CHAPITRE XLI
ganglions , nom par lequel il désigne aussi les divers amas de substance grisâtre que les nerfs ne Ira versent jamais que pour en sortir sous un plus gros volume, par exemple les renflements de la moelle épinière, les corps cannelés dans l'intérieur du cerveau, etc., il a pu en tirer plusieurs bouts de nerfs semblables à de petits lombrics blancs. Yoilà comment il a été conduit peu à peu à placer l'origine des nerfs partout où il se trouve des amas analogues de cette substance grisâtre, et nous verrons que cette idée, qu'il a le talent de rendre très-vraisemblable et très-plausible, trouve encore sa confirmation dans la démonstration anatomique du cerveau.
Cet aperçu fécond en corollaires a fait présumer au docteur Gall que les polypes, les limaces et d'autres animaux peu parfaits ne se reproduisaient peut-être de toutes leurs parties tronquées, que parce qu'ils étaient presque tout composés de substance nerveuse et de son mucus nourricier. Au moins est- il permis de le présumer, en attendant que la preuve évidente puisse s'en administrer, quand on réfléchit que dans les autres animaux plus parfaits et dans l'homme lui-même, les substances cérébrale et nerveuse sont les seules de toutes les parties molles qui paraissent se régénérer, comme le prouvent entre autres les expériences d'Ârnemann, rapportées dans le troisième chapitre de ce livre, et plusieurs phénomènes de pathologie. L'on peut encore regarder cette régénération comme une chose qui vient à l'appui de l'opinion du docteur Gall sur
l'origine et la production des nerfs. On remarque d'ailleurs que plus un animal est parfait et éloigné du règne végétal, plus aussi sa vie devient fugitive et peu tenace;; tandis que c'est le contraire dans les animaux moins parfaits qui se reproduisent de boutures comme les végétaux, placés plus près d'eux dans l'ensemble de l'organisation.
Un autre corollaire du même aperçu, c'est qu'il faudrait considérer, selon Gall, l'ensemble des nerfs comme plusieurs systèmes indépendants, greffés en quelque façon les uns dans les autres pour leurs rapports et leurs communications réciproques, sans qu'on puisse toutefois regarder un système, par exemple celui des nerfs cérébraux, comme la continuation d'un autre système, ni admettre .un simple contact de contiguïté. Cette idée dune communication réciproque sans continuité ni contiguïté, a paru inadmissible et contradictoire à ceux qui ne l'ont point saisie; elle suppose une sorte d'engrenure qui ferait porter les extrémités d'un système sur les extrémités d'un autre comme dans la greffe d'un arbre, qui, par cette espèce d'union, fait toujours renfler l'endroit de son insertion, et ne peut être considérée ni comme continue, ni comme simplement contiguë au tronc de l'arbre qui la supporte et avec lequel elle entretient une communication parfaite. Quoi qu'il en soit de ce mode de communication entre les différents systèmes de nerfs, nous observons que la moelle allongée présente à son point de communication avec la moelle épinière un