‹ Physiologie intellectuelleChapitre 31 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

lu dans le Constitutionnel du 3 mai 1839, pour y joindre quelques réflexions et venger Gall d'un vernis de charlatanisme que ce passage lui donne :

« Dans une brochure fort judicieuse où le docteur Ribes, médecin principal des Invalides, traite de l'organisation du cerveau, nous trouvons mêlées à beaucoup de choses connues, des recherches nouvelles et parfois des découvertes. M. Ribes, un des hommes modestes d'un siècle où l'on dédaignait la modestie, apparemment parce que cette vertu rappelle une ère de despotisme, avoue d'abord qu'il ne connaît que bien imparfaitement le cerveau... Cependant M. Ribes , comme Stenon, connaît bien tout ce qu'ont pu faire ses prédécesseurs et ses contemporains. Vieil ami et ami très-constant de feu Chaussier et de M. Larrey, il assistait avec eux, en d809, au déplissement du cerveau, par Gall, le jour où ce grand homme démontra chez Cuvier et devant Cuvier ce fait curieux pour la première fois. Ce jour-là et avant de déplisser le cerveau , Gall exposa en peu de mots, tout en conversant et sans emphase ni prétention, mais avec cet esprit séduisant qu'on rencontre plus rarement à Vienne qu'à Paris , les moyens de reconnaître, à la simple vue, d'après la configuration de la tête, quelques indices des dispositions intellectuelles et morales, aptitudes spéciales, génies, vices et vertus. M. Ribes fut d'abord dans l'admiration, jeune homme qu'il était alors. Mais quand il vit que Spurzheim, aide assistant du docteur Gall, ne déplissait le cerveau qu'en déchi-

rant toute la substance médullaire, oh! alors ses illusions se dissipèrent. Ce fut en vain que Gall parla ensuite des idées innées, des aptitudes natives, des talents , des vertus , venus sans exemples et sans culture ; toutes ces magnifiques assertions trouvèrent M. Ribes incrédule. Il ne pouvait pardonner à Gall de n'avoir déplissé le cerveau qu'en le déchirant; et il se disait que sans doute Gall trouverait les faits pour les rendre propres à ses doctrines, comme il lui avait vu dilacérer la cervelle.

» Il résulte de là que M. Ribes ne doit pas être compté parmi les partisans de la crânologie, et nous devons dire que ceux qui liront sa brochure, toute savante qu'elle est, courront risque de divorcer pour toujours d'avec la phrénologie. »

M. Ribes a bien raison d'avouer qu'il ne connaît que bien imparfaitement le cerveau. Mais cet aveu prouve qu'il est très-inconséquent de traiter de son organisation. D'un autre côté M. Bourdon, qui rend un compte si flatteur du livre dont il s'agit, dit, en opposition à l'aveu précédent, que M. Ribes connaît bien tout ce qu'ont pu faire ses prédécesseurs et ses contemporains, qu'il a fait des recherches nouvelles et même parfois des découvertes, dont i! ne cite aucune. Il paraît donc que toutes les découvertes que M. Bourdon prête à son ami se réduisent à avoir remarqué que le déplissement du cerveau par Gall ne consistait qu'en un déchirement de la substance médullaire. Il est bien sûr que si la substance du cerveau est médullaire, comme l'ont cru les prédé-

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