‹ Physiologie intellectuelleChapitre 248 sur 298 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

gences de Spurzheim , comme on reçoit une pièce courante de monnaie , sans en examiner la valeur intrinsèque , et sans se douter qu'on ramène la confusion des idées par la confusion du langage.

Après avoir porté le trône de l'âme au cerveau, on ne se mit pas en peine de rechercher comment elle usait de son pouvoir. Les oracles de la science d'alors, bon peuple, se contentèrent d'enregistrer ses actes pour les admirer, ne soupçonnant pas qu'il lui fallût des dispositions organiques variées pour des manifestations intellectuelles différentes. Les opinions reçues étaient que l'âme opérait sans le secours du cerveau, ou en disposant de sa totalité pour chaque manifestation, hormis pour les cinq sens extérieurs, à chacun desquels on assignait un organe particulier, parce que l'on avait remarqué que la faculté de l'un pouvait se perdre par sa destruction accidentelle, sans que la perte des facultés des quatre autres s'ensuivît. Mais on ne poussait pas le raisonnement plus loin , et cependant les observations ne manquaient pas pour faire conclure analogiquement que les autres facultés mentales, tranchées par une différence essentielle et spéciale, devaient aussi s'exercer chacune par un organe propre et distinct de celui de toute autre faculté radicalement dissemblable; et l'on savait de temps immémorial que non-seulement elles se développent successivement l'une après l'autre, mais aussi qu'elles s'affaiblissent, s'aliènent, s'exaltent et se perdent isolément l'une

sans l'autre, tandis que leur développement et leur perle se fussent faits de concert, simultanément ou dans une gradation égale et uniforme pour toutes, si le cerveau eût été en son entier un seul et môme organe pour toutes et pour chacune.

Mais comment se serait-on occupé de la recherche d'organes spéciaux pour les diverses facultés mentales, à l'instar de ceux des cinq sens extérieurs, quand toutes les écoles d'idéologie s'accordaient à faire honneur de toutes les facultés à ces sens, et à proclamer qu'il n'y avait rien dans l'intellect qui n'eût été au préalable dans un sens, d'après l'adage : Nihil est in intelleclu qnod non prius fuerit in sensu? Leibniz ajoutait à cet adage : JSisisensus intimus ipse, Si ce n'est le sens intime lui-même, et avec raison. On admettait l'entendement comme un mystère dont l'âme était le principe, et défense était faite à l'esprit humain, sous peine d'hérésie et de ce qui s'ensuivait, de sortir du cercle des doctrines que, pour l'utilité de l'ordre, les prêtres avaient reçu mission et permission d'inculquer à l'homme, en le saisissante £a naissance pour le dominer jusqu'à la mort. Une supposition d'infaillibilité dans les chefs de l'Église repoussait toute controverse, contrairement à l'adage: Audialur et altéra pars, admis dans toutes les discussions juridiques comme la sauvegarde de l'équité et de la vérité. L'immobillité intellectuelle chez les prêtres était portée au point que la théorie du mouvement de la terre n'était pas même tolérée par eux, à cause du Sta, sol de Josué, du temps de Galilée,

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