‹ Physiologie intellectuelleChapitre 256 sur 298 · CHAPITRE XLL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLL

sèment nerveux dont la souche est dans la moelle allongée. Ce sentiment, qui a d'abord l'air d'un paradoxe, est appuyé sur les raisons suivantes : Si les nerfs tiraient leur origine du cerveau, ils ne pourraient exister sans lui 5 ce qui n'est pas conforme à ce que nous observons dans plusieurs animaux , entre autres dans les mollusques acéphales , où l'on trouve des nerfs sans rencontrer de cerveau ni de moelle épinière. La môme chose a lieu dans plusieurs autres acéphales nés parmi les hommes et les quadrupèdes, où l'on trouve également des nerfs trèsconsidérables sans aucun vestige d'une existence préalable du cerveau, comme le constatent les nerfs sciatiques d'un enfant né seulement avec les extrémités inférieures sans les autres parties du corps. Ce n'est qu'en s'élevant successivement des animaux les plus simples aux plus composés et aux plus parfaits, que l'on rencontre une moelle épinière et ensuite un cerveau. Ce dernier , dans les chenilles et les insectes, paraît déjà sous l'aspect de deux petits points qui surmontent la moelle épinière. Celle-ci, dont le volume devrait être proportionné à celui du cerveau, si elle en naissait, se trouve très-grosse avec un petit cerveau, comme dans le bœuf, et très-petite avec un gros cerveau, comme dans l'homme; et au lieu d'aller progressivement en diminuant, à mesure qu'elle s'éloigne de la tète et qu'elle a fourni un plus grand nombre de nerfs, comme cela devrait être et comme on l'a hypothétiquement avancé, on voit au contraire qu'elle est petite dans les vertèbres

cervicales , plus volumineuse dans les vertèbres dorsales supérieures, où elle fournit des nerfs plus forls pour les extrémités supérieures, puis moins considérables dans le reste du dos, où elle fournit des nerfs moindres, et qu'enfin elle reprend un volume plus considérable que partout ailleurs dans les vertèbres lombaires, d'où partent les nerfs les plus volumineux pour les extrémités inférieures. Toutes ces contradictions entre les idées reçues et les faits ont porté Gall à clés recherches qui n'ont pas été infructueuses. En voici les principaux résultats.

Ayant remarqué qu'à chaque renflement de la moelle épinière et des nerfs il y avait une accumulation plus considérable de matière grisâtre, il s'est demandé si la nature n'en aurait point fait le principe nourricier ou le foyer primitif de la substance nerveuse; et cette idée lui a paru d'autant plus juste, que la même matière grisâtre se trouve sous la forme d'un mucus épais partout où les nerfs aboutissent et augmentent : par exemple, dans les renflements de la moelle épinière et des faisceaux nerveux de l'intérieur du cerveau, dans les ganglions, d'où les cordons de nerfs ne sortent jamais que plus gros; dans la substance corticale du cerveau et du cervelet, dans la membrane muqueuse des narines ou de Schneider, dans le labyrinthe du rocher, sur la rétine et sur toute la périphérie du corps où elle porte le nom de mucus malpighien. L'opiniâtreté de ses recherches lui a bientôt fourni d'autres preuves en faveur de ce premier aperçu, En examinant attentivement tous les

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