‹ Physiologie intellectuelleChapitre 22 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

proportions des deux parties de leur tète s'écartent davantage des proportions de la tête de l'homme.

» L'oblitération complète des facultés intellectuelles, dit le même auteur (pag. 170), qui fait le caractère de l'idiotisme, lorsqu'elle n'a pas pour cause une commotion forte et subite, une émotion inaltendue et profonde qui brise tout à coup les ressorts de la pensée, lorsque ce vice est originel, tient toujours à la mauvaise conformation du crâne, à la gêne des organes qui y sont renfermés. Ces défauts d'organisation se rapportent, comme le citoyen Pinel l'observe, à la petitesse excessive de la tête, relativement à la stature entière, ou au manque de proportion en Ire les diverses parties du crâne. C'est ainsi que dans l'idiot dont la tète se trouve gravée dans l'ouvrage sur la manie (pi. n, fig. 6), elle n'a en hauteur que le dixième de la stature entière, tandis que cette hauteur devrait en être le septième, plus trois parties et demie , en prenant Y Apollon du Belvédère pour le type de la perfection idéale de l'homme. Un idiot que j'ai actuellement sous les yeux, a l'extrémité occipitale tellement rétrécie, que la grosse extrémité de l'ovale que présente sa face supérieure, au lieu de se trouver en arrière comme dans le reste des hommes, est au contraire tournée en avant et répond au front , qui est d'ailleurs très-incliné des orbites vers le sinciput. Le diamètre du crâne est très- aplati sur les côtés.

» Dans deux autres enfants, également idiots et qui se trouveût actuellement à l'hôpital Saint-Louis,

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le crâne très-large en arrière, finit par une extrémité très-rétrécie, et le front, très court, n'a pas plus de deux pouces et demi de largeur, elc.

» Aux preuves démonstratives qu'a données de l'influence du physique sur le moral de l'homme, le philosophe que je viens de citer (Cabanis), et qui fait tant d'honneur à la médecine, je ne me permettrai que d'ajouter une seule observation; ce n'est point, j'en suis bien sûr, la première de celte espèce, mais personne, à ce que je crois, n'en a publié de semblables. Le lecteur se rappelle sans doute la vieille femme dont il est parlé à l'article des mouvements du cerveau, qu'une carie énorme des os du crâne permettait de constater sur elle. J'abstergeais le pus sanieux qui couvrait la dure-mère, et je faisais en même temps des questions à la malade sur son état; comme elle éprouvait peu de douleur de la compression de la masse cérébrale, j'appuyai le tampon de charpie, je pressai légèrement dans une direction perpendiculaire, et tout à coup la malade qui répondait sainement à mes demandes, se tut au milieu d'une phrase; sa respiration continuait cependant de s'effectuer, son pouls battait encore; je retirai le tampon, la malade ne dit rien; je lui demandai si elle se rappelait la dernière question que je lui avais adressée, elle m'affirma la négative. Voyant que cette expérience était sans douleur et sans danger, je la réitérai trois fois, et suspendis trois fois tout sentiment et toute intelligence. » Un homme trépané pour une fracture du crâne

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