‹ Physiologie intellectuelleChapitre 213 sur 298 · CHAPITRE XXXVIII. hhl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII. hhl

» 2. Lorsque l'on ne vient pas à bout de se faire comprendre par les enfants , l'on est tenté de leur secouer la tête ; ce que plusieurs personnes ont quelquefois fait avec succès. Gall observa un jour un procédé analogue chez une chienne, qui, après avoir été rechercher plusieurs fois inutilement un de ses petits qui suivait un étranger, le prit enfin par la tête, le secoua rudement, le remit à terre, et s'en alla sans rien faire de plus dans son chenil , où son petit la suivit alors de lui-même.

» 3. Pour se souvenir d'un lieu, l'on porte automatiquement la main à l'endroit du front où correspond l'organe de la cosmognose. Selon M. Blœde, il y a quelques années que l'aide du professeur Platner de Leipsig , M. Schubert, ayant perdu la mémoire après une grave maladie, fit de lui-même, et sans connaître la doctrine de Gall , la remarque qu'en se frottant avec la main vers la racine du nez sa mémoire locale lui revenait plus facilement (1).

(1) Le galvanisme est un mode d'électricité ; et l'on sait qu'en physique c'est par le frottement qu'on fait jaillir celle-ci du poil des animaux, où elle paraît plus particulièrement concentrée. Plusieurs phénomènes révèlent ce fluide comme un excilant de la vitalité , ce qui a pu faire naître l'idée de l'àme que les anciens ont désignée comme un souffle , un éther uni au corps pour l'animer. Les cheveux de la tête , les poils qui couvrent le corps des animaux et garnissent le voisinage des organes de la génération ne seraient-ils pas des réservoirs d'électricité par lesquels la nature aurait voulu parer au refroidissement et à la torpeur des organes de la vie ? Il est certain que le retour de la mémoire locale par le frottement du front et l'éveil de l'attention par les secousses de la tête , en y provoquant l'afflux du sang, dans lequel Moïse plaçait l'âme , ne me paraissent explicables que par les effets de l'électricité ou du galvanisme. La

m PHYSIOLOGIE INTELLECTUELLE.

» -4. Quand un musicien, par exemple un violoniste, nage, pour ainsi dire, dans le plaisir de son art, il a

puissance de ce fluide sur la vitalité , mise hors de doute par beaucoup d'expériences thérapeutiques , a provoqué la résurrection d'un pendu , dont j'emprunte la narration suivante au Constitutionnel du 8 juin 1841.

Le pendu ressuscité. — « Le 8 avril , un individu nommé John White, condamné à mort pour crime d'assassinat, a été pendu à Louisville (Kentucky). Le jugement portait qu'il serait exécuté entre six heures du ma'tin et trois heures de l'après-midi. Pour éviter l'affluence qui se porte d'ordinaire à de pareils spectacles, le shérif fit placer secrètement la potence, et le supplice eut lieu à six heures, en présence seulement des témoins requis par la loi et de quelques spectateurs dont la curiosité avait été matinale. Le nœud coulant ayant été mal ajusté , le cou du supplicié ne fut pas rompu au moment de la chute.

» L'agonie fut longue , cruelle ; mais pourtant les convulsions cessèrent enfin. Le cadavre ne donna plus aucun signe de vie. Après un délai de vingt-cinq minutes, un médecin, délégué à cet effet par le tribunal, constata la mort. La corde fut coupée, et le corps fut porté dans une maison voisine où l'on avait préparé une puissante pile galvanique pour faire des expériences.

» Le fluide électrique avait à peine commencé d'agir que le cadavre fut agité d'un tremblement nerveux, et les spectateurs reculèrent avec un sentiment d'horreur en le voyant tout à coup se dresser sur la table où on l'avait étendu, s'asseoir et porter, avec une vivacité convulsive , ses mains à son cou comme pour arracher sa corde. Il renouvela plusieurs fois ses efforts, en manifestant cette douloureuse impatience, et il se déchira le cou avec ses ongles. Bientôt il sembla avoir reconnu que la corde n'était plus là. Il cessa de la chercher.

» La pile galvanique fonctionnait toujours. Le cadavre se leva debout, étendit ses bras, ouvrit ses yeux horriblement gonflés de sang, et de sa bouche sortit un râlcment affreux; puis la poitrine se souleva est respira bruyamment. Les témoins de cette étrange scène étaient muets d'étonnernent et d'horreur. Tous les yeux étaient attachés sur ce corps qui s'agitait convulsivement. «Bon Dieu ! il vit ï» s'écria un des médecins présents.

»Lc fluide électrique agissait de plus en plus puissamment. Tout à coup le cadavre s'élança violemment de la table, et alla tomber

Page 1