‹ Physiologie intellectuelleChapitre 34 sur 298 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

l'un que l'autre. D'ailleurs nous connaissons moins les mœurs du sanglier, qui est le cochon sauvage, que celles du chien; et le cochon domestique, n'ayant point de liberté ni d'éducation, ne peut être comparé qu'à un chien d'attache et non à un chien dressé avec soin. Enfin, n'appréciant que les qualités qui ont du rapport avec nos mœurs , nous croyons le sanglier très-stupide, quoique les chasseurs le trouvent souvent très-rusé, etc. On peut faire des observations analogues sur l'âne et sur le cheval, et ainsi de suite.

Gall, qui sait tirer parti des difficultés même qu'on lui oppose, produit à cette occasion des tètes de plusieurs races de chiens, pour montrer que le degré de docilité qui les distingue entre eux , correspond toujours au plus ou moins de cervelle qui peut être logée dans leur crâne.

Une autre objection peut-être peu commune, puisque Gall n'en parle pas, c'est que l'intelligence ne peut être séparée du sentiment et de la vie, qui émanent du sang et du cœur, comme le prouvent la syncope et la mort, qui ont lieu dès que le sang n'arrive plus au cerveau.

La défaillance a lieu en effet, quand le sang artériel n'arrive plus au cerveau. Ce viscère paraît alors s'affaisser immobile sur lui-même, et suspend l'exercice de ses fonctions, peut-être moins encore par l'absence du sang que par l'absence de sensation ou d'impulsion qui lui soit transmise par les nerfs, compris eux mêmes dans le collapsus général et

privés du degré de tension convenable pour agir. On passe dans une lipothymie, et l'on en sort sans malaise ni douleur; on en sent môme l'approche et on peut en prévenir les assistants, comme j'ai eu occasion de le faire pour moi-même dans une maladie

Ires-grave.

C'est l'image la plus parfaite du sommeil, et ce dernier n'a- lieu que par l'absence de sensation. Les moyens qui remédient aux lipothymies prouvent encore celte analogie. Ce sont la plupart des excitants nervins, qui, comme au réveil d'un profond sommeil, déterminent d'abord des contractions de libres, après lesquelles la circulation se ranime ou même se rétablit, si elle a entièrement cessé : ce serait toujours l'inverse hi le sentiment tenait immédiatement à la présence du sang.

Dans les paralysies complètes, où il y a perte de mouvement et de sentiment, la circulation n'a point cessé; ce qui prouve évidemment que ce n'est point au sang que tiennent ces deux phénomènes de la vie.

Cependant le sang est l'excitant naturel de tous les organes , son impression peut suffire pour les rendre à leurs fonctions , et c'est peut être pour cela que la situation horizontale obvie et remédie aussi aux défaillances; bien qu'il soit au moins aussi plausible de croire qu'alors les lois de l'hydraulique opposant moins de résistance à l'action du cœur, pour distribuer le sang dune manière égale dans toutes les parties du corps, ce viscère suffit plus

Page 1