‹ Physiologie intellectuelleChapitre 33 sur 298 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

aperçu, est que le chien et le cochon ont à peu près la même masse cérébrale, et que néanmoins le dernier le cède de beaucoup au premier pour l'intelligence; que la même chose s'observe chez le cheval, relativement à l'âne, et chez l'éléphant, relativement à beaucoup d'autres animaux.

La première réponse à cette objection , c'est qu'elle porte absolument à faux. L'ignorance de l'anatomie du cerveau lui donne seule tout ce qu'elle a de spécieux, comme nous le verrons dans le chapitre qui est consacré à cette partie. En admettant le principe des autres physiologistes, l'on pourrait même renforcer cette objection, par l'observation que relativement au reste de leur corps ou de leur tête, les oiseaux ont plus de cerveau que l'homme, et que par conséquent ils devraient avoir aussi plus d'intelligence que lui. En ne considérant le cerveau de l'éléphant que comme un seul organe et une masse homogène sans distinction des diverses parties, qui le constituent, cet animal devrait aussi avoir plus d'intelligence et de facultés que l'homme. Voilà des difficultés à résoudre, beaucoup plus fortes que toutes celles que l'on oppose à la doctrine de Gall, difficultés insurmontables pour tous les autres physiologistes, quoiqu'elles puissent se résoudre facilement d'après les découvertes anatomiques du professeur de Vienne, qui démontre jusqu'à l'évidence, que les deux hémisphères qui constituent le cerveau naissent uniquement des éminences pyramidales. Or, en déduisant du cervau proprement dit, les di-

verses paires de nerfs dont la cinquième dans l'éléphant est si considérable qu'elle égale le pouce de l'homme dans sa trompe, l'on trouvera toujours un cerveau proportionné à la somme ou à la force des facultés intellectuelles, il en est de même pour les oiseaux, dont quelques-uns, par exemple l'aigle, ont le nerf optique presque aussi gros que celui de l'homme, mais un cerveau infiniment plus petit. N'oublions pas non plus que le cerveau des brutes peut prendre son volume seulement d'une ou de quelques parties plus développées que dans l'homme, sans que les autres parties s'y trouvent aussi ou y soient dans la même proportion ; d'où il résulte, en admettant la pluralité des organes, qu'elles n'auront que quelques sens plus perfectionnés que l'homme, sans égaler son intelligence en général. En comparant l'âne avec le cheval, il faut aussi déduire du cerveau proprement dit, ce qui s'y trouve joint sans en faire partie, tel que le cervelet, les nerfs acoustiques dans l'âne, etc. 5 et alors on se convaincra que le plus intelligent des deux a aussi le plus grand cerveau. Ga!l enseigne que plus un organe est développé, plus aussi la fonction en est parfaite. Mais les gens à préjugés, ne le comprenant point, oublient les facultés des cinq sens, et plusieurs autres nullement ou mal évaluées, en même temps qu'ils grossissent le cerveau par les organes de ces mêmes facultés. Celte explication, qui lève toutes les dilïîculiés, s'applique aussi à la comparaison du cochon avec le chien, que l'on croit faussement avoir la même quantité de cerveau

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