‹ Physiologie intellectuelleChapitre 247 sur 298 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

consente dans la même enceinte, et agira par une seule et môme réaction sur tous ses points de contact ou de contiguïté avec la surface environnante de son contenant; voilà l'unité du sens intime opérée par l'unité d'une seule et même action simultanée sur toutes les parties sensibles du cerveau, et parlant la pluralité des organes conciliée avec l'unité du sens intime. Si, au lieu de l'électricité, vous adoptez l'Ame comme moyen d'unité intellectuelle, vous ne la concevrez que comme un principe contigu aux organes, et vous la supposerez par conséquent étendue, autrement vous rendrez son contact ou sa contiguïté inconcevables avec une autre substance étendue. D'ailleurs, comme l'âme n'est point accordée aux brutes qui ont de l'intelligence, sa substitution à l'électricité dans l'homme ne détruira pas la nécessité de celle-ci pour les brutes. Ainsi, pour ne pas errer dans le vague, admettons l'âme comme un être mystérieux de la révélation , sans vouloir expliquer ce qu'elle n'a pas expliqué.

Il paraît que Spurzheim , néologue maladroit et sans goût, n'a pas tenu compte de la progression des idées , ou n'a pas connu la signification du mot phren, car il a traité sous le titre de Phr œnologie, qui devrait être écrit Phrénologie , le môme sujet que Gall sous la dénomination de Physiologie du cerveau, et que moi sous celle de Physiologie intellectuelle , dans mon premier ouvrage sur la môme doctrine, publié antérieurement à ceux de ces deux physiologistes La dénomination choisie par Spurzheim, qui

a écrit après Gall, n'est pas heureuse, car, d'après les divers sens du mot phren, elle ne peut convenir qu'à un traité sur l'âme, comme synonyme de psychologie, ou à un traité sur le diaphragme, et point sur le cerveau, qui n'a jamais été désigné par ce terme. Au lieu que le titre dût indiquer le contenu de l'ouvrage , c'est au contraire le contenu de celui-ci qui fait connaître le sens du titre. Mon observation est d'autant plus fondée, qu'une fausse dénomination conduit à de faux aperçus , et que déjà le docteur Broussais , à l'ouverture de son cours du printemps de 1836, jugea à propos de rectifier la fausse direction donnée par là à la science, en s' exprimant de la manière suivante : « Qu'est-ce que la phrénologie? C'est le système de psychologie le plus complet et le meilleur, puisqu'il embrasse à la fois les faits intellectuels et moraux, leurs rapports, leurs conditions matérielles et jusqu'à leurs manifestations tangibles. Le meilleur système de psychologie, Messieurs, ce n'est pas nous qui disons cela : comme éloge, nous acceptons cette définition ; mais nous la récusons comme principe, car ce n'est pas nous qui admettons le psyché , l'esprit pur. » (Voyez le Journal des Connaissances médico-chirurgicales, mai 1836.) — Il ne faut donc pas confondre la doctrine de Spurzheim aveccelledeGall, qui n'a jamais pensé à la faire entrer dans le domaine de la psychologie, où l'ont entraînée et façonnée à leur gré quelques antagonistes, pour la combattre plus facilement, ni imiter certains phrénologisles qui ont adopté les innovations et les diver-

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