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CHAPITRE XXXIX

tendaient au contraire que le somnambulisme consistait dans un état moyen entre la veille et le sommeil, dont j'ai donné l'explication, d'après Gall, dans le chapitre V , et que durant cet état l'homme ne perdait point entièrement tout sentiment pour les objets extérieurs, mais qu'il en était encore affecté d'une manière quelconque par des sensations qui réglaient ses mouvements sous l'influence simultanée de l'imagination. Ces deux théories contradictoires n'ont paru satisfaisantes à personne; le docteur Wienhold, entre autres, les trouvant absolument inadmissibles, y a substitué une autre hypothèse dans un mémoire dont j'ai donné l'analyse dans le n° 42 de la Bibliothèque médicale , publiée par le docteur Royer-Collard. Ce mémoire étant singulièrement propre à faire valoir la doctrine de Gall, dont l'auteur n'avait pas connaissance alors, je vais en reproduire ici un petit extrait.

D'après M. Wienhold, les conditions principales du sommeil sont le repos des sens et la cessation de toute impression sur eux de la part des objets extérieurs, par conséquent une privation pour l'àme de toute perception par le moyen de ces mêmes sens. Or les yeux du somnambule sont fermés et insensibles, comme cela est prouvé par celui de Vicence, sur les yeux duquel une chandelle allumée, tenue de si près qu'elle lui brûlait les sourcils, ne faisait aucune impression ; de même que, par un autre somnambule de la connaissance de l'auteur, à qui on ne pouvait ouvrir les paupières, et qui malgré une

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égale insensibilité dans les sens du loucher, de l'odorat et de l'ouïe, faisait souvent dans l'obscurité de la nuit et en dormant de longs voyages à pied et à cheval, ainsi que plusieurs autres ouvrages, comme dans le jour. Dans les cas où les yeux du somnambule restent ouverts, Van-Swieten , de Haen et plusieurs autres ont observé que la pupille , très-dilatée, ne devient sensible qu'en éveillant la personne.

Au lieu d'adopter, pour expliquer cet état, l'opinion de ceux qui croient que l'inactivité ou la perte d'un sens contribue à la sagacité des autres et les rend propres à le suppléer jusqu'à un certain point avec le secours de l'imagination, le docteur Wienhold trouve plus raisonnable d'admettre un sixième sens avec quelques philosophes dont on avait* dit-il, trouvé l'opinion insoutenable avant que l'on eût découvert que les polypes, dépourvus des organes de la vue, ont néanmoins le sentiment de la lumière, et que Spallanzani eût démontré que les chauves-souris que l'on a privées des yeux, ne perdent pas pour cela tout à fait la vision. Il trouve l'action des objets environnants sur l'organe du toucher, même avec le secours de l'imagination, insuffisante pour expliquer ces phénomènes. C'est pourquoi il voudrait qu'on admît une substance intermédiaire entre l'âme et le corps, comme principe de ce sixième sens, quoiqu'il ne soit pas déraisonnable, ajouta-t-il, de croire que l'âme puisse aussi, seule et sans le secours d'une matière grossière, comme sont les organes corporels, exécuter les diverses fonctions pour lesquelles ils lui

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