‹ Physiologie intellectuelleChapitre 37 sur 298 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

pose que de la spontanéité do nutrition que Blumenbach a nommée nisus formalivus. La vie est annoncée par l'irritabilité comme l'irritabilité est annoncée par la réaction.

Dire que le sang est plein de vie, c'est lui donner une spontanéité intellective ou végétative qu'il ne peut avoir , sans passer de l'état passif à un état actif qui le soustrairait à l'action de l'organisme. Comme la mort n'est que la perte de la vie ou de toute spontanéité organique, le sang ne peut mourir, et jamais on ne s'est avisé de dire qu'il mourait au sortir de la veine.

En dernier résultat, la spontanéité ou la tendance native du cerveau pour saisir les rapports des objets extérieurs avec Y imité idéale appelée le sensorium commune ou le moi, est préétablie dans l'arrangement primitif de ses fibres, de la même manière que la tendance native d'un grain ou d'un germe pour se développer est préétablie dans l'arrangement primitif de ses molécules ; la première dépend encore moins du sang que la seconde ne dépend de l'humus. Le germe peut perdre sa spontanéité faute de sucs nourriciers, comme le cerveau perdrait son activité faute d'être entretenu par la nutrition.

Une quatrième objection, c'est que l'on a vu des cerveaux presque réduits de moitié par la suppuration, sans que les sujets eussent perdu leurs facultés intellectuelles.

Gall rapporte lui-même, à ce sujet, l'histoire d'un prédicateur qui avait fait son sermon et l'avait prè-

ché Irois jours avant de mourir; après sa mort l'on trouva une moitié de son cerveau enflammée, et l'autre moitié détruite et convertie en une sanie purulente.

Il est inutile de répondre à celte objection , dit Gall, pour ceux qui savent que le cerveau est divisé en deux hémisphères égaux, dont l'un peut suffire à toutes les fonctions de la vie intelleclive durant la maladie ou la destruction de l'autre; comme cela se voit dans l'hémiplégie, où souvent les fonctions de la vie organique s'exécutent aussi uniquement par le coté sain. C'est ainsi qu'un œil ou une oreille suffisent encore pour faire distinguer avec exactitude les couleurs et les sons. Ce n'est que par cette duplicité de l'organe intellectuel que l'on peut expliquer la conscience qu'ont certaines personnes de leur manie ou de leur délire; car l'on voit souvent des maniaques ou des malades, tels que les hydrophobes, avertir les assistants de les enfermer et de s'éloigner : ce qui n'a lieu que parce que l'exaltation ou la maladie ne gagnent pas les deux hémisphères du cerveau à la fois. Il y a môme des cas où l'un des deux hémisphères n'étant aucunement atteint de maladie, prévaut constamment sur celui qui est malade, et empêche les écarts auxquels ce dernier dispose. Ne pourrait-on pas au reste faire la môme objection contre d'autres organes et dire, par exemple, que, si les poumons servaient à la respiration, l'on ne verrait pas tous les jours des personnes qui respirent quoique la moitié de leurs poumons soit

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