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CHAPITRE XL

Soupir, etc. Pythagore, dans ses Vers dorés, présente l'âme comme un éther ou une substance aérienne, en s' exprimant ainsi : « Mais si, quittant le corps, vous passez à l'état d'éther libre, vous serez un Dieu immortel, incorruptible, n'ayant plus rien de périssable (1). » Ce philosophe et Empédocle considéraient les âmes comme des substances impérissables qu'ils croyaient destinées à des animations successives, en qualité de flambeaux intellectuels plus ou moins parfaits. Ils enseignaient la métempsycose, c'est-à-dire la transmigration des âmes d'un corps à un autre, même chez les animaux dans le corps desquels étaient reléguées pour un temps des âmes humaines en expiation de leur culpabilité précédente. Us prétendaient même se souvenir de leurs passages successifs dans des corps de divers personnages qu'ils nommaient. Cette doctrine trouva des partisans nombreux, d'autant plus que leurs auteurs avaient, par leur exemple et leurs préceptes, amélioré les mœurs des peuples et humanisé les tyrans, et que la politique y puisait aussi des éléments de force et de vigueur. Au rapport de Jules César (2) et de Pompo-

(1) Voici ses deux vers avec leur traduction latine :

Hv o' uTToXetyaç awfxa iç ouôsp IXsuôspov rjXGyjç, Éaffeat àôavaxoç ©soç, àjjt.êpoxoç, sti ôvtqtoç.

Si vero relinquens corpus in aetherem liberum veneris, Eris immortalis Deus , incorruptibilis, non amplius mortalis.

(2) Imprimis hoc persuadere volunt, noninterire animas, sed ab aliis post mortem transire ad alios ; atque hoc maxime ad virtutem excitari putant , metu mortis neglecto. (J. Cœsaris Comment, de Bello Galllco , 1. vi , c. 15 sqq.)

nius Mêla (4) , les druides enseignaient aussi dans les Gaules la métempsyeose et l'immortalité de l'àme, afin de rendre les peuples plus courageux à la guerre, en leur faisant envisager la mort comme un changement de vie qui devait la faire mépriser. De là l'usage d'enterrer avec les morts des objets dont ils s'étaient servis durant leur vie. La métempsycose n'a pu se soutenir en présence du christianisme, dont un des dogmes établit la résurrection des morts avec le même corps et la même âme ; ce qui n'est pas moins propre à inspirer le mépris de la mort, car nous savons, à part l'histoire des martyrs, combien cette doctrine a été puissante pour faire braver la mort, depuis la révolution de 1789, aux Vendéens et aux Espagnols, ainsi qu'aux fanatiques de tous les temps.

La doctrine de l'Église aurait du, ce me semble, calmer la susceptibilité et le zèle de ceux qui ont attaqué la physiologie du cerveau, sous prétexte de tendance au matérialisme 5 car qu'importe ce prétendu matérialisme si le corps ressuscite avec la même âme, pour passer ensemble et non séparément à l'immortalité dans le partage des peines et des récompenses de l'autre vie? D'ailleurs, en quoi des recherches sur la part du cerveau dans les manifestations intellectuelles, peuvent-elles avoir une tendance

(1) Unum ex his quae praecipiunt , in vnlgus eifluxit, videlicet, ut forent ad bella meliores, seternas esse animas , vitamque œternam ad mânes ; itaque cum mortuis cremant ac defodiunt apta viventibus. {De situ or bis , l. ifi yc. 2.)

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