CHAPITRE III
avec épancheraient de sang et de pus sur la duremère, sentait ses facultés intellectuelles baisser, le sentiment de son existence s'engourdir et menacer de s'éteindre dans l'intervalle de chaque pansement, à mesure que la collection du liquide devenait plus considérable. »
Ce passage du professeur Richerand est conforme aux opinions accréditées avant Gall; mais les rapports comparatifs de la face avec le crâne et le cerveau, sont des signes illusoires de l'intelligence. La grandeur du crâne n'esta considérer que relativement à celle du cerveau qu'il contient, et nullement dans ses rapports avec la face que Gall, n'a jamais prise en considération non plus que la stature, dont l'esprit des bossus et des rachitiques ne souffre pas quand leur cerveau est bien développé. C'est l'inverse de Lavater, qui n'a assis son système physiognomonique que sur les caractères du visage dont l'expression dérive uniquement des fonctions du cerveau. En effet l'observation a démontré que les proportions du développement de la face humaine ne changent rien et n'ont aucune signification relativement aux qualités intellectuelles et morales, et examinant les mandibules et les diverses parties de la face des animaux en général, l'on n'y trouve que des rapports d'aptitude pour se nourrir d'une manière préférablement à une autre, sans indices réels sur le nombre ou le développement de leurs facultés intellectuelles et instinctives.
Quant à la gêne des organes qui sont renfermés
sous le crâne ou la boîte osseuse, elle est supposée ; car cette boîte se modèle sur le développement du cerveau dans les diverses phases de la vie, dont l'action n'est point réglée par une force mécanique proportionnée à la dureté et à la résistance des parties, mais dépend d'une alternative d'absorption ou d'imbibition de sucs nourriciers qui suppléent les parties successivement résorbées, comme par usure et au delà dans la jeunesse et l'état de santé. L'expérience n'a-t-ellepas aussi suffisamment prouvé qu'un bel homme, fût-il modelé sur l'Apollon du Belvédère, est très-souvent inférieur en moyens intellectuels à un autre beaucoup moins favorisé pour la stature et les avantages de la taille, mais doué d'un cerveau plus volumineux, tels que Kant, génie philosophique et profond, dont le front haut et saillant portait sur un corps d'une frêle et petite stature, et un grand nombre d'autres personnes des deux sexes, qu'on rencontre journellement dans le monde? La petitesse ou le rétrécissement de la boite osseuse qui contient le cerveau, indique seulement une absence ou une faiblesse des facultés attachées aux parties défectueuses, dont les plus caractéristiques de l'humanité constituent le développement du front et de la partie antérieure et supérieure de la tête ; et c'est ce qui a déjà été observé dans l'antiquité : car les Grecs s'appliquaient déjà à la métoposcopie, qui est l'art de conjecturer les qualités de l'homme par l'examen ou l'inspection de son front, art qui se rapproche beaucoup plus de la doctrine de Gall que