‹ Physiologie intellectuelleChapitre 228 sur 298 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

capables de devenir musiciens, el que d'autres, tels (jue le chien, fussent môme choqués de l'harmonie musicale? Ce n'est point faire preuve de connaissances anatomiques que de prétendre, comme on l'a fait, que l'oreille des animaux est privée du limaçon, qui est une partie osseuse conlournée comme la coque de l'animal de ce nom, dans les sinuosités de laquelle le nerf auditif se distribue en plusieurs contours. Le limaçon est aussi parfait et môme plus parfait dans le chien que dans l'homme. On a dit que les oiseaux ne* chantaient que par imitation et après avoir entendu leurs parents, ce qui est une supposition aussi fausse que toutes les autres; mais fut-elle vraie, la difficulté ne serait que reculée, et il faudrait alors nous dire de qui le premier ou les premiers oiseaux ont appris. En voulant tout expliquer par l'éducation, l'on n'a pas senti que l'éducation elle-même a dû naître et commencer avant de se transmettre, et que l'organisation qui en rend plus ou moins susceptible a primitivement du en prendre tous les éléments en elle-même : autrement, chaque espèce d'oiseaux n'aurait pu conserver son mode particulier de nidification et de chant, etc.; il serait arrivé, au moyen de l'éducation, que toutes les espèces, faisant un échange réciproque de leurs qualités respectives, n'auraient plus rien eu de particulier qui les distinguât, et se seraient trouvées toutes sur la môme ligne de perfection. Si les plus forts en suppositions n'étaient toujours les plus faibles en pbservations , ils sauraient qu'un oiseau couvé et

nourri loin de ses pairs n'en conserve pas moins son chant propre et ne prend pas celui d'une autre espèce avec laquelle il a été nourri. L'on a vu des sourds-muets de naissance avoir des idées de cadence et d'harmonie; et, ce qui est encore plus péremptoire, •il s'est trouvé des maîtres de chapelle qui ont continué à composer de la musique après être devenus sourds. Gall parle d'un prêtre français qui avait eu la même idée que lui en faisant l'observation qu'un jeune homme privé de l'ouïe par la petite vérole composait et chantait encore. Errtin les femelles des oiseaux ont-elles l'ouïe moins bonne que les mâles, qui seuls chantent ordinairement ? Circonscrire l'organe de la musique dans les nerfs et l'appareil audilif serait donc admettre des effets qui n'auraient pas lieu avec leur cause, et auraient souvent lieu sans elle. Il est inutile de revenir sur tous les organes l'un après l'autre pour détruire des hypothèses en faveur desquelles leurs auteurs n'ont pas même rapporté de preuves.

C'est parce que l'on a senti de tout temps que les cinq sens étaient insuffisants pour expliquer tous les phénomènes du monde intellectuel, que parmi les philosophes et les physiologistes il s'en est trouvé plusieurs qui ont admis la nécessité d'un sixième sens; les magnétiseurs ont surtout beaucoup accrédité cette idée, parce qu'ils ne pouvaient rapporter à l'action d'aucun dos aulres sens plusieurs phénomènes résultant de leurs manipulations. Je ne parlerai point ici de plusieurs faits merveilleux qui,

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