CHAPITRE IFJ. \U'i
s'étend jusque dans le cerveau, l'épilèpsie en est la suite.
Dans les plaies un peu considérables du cervelet, il y a une contraction spasmodique de la tête vers la partie blessée, lésion de la vue et tendance des hommes el des animaux à heurter de la tête contre les murailles. Les plaies et les maladies du cervelet sont de peu de conséquence pour les accidents consécutifs, à moins qu'il n'y ait en même temps lésion d'autres parties importantes.
Les blessures faites à la moelle épinière sont plus dangereuses que celles de la substance cérébrale, dont il n'y a pas une partie qui ne se soit trouvée quelquefois malade par blessure, induration ou suppuration, sans préjudice bien apparent pour la vie et pour l'esprit. L'incision de la moelle épinière à la base du crâne est immédiatement suivie de la mort : elle devient d'autant moins dangereuse qu'elle est plus loin de la cervelle: selon Haller, Arnemann et Monro, la guérison en est même quelquefois possible, quoiqu'il n'y ait pas de régénération; et alors la paralysie des extrémités inférieures cesse aussi. En irritant la portion de la moelle épinière qui tient à la cervelle, les muscles de la face entrent en contraction spasmodique ; la même chose arrive aux muscles des extrémités quancfon irrite la portion qui tient au tronc.
Le cerveau supporte les piqûres, les irritations, les cautérisations , les incisions et les excisions de sa surface sans douleur en certains cas ; tandis que
Ikti PHYSIOLOGIE INTELLECTUELLE,
dans d'autres une légère pression, une esquille osseuse, un ulcère occasionnent des douleurs atroces. Plus les lésions sont profondes, plus la douleur et les convulsions se déclarent d'une manière terrible; cependant on a vu des cas où la couronne du trépan a pénétré jusqu'au manche dans la substance cérébrale sans causer d'accidents funestes. C'est ainsi que les os, insensibles dans l'état naturel , deviennent d'une sensibilité extrême dans certaines maladies, et qu'en général la pléthore et surtout l'inllammation sont très-propres à exaller la sensibilité de toutes les parties. En général , la circonférence du cerveau et particulièrement sa substance corticale n'ont point le même degré de sensibilité que sa base où se fait la réunion des nerfs.
Il paraît que l'homme peut, sans préjudice de sa santé, et môme sans un dérangement notable de ses facultés intellectuelles, supporter la perte de quelques onces de substance cérébrale, grise et blanche. Cependant un tel homme peut perdre beaucoup d'idées sans qu'il y ait moyen de s'en assurer, parce que celui qui pourrait le mieux s'en apercevoir perd h\ possibilité et la conscience de ces idées avec la partie du cerveau qui en était l'organe. C'est ainsi que le jardinier qui coupe une branche ne sait (malgré qu'ici le juge soit intact dans ses facultés) de combien de fruits il prive l'arbre, parce qu'on ne pourrait s'en assurer que par l'existence de ces fruits, laquelle a été rendue impossible par l'excision de la branche. Ceci explique pourquoi personne n'est nié-