‹ Physiologie intellectuelleChapitre 38 sur 298 · CHAPITRE ÏO. fZtl · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÏO. fZtl

détruite parla suppuration? La même réponse peut suffire à ceux qui objecteraient que l'hémiplégie n'amène point l'abolition ni le dérangement des facultés intellectuelles.

C'est ici le cas, je pense, d'exposer plusieurs expériences assez curieuses sur le cerveau, lesquelles étonneraient bien davantage si l'on ne connaissait la duplicité de cet organe. Je prends les faits suivants dans l'Encéphalotomie allemande de Sœmmerring, qui les rapporte en partie d'après Arnemann, dont il faut lire les Expériences, surtout le second volume, sur le cerveau et la moelle épinière.

Une perte légère de la substance du cerveau n'occasionne rien de particulier; mais si celte perte est un peu considérable, il s'ensuit la paralysie des membres du côté opposé : au bout de quelques jours, les animaux, tels que les chiens et autres, tournent en rond du coté opposé ; ce qui s'observe également, selon Goelze et d'autres auteurs, dans les bêtes à laine dont une partie du cerveau se trouve rongée par le tœnia hydatigena. La volaille tourne aussi la tête de la même manière. La perte d'une partie encore plus considérable, principalement dans la région postérieure du cerveau, parait plus douloureuse et rend les animaux moins remuants. En augmentant successivement la perle de substance, il se manifeste d'abord de petits frémissements qui deviennent bientôt plus intenses, des anhélations, une respiration laborieuse, une salivation forte, des marques de douleur plus distinctes, mais cependant

moins prononcées que dans la lésion d'un nerf. En poussant la soustraction de substance jusqu'aux ventricules, la conservation de la vie devient impossible. Des chiens de moyenne grandeur supportent une perte de 50 à 60 grains , les lapins une de 6 grains seulement, les poules et les pigeons une de 10 à 12 grains , et la guérison s'opère heureusement. Les jeunes animaux , s'ils ne sont pas tout petits, supportent aussi bien ces perles que les plus âgés. Yoici comment se fait la guérison : il s'élève de tous les points de la plaie du cerveau, une nouvelle substance jaunâtre, plus molle et plus légère que l'ancienne, dissoluble et facile à enlever par F esprit-de-vin, trèsanalogue à la substance corticale et empreinte, dans l'état frais, des mêmes circonvolutions. Telle est la nouvelle substance qui remplit et fait disparaître la plaie, sans être jamais tellement identique avec l'ancienne, qu'on ne puisse en retrouver la ligne de séparation. Il est difficile de dire si c'est une vraie substance corticale ou une simple production cellulaire. En même temps le ventricule du cerveau perd de sa turgescence par un suintement d'humeur et se dévie, vraisemblablement à cause de la partie du crâne enlevée; ce qui fait paraître la régénération plus complète. Ordinairement les circonvolutions se rapprochent et s'enfoncent même à cette place. Il ne faut pas confondre cette substance régénérée avec les champignons qui naissent promplement de la dure-mère. Si la substance coriace, réunie à la substance régénérée pour fermer l'ouverture du crâne,

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