‹ Physiologie intellectuelleChapitre 25 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sent de même; et c'est à tort que l'on a fait dire à Sœmmerring que le cerveau de la femme était plus gros et plus pesant que celui de l'homme, car il affirme, au contraire, qu'en cas de disparité il donnerait l'avantage et la prépondérance à celui de l'homme. Selon ce savant anatomiste, le cerveau et le cervelet pèsent de deux livres et demie jusqu'à trois livres 5 car on en trouve de deux livres et cinq onces et demie jusqu'à trois livres et une ou deux onces. Haller l'évalue à quatre livres en général, ce que Sœmmerring croit exagéré, s'il s'est servi des poids allemands ordinaires, parce que, dans plus de cent cinquante cervelles qu'il a pesées, il n'en a point trouvé du poids de quatre livres. Selon Sœmmerring, le cerveau seul pèse beaucoup au delà de deux livres; et le poids de la cervelle en général varie beaucoup moins que celui du reste du corps humain, qui va de cent soixante à huit cents livres. Le cervelet, considéré seul , équivaut ordinairement à la sixième ou cinquième partie du cerveau, et se trouve dans une disproportion troujours croissante, en revenant de la puberté vers l'enfance. En général la pesanteur spécifique du cerveau d'un adulte est relativement à l'eau comme dix mille trois cent dix est à dix mille, selon l'évaluation de Mnsschenbroeck.

Dans les autres animaux , la disproportion de la masse cérébrale, relativement au reste du corps, est infiniment plus grande. Les rapports deviennent enfin imperceptibles dans les insectes et les vers, où la cervelle n'est plus représentée que par un

petit renflement de la moelle épinière en forme de point, et manque enfin totalement dans leszoopbytes appelés par cette raison acéphales, c'est-à-dire, privés de la lêle.

Voilà le sens dans lequel j'avais fait parler Gall dans la première édition de cet ouvrage, séduit moimême parce que j'avais appris des autres physiologistes avec lesquels je le croyais absolument d'accord; ce qui n'est vrai que pour la" base fondamentale qui consiste à regarder le cerveau comme l'organe exclusif de l'intelligence. Quant aux inductions accessoires : Gall diffère entièrement des savants que je viens de citer , n'attachant aucune importance à la comparaison du cerveau ou du crâne avec le reste de la tête ou du corps ; il lui suffit, d'après ses découvertes anatomiques , de considérer le cerveau isolément, pour expliquer toutes les différences d'intellect entre les diverses espèces, et je pense qu'il y réussit même beaucoup mieux qu'on ne peut le faire d'après les idées reçues jusqu'à présent. La seule comparaison intéressante à faire , est celle des facultés intellectuelles avec le volume du cerveau dans la considération des espèces ; mais dans la considération des individus il convient aussi de faire leur part à l'exercice, à l'éducation, aux circonstances, au climat, aux aliments, à l'état de santé, et peutêtre aussi à la finesse des tissus de chaque animal , quoique Gall paraisse ne tenir aucun compte de la finesse et de la différence de la texture originelle, qui me paraît cependant avoir aussi part dans l'ex-

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