‹ Physiologie intellectuelleChapitre 218 sur 298 · CHAPITRE XXXIX. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX. m

râleur , sont venus par des productions nouvelles , imitées de la nature primitive et embellies de ce qu'elle offre de plus brillant , réveiller en nous des sentiments factices souvent plus charmants que s'ils étaient naturels. Voilà comment sont nés tous les arts. Il n'a fallu que de nouveaux besoins et de nouvelles circonstances pour déterminer l'homme à de nouvelles créations. Ce qui prouve que les choses se sont passées ainsi, c'est ce qui arrive encore tous les jours : nous voyons les hommes s'agiter sans cesse pour se procurer de nouvelles commodités et de nouvelles jouissances, et chacun sent au fond de son âme que dans l'occasion il aurait agi de la même manière. C'est donc une vérité de fait et de sentiment que nous venons d'établir.

Écoutons maintenant le docteur Gall : Aildiatur et altéra pars. Si nos cinq sens sont l'unique source de toutes nos facultés, en y joignant le besoin pour les exciter , ils doivent donner les mêmes résultats dans tous les animaux qui en sont doués, car les effets doivent toujours être en rapport avec leurs causes. Cependant nous voyons que les animaux doués des cinq sens comme l'homme ne l'égalent pas en facultés ; au contraire , avec des sens beaucoup plus parfaits que lui , nous les voyons, non le surpasser en ressources comme cela devrait être , mais rester exposés à toutes les intempéries de l'atmosphère, et même se laisser mourir de faim, sans trouver de remèdes à leurs maux. Mais c'est le sens du toucher , dit-on , qui leur manque pour rectifier

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et perfectionner tous les autres. Ceci n'est pas exact. Les animaux ont le sens du toucher comme l'homme ; plusieurs l'ont même à un plus haut degré de perfection que lui ; ils sentent une mouche au moindre contact ; leur peau se crispe alors , et ils s'agitent lorsqu'elle ne touche encore que leur poil, tandis que l'homme ne s'aperçoit pas de celles qui sont sur ses cheveux , et n'est que légèrement affecté de celles qui touchent sa peau. Ils éprouvent les moindres changements qui se passent dans l'atmosphère, et les annoncent par leurs mouvements et leurs actions long-temps avant que l'homme puisse les sentir. Il y en a beaucoup qui ont le tact plus fin que lui. Si c'étaient les mains qui donnassent la supériorité à l'homme, comme on l'a aussi prétendu, pourquoi le singe, qui réunit aussi les mains aux cinq sens, ne parvient-il pas à la découverte de toutes les inventions humaines? Pourquoi les brutes ont-elles aussi des qualités si différentes entre elles, quoiqu'elles soient également privées ou pourvues de ces auxiliaires? Pourquoi les hommes privés de mains surpassent-ils les animaux qui en ont et ceux qui n'en ont point? Pourquoi voit-on tant de personnes qui, avec des mains très-bien faites, restent ineptes aux arts que d'autres cultivent encore avec succès lorsqu'elles sont estropiées ? Sont-ce les mains et le toucher qui donnent la connaissance de l'Être suprême, celle des mathématiques, la faculté de rire, la susceptibilité de la morale, etc.? Pourquoi les idiots, qui ont les cinq sens et les mains, restent-ils ineptes à toute

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