alors celle-ci échapperait à l'attention, à peu près comme le cerveau y a échappé si long-temps, n'ayant guère été considéré que comme une pulpe inorganique dont le volume et la disposition étaient sans conséquence pour l'individu dans ses rapports avec les objets extérieurs. En dernier résultat, l'édifice de la physiologie doit être renversé de fond en comble pour être reconstruit sur de nouvelles bases; et c'est l'illustre Bichat qui le premier l'a ébranlé par ses considérations sur la démarcation des deux vies déjà admise par les anciens, qui n'avaient pas su en déduire les mêmes corollaires.

Pour compléter et rectifier au besoin les explications précédentes sur les causes accidentelles des variétés que subissent les animaux , je ne crois pas pouvoir me dispenser de l'aire connaître aussi les causes des variétés de la race humaine. Je ne sache pas que les caractères natifs des diverses races d'hommes connues aient été mieux déterminés et signalés avec plus de précision que ne l'a fait M. Flourens dans un résumé de ses leçons d'anatomie en 1838, en annonçant son passage de la chaire iVanalomie humaine du Muséum d'histoire naturelle à la chaire de physiologie comparée du même établissement. Pour plus de clarté et de précision, je le laisserai parler lui-même.

« L'étude de l'homme, dit ce savant naturaliste,

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