‹ Physiologie intellectuelleChapitre 242 sur 298 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

de l'homme dérive de l'intelligence, et que l'intelligence est dans le cerveau, n'en résulte-t-il pas que nulle élude n'est plus importante que celle des fonctions du cerveau?

Si la science de l'homme n'a pas marché à l'égal de son importance, c'est que l'on s'était engagé dans de fausses roules pour y arriver. Les phénomènes de la végétation des plantes, de la cristallisation des minéraux, de la fermentation, de l'électricité, du magnétisme, du travail des lièvres, du dégagement des gaz pour de nouvelles combinaisons, du caractère morbifique ou délétère des miasmes et des poisons, de la polarité de l'aimant, des combustions spontanées, de l'incandescence du phosphore, de la génération des brûles, de lignilion du bois par le frottement, etc., n'avaient pas suffi pour ébranler ou modifier l'idée qu'on s'était faite de l'inertie de la matière, et on partait de là pour refuser aux organes corporels une participation active à la génération des manifestai ions intellectuelles, dont l'àme était considérée comme l'unique mobile; on en faisait même un principe de vie, car c'est un dogme de l'Église que la mort est la séparation de l'àme d'avec le corps; comme si les animaux, auxquels on refuse une âme à contre-sens de leur dénomination latineet française dérivée d' anima (à me), n'agissaient pas et ne mouraient jamais. Dans l'hypothèse de l'inertie de la matière et le séquestre du corps pour le partage des opérations intellectuelles, on oubliait les modifications que l'organisation fait subir à la matière.

La connaissance des divers organes ou conditions physiques des cinq sens extérieurs dont chacun est voué à une spécialité de fonctions qui ne peuvent être vicariées par un autre sens, quoique la conscience de leur existence se concentre sur un seul sens intime, le moi, toujours persistant et vivace, jusqu'à l'abolition complète de tous las autres sens; cette connaissance, comparée à celle de la coïncidence de la cessation de chaque fontion spéciale avec l'absence ou la perte de son organe, conduisit ultérieurement les philosophes à conclure que le principe d'unité du moi ou de la conscience intellectuelle (l'âme) est immortel, puisqu'il persistait, comme dernier indice de l'intellect , sans toutefois que la vie végétative et automatique cessât toujours en même temps avec lui, et par conséquent sans qu'on pût faire ressortir ce principe de celle-ci. L'âme a donc été considérée par les philosophes comme un être métaphysique ou spirituel, donné à l'homme comme principe de conscience et centre d'union convergente de toutes les fonctions intellectuelles.

Cependant on remarquait journellement dans les animaux, pris isolément, auxquels on refusait une âme, cette même unité concentrique qui établissait la conscience de- leurs sensations et de leurs affections. On voyait aussi dans le cœur un centre matériel de toutes les irradiations des fonctions nutritives, car il faut pour la nutrition de chaque individu celte unité de concours et de convergence entre toutes

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