‹ Physiologie intellectuelleChapitre 29 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mais le portrait qu'il montre avec le plus de complaisance et avec un air de triomphe, c'est celui de cette tète puissante que quelqu'un, pour renverser l'édifice de sa doctrine d'un seul coup, quand il aurait fallu l'examiner , avait citée comme trèspetite au sein d'une société respectable d'ailleurs par ses lumières. Voyez, dit le docteur Gall, ce front élevé et majestueux, et toute cette vaste capacité où loge le génie qui embrasse actuellement les destinées de l'Europe. Il est probable, ajoute-t-il en souriant, que celui qui l'a citée comme petite, a cru qu'elle était semblable à la sienne, ou qu'en bon orateur, plus familiarisé avec les figures de rhétorique qu'avec l'objet de nos recherches , il aura pris la partie pour le tout et la face pour la tète entière.

Gall ne se borne pas à apprécier la masse cérébrale d'après les différences qu'elle présente parmi les individus d'une même race d'hommes, comparés entre eux et avec les autres animaux ; il fait encore voir que la race européenne est plus richement dotée que les autres, c'est-à-dire que la mongole, la nègre et l'hypeiboréenne, à en juger d'après !a capacité que présentent quelques têtes dont Blumenbach et d'autres savants ont enrichi sa collection. La petitesse proportionnelle des crânes des autres races, relativement à l'européenne, a aussi été observée par les voyageurs qui ont visité les diverses nations, entre autres par Fabricius de Kiel et Larrey. Ga!l fait surtout remarquer, d'après diverses figures, l'étonnante difformité de la tète des Caraïhes, qui

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ont le front si peu élevé au-dessus des orbites, et le sinciput tellement aplati , qu'il est vraisemblable, comme le prétendent plusieurs voyageurs, que dans leur enfance on leur assujettit le haut du crâne avec une planche que l'on y laisse à demeure, après l'avoir fixée, afin de les rendre courageux, en faisant bomber leur tête latéralement, ce qui n'empêche pas qu'ils ne soient, au contraire, les plus lâches et les plus cruels des hommes. Est-ce d'après le sentiment des effets de la même difformité , se demande Gall, qu'il s'est établi, dans beaucoup de langues, des locutions analogues à celles-ci : C'est un plat personnage , un plat sujet , une physionomie plate , c'est un écervelé, etc.

Lorsque Gall enseigna qu'il se rencontrait des hydrocéphales dans lesquelles les facultés intellectuelles restaient à peu près intactes, le père Walter, professeur d'anatomie à Berlin, nia ce fait, en soutenant aussi qu'alors la substance cérébrale se trouvait dissoute dans l'eau. Gall avait des preuves trop bien acquises du contraire, pour se laisser ébranler dans son opinion ; et il a eu depuis occasion de la confirmer plusieurs fois dans ses voyages. Le docteur Larrey, entre autres, lui a encore fait voir, depuis qu'il est à Paris, un enfant hydrocéphale dont l'intelligence n'avait pas notablement souffert, et dont le cerveau , à l'examen duquel j'ai moi-même assisté après sa mort, n'était nullement dissous. Morgagni, Baillie et d'autres bons pathologistes ont également observé que dans les hydropisies internes de la tête

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