CHAPITRE IU
cesseurs et plusieurs contemporains de M. Ribes, il doit être difficile, pour ne pas dire impossible, d'en faire le déplissement sans le déchirer; mais ce n'est pas là une découverte, c'est une vieille erreur quant à la nature de cette substance, et le prétendu déchirement est une conséquence forcée de celle erreur, mais déchirement purement imaginaire. La dénégation du déplissement par MM. Ribes et Rourdon ne fait pas preuve, à moins que ce ne soit de leur ignorance et de leur maladresse sur cet objet. Une affirmation de deux personnes, par exemple, de Gall et de moi, équivaudrait à la dénégation susdite, maisje ne m'en tiendrai pas à ce simulacre de preuve. Une seule leçon ne pouvait suffire pour rendre M. Ribes habile à déplisser les circonvolutions du cerveau, et, jeune homme qu'il était alors, il crut qu'il en savait assez pour s'insurger avec assurance contre Gall en pronostiquant qu'il trouverait des faits pour les rendre propices à sa doctrine. Mais son ami Larrey et Cuvier ont lini par adopter la réalité du déplissement et ont fourni en outre des faits et des observations à l'appui de ses autres découvertes, etc. Cuvier avait d'abord révoqué en doute le déplissement dans son rapport sur le mémoire de Gall présenté à l'Institut. C'est alors que je suggérai à Gall l'idée de faire dans différents points du cerveau des injeclions d'eau avec une petite seringue sous les yeux de Cuvier, qui, voyant que, par ce moyen, la séparation des deux membranes des circonvolutions se faisait dans le
milieu où elles sont adossées l'une à l'autre, se ren-
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dit à l'évidence. Gall y ajouta l'insufflation d'air, qui opéra de même. Ce n'étaient donc pas les doigts seuls qui opéraient les disjonctions, comme se l'était imaginé M. Ribes : c'était l'eau, l'air, et l'hydrocéphale.
Durant le séjour que Gall venait de faire à Copenhague, il y avait vu une hydrocéphale, si considérable que la tête avait plus de trois fois son volume ordinaire, sans que la jeune fiile, qui en était atteinte, eût perdu l'usage de ses facultés intellectuelles, qui néanmoins n'étaient pas dans un état brillant. Gall avoue que chez quelques autres personnes attaquées d'hydrocéphale, qu'il a vues, il y avait bien diminution de l'énergie intellectuelle, mais non perte totale de l'entendement, quoique ceci arrive aussi quelquefois. Mais si l'eau des hydrocéphales déchirait les circonvolutions du cerveau, ce qui serait immanquable si la substance en était médullaire ou pulpeuse, au lieu d'être fibreuse, il en résulterait toujours la perte de l'entendement par le déchirement ou la dissolution, à moins que cela ne se fît que dans un hémisphère, ou une partie du cerveau: nier cette conséquence, ce serait nier que le cerveau soit l'organe de l'entendement et de ses spécialités. Ce qui vient d'être dit concerne les hydrocéphales internes où l'eau se ramasse dans les ventricules, et non les hydrocéphales externes où l'eau se trouve entre le. cerveau et le crâne. Gall ne parait pas avoir observé de ces dernières, qui sont extrêmement rares, et Walter n'en parle pas non plus.
Une autre objection , très-séduisante au premier