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CHAPITRE III

l'eau reste claire et transparente au milieu du cerveau, qui , au lieu d'être dissous par la macération comme le prétend Walter, se trouve seulement développé en forme de membrane épaisse, et aplati contre le crâne, dont il tapisse l'intérieur. Gall a vérifié cette observation sur plusieurs sujets et entre autres aussi chez une femme de cinquante-deux ans qu'il a soignée lui-même, et dont il montre la tête trèsdéveloppée et très-curieuse à ses auditeurs. Le professeur Bischoff, de Berlin, particulièrement lié avec M. Hufeland, dont il est l'élève et l'ami, a donné en allemand une exposition de la doctrine de Gall, avec plusieurs objections critiques de son maître et plusieurs fragments de la correspondance des professeurs Loder et Reil de Halle ; comme ces fragments, très -avantageux pour Gall, quoique ces illustres professeurs aient été peu disposés en sa faveur avant de l'avoir entendu, jettent un grand jour sur la doctrine que j'expose, et servent souvent à l'éclairer et à la confirmer, j'en extrairai plusieurs passages, en commençant par le suivant, qui concerne une hydrocéphale observée, le 7 août 1805, par Loder. « L'eau , dit-il, dont la quantité allait à dix pintes, était principalement dans le ventricule droit. Gall a parfaitement raison de dire que le cerveau se trouve déplissé par l'eau; cela se voyait ici de la manière la plus évidente. L'eau qui se trouvait dans le ventricule, comme je l'ai vu plusieurs fois, était claire.» En faisant une visite au professeur Walter, à Berlin, Gall trouva en vérité, dans son cabinet d'anato-

mie, sept têtes d'hydrocéphales ; mais elles y étaient encore entières, n'ayant jamais été ouvertes ni examinées intérieurement : plusieurs d'entre elles avaient d'ailleurs été envoyées par la poste ; ce qui fait croire que l'eau qui s'y trouvait était réellement trouble, quoique celui qui l'affirmait n'eût rien fait pour s'en convaincre.

Gall s'étant aperçu que l'hydropisie de la tête faisait entièrement disparaître les circonvolutions du cerveau , en le développant et en l'étendant comme une membrane épaisse contre la table interne des os du crâne, a essayé d'en dérouler aussi mécaniquement les circonvolutions , et, en assistant à ses démonstrations , j'ai pu m'assurer plus d'une fois qu'il réussissait très-bien, lorsque la membrane vasculaire a été enlevée, sans employer aucun instrument tranchant, mais seulement au moyen de ses doigts ou plutôt de ceux du docteur Spurzheim , son aide et son compagnon de voyage.

Avant Gall on était accoutumé à regarder le cerveau comme un viscère pulpeux et non fibreux, et son déplissement fit d'abord une grande sensation parmi tous les anatomistes du temps. Ce qui doit étonner ceux qui ont assisté sans prévention aux démonstrations que Gall en a faites, c'est l'erreur de ceux qui supposent qu'au lieu d'être déplissé par les doigts de Spurzheim , le cerveau n'était que déchiré et pétri comme une pâte. Si MM. Ribes et Isidore Bourdon n'étaient des médecins distingués, je croirais inutile de rapporter le passage suivant que j'ai

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