CHAPITRE III
de celle de Lavater, qui a tiré ses inductions des traits de la face.
Mais, Lavater n'étant par médecin, il lui a suffi, comme à beaucoup d'autres, de quelques cas particuliers, de grandes mâchoires montées sur un petit crâne, pour en tirer des conclusions générales sur leur importance, en négligeant celle du cerveau placé sous le crâne.
On voit que ce n'est pas sous le rapport des proportions de la face et de la stature que j'ai cité M. Richerand, et que c'est uniquement l'importance de ses observations sur le cerveau qui a motivé ma citation. Je prie le lecteur de ne pas oublier, en lisant les citations suivantes, que Gall et moi nous ne considérons les mâchoires que comme des instruments de table qui fonctionnent spécialement au profit de la vie végétative.
« On remarque en général, dit M. Burdin dans son Cours d'études médicales (t. I, p. 26), que la perfectibilité d'organisation dans les animaux est en raison inverse du peu de capacité du crâne et du grand allongement des mâchoires. L'homme est de tous les animaux celui qui a le crâne le plus grand et la face la plus courte. »
« Si, comme l'observation semble le démontrer, dit M. Duméril , la quantité de substance cérébrale contenue dans le crâne, détermine le plus ou le moins d'intelligence chez les animaux, l'homme est celui de tous qui doit être le plus favorisé, puisque sa cervelle est extrêmement volumineuse, surtout à
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proportion de la grosseur de sa têle , dont la face n'occupe qu'une très-petite partie. Ensuite, si les organes des sens sont d'autant plus parfaits qu'ils présentent une plus grande surface, nous verrons que l'homme n'a aucun des sens qui résident à la tète parfaitement développé, el que celui du toucher est chez lui le plus perfectionné. Peut-être même l'homme doit-il sa grande perfection à cette sorte d'équilibre qui existe entre les sens. » Voyez page 367 du Traité élémentaire d'histoire naturelle adopté par le gouvernement pour l'instruction publique.
Il serait fastidieux d'accumuler les citations les unes sur les autres. M. Cuvier, dont l'autorité est d'un grand poids, à raison de l'étendue de ses connaissances, dit aussi que la grandeur comparée du crâne et de la face est un objet important d'étude, et que l'expérience montre en effet que les animaux sont d'autant plus stupides ou plus féroces, que la face l'emporte plus chez eux sur le crâne, c'est-àdire, qu'ils ont moins de cervelle. Nous désignons proverbialement la même chose , en disant d'un homme que c'est une mâchoire. M. Portai ne s'explique ni autrement ni moins positivement dans son Traité d'anatomie. Le Traité des rapports du physique et du moral de l'homme, par M. Cabanis; le Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale, par M. Pinel ; le Projet d'éléments d'idéologie, par M. Destutt-Tracy , et plusieurs autres bons ouvrages abondent dans le même sens. Les auteurs anglais et allemands qui ont touché ce sujet, pen