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CHAPITRE III

aisément à ses fonctions, et les reprend aussi avec moins de peine. Voilà pourquoi il est utile pour remédier à une défaillance, de desserrer les vêtements qui par leur compression ralentissent ou empêchent la circulation, de même que pour prévenir la syncope lors d'une saignée, il convient aussi de faire ôter ou desserrer les jarretières et les cordons des vêtements étroits et trop justes. Moïse plaçait l'âme dans le sang probablement à cause qu'il est l'excitant de la sensibilité nerveuse, car on lit au chapitre xvii du Lévitique : Anima omnis car nis in sanguine est.

Ce qui achève de démontrer la justesse des observations précédentes, ce sont les affections vives et inopinées, telles qu'une frayeur qui glace, une joie excessive qui rend immobile, une indignation profonde qui pétrifie, la vue d'un objet qui interdit, une douleur qui anéantit, une odeur qui révolte ou suffoque, une colère qui fait pâlir, etc.; toutes ces affections, dont on place faussement le siège au plexus solaire du grand sympathique, qui est un agent de la nutrition et ne peut, par conséquent, être l'intermédiaire d'affections émanées de l'intellect, causent aussi des faiblesses et même la mort, comme les républiques de la Grèce et d'autres peuples en ont donné des exemples dans des mères sensibles, trop vivement affectées par le retour d'enfants qu'elles croyaient avoir perdus. C'est donc encore en prenant l'effet pour la cause, qu'on a cherché dans la circulation et dans le plexus solaire, la cause de

phénomènes exclusivement revendiqués, par leur nature, aux organes de la vie intellective.

Le cerveau est tellement l'organe du sentiment, indépendamment du cœur, que ce dernier peut être presque entièrement paralysé par l'ossification ou par un polype, sans préjudice de l'entendement. L'apoplexie, qui a aussi la perte du sentiment et de la connaissance pour symptôme, n'est-elle pas causée par une trop grande accumulation de sang dans le cerveau, lorsque la plénitude de l'estomac, un squirrhe, des obstructions, la strangulation, une hydropisie, une grossesse, une exostose, un polype, etc., en empêchent le retour dans les parties inférieures par la compression des vaisseaux sanguins? Deux causes diamétralement opposées, la syncope et l'apoplexie, ou, si Ton veut, l'absence et l'accumulation du sang dans le cerveau sont donc suivies du même 3 ésultat , ce qui prouve qu'il y a des conditions données pour tout. Si l'on voulait mettre le sentiment et la vie dans le cœur et dans le sang, d'après Jes causes présumées de la syncope, il faudrait aussi, par la même conséquence, y mettre la négation du sentiment et la mort, d'après les causes de l'apoplexie; mais en suivant ce raisonnement, on trou- \erait, de proche en proche, que c'est le chyle et son réservoir, puis l'estomac et le suc gastrique, et linalement un morceau de bœuf ou un fruit qui sont en nous les organes de la pensée. Il est faux que le sang soit un liquide plein de vie, et que la mort ait lieu dés que le cerveau ne reçoit plus de sang arté-

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