‹ Physiologie intellectuelleChapitre 270 sur 298 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

Gall ne se contente pas de confirmer ses vues sur la nature et l'origine de toutes les parties nerveuses du corps animal par ces démonstrations. Pour prouver encore davantage combien les faits sont contraires à l'opinion de ses devanciers qui dérivaient uniquement les nerfs du cerveau et successivement de la moelle épinière, en supposant que ce n'étaient que des ramifications divergentes de cette dernière, Gall a fait préparer la moelle épinière d'un veau , qu'il conserve avec de l'esprit de vin dans un grand bocal. Cette préparation sert à démontrer que les nerfs ne se détachent pas en divergeant et toujours dans le même sens de la moelle épinière, comme on l'avait cru jusqu'ici, mais qu'ils s'y implantent à chaque renflement ganglionaire par deux ordres de fibres, lesquelles, venant les unes d'en haut et les autres d'en bas, convergent au sortir des vertèbres en un seul cordon nerveux qui presque toujours dans les quadrupèdes forme un angle droit avec la moelle épinière ; au lieu que dans l'homme il prend une direction un peu oblique, à cause de la station. Les renflements ganglionaires répondant aux articulations intervertébrales sont aussi nombreux qu'elles.

Il faut convenir que le système du professeur Gall sur l'origine et la distribution des nerfs devient très-vraisemblable; et que s'il était en possession des suffrages accordés à l'ancien système, ce dernier semblerait trop absurde pour pouvoir jamais les lui disputer. Je crois même qu'il ne sera désormais plus

permis à aucun anatomiste, ni à aucun médecin jaloux de rester au niveau des connaissances acquises, d'ignorer les découvertes de ce savant. Elles sont la plupart trop importantes et basées sur des faits trop évidents, pour qu'il n'y ait point de honte à les ignorer, à les nier ou à les révoquer en doute. Pour en faciliter l'aperçu au lecteur, je vais résumer les principales.

1° L'entre-croisement, ayant toujours été regardé comme général dans la moelle allongée, n'a jamais été bien démontré avant Gall, et ne pouvait l'être, puisqu'on le supposait dans tous les faisceaux nerveux où il n'a pas lieu. L'on ne peut donc disputer à ce savant le mérite d'avoir découvert et démontré le premier, d'une manière incontestable, que cet entre-croisement, au moins aussi souvent nié qu'affirmé, se borne aux éminences pyramidales. Ceux qui aiment les disputes de mots peuvent continuer à soutenir que l'idée de cet entre-croisement n'est pas neuve, ce qui est vrai; ils ne parviendront probablement pas à faire croire que Gall n'a pas découvert le lieu où il existe réellement, et la manière dont il se fait. S'avisa-t-on jamais de contestera un astronome la découverte d'un astre dont il indiqua le premier la place au firmament ainsi que le lever et les rapports sur l'horizon, pour en gratifier un paysan qui avant lui aurait vu le même astre sans le reconnaître ni le distinguer des autres astres visibles en même temps? ou dira-t-on que le naturaliste qui le premier décrit une plante ou un minéral, avec tous

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