VIII PRÉFACE
je m'appliquai à rédiger une notice de la nouvelle doctrine sur le cerveau, que je lus, dès le mois de mars de cette année, au sein de la société des professeurs de l'École de médecine de Paris, où elle fut accueillie très- favorablement, malgré quelques préventions suscitées contre elle par les premiers aperçus qu'en avaient donnés les feuilles publiques. Celte société m'en demanda même un abrégé qu'elle fit insérer dans ses bulletins des mois suivants , sous le titre d' 'Extrait d'un exposé analytique du système du docteur Gall. Un accueil aussi encourageant de la part des savants les plus distingués de la capitale, me confirma dans le dessein de publier une exposition de cette science sous le titre de Physiologie' intellectuelle ou développement de la doctrine du professeur Gall sur le cerveau et ses fonctions , en y rattachant tous les corollaires et les conséquences qui me paraîtraient en découler. Je n'eus besoin, pour le succès de cet ouvrage, que de m'attacher à interpréter dans le sens le plus vrai et le plus raisonnable mes souvenirs des leçons de Gall et les réminiscences qui me vinrent d'écrits déjà publiés sur les causes physiques des facultés intellectuelles de Phomme.
La bienveillance que m'avait témoignée Gall et le désir de connaître son opinion sur mon œuvre m'engagèrent à lui en adresser un exemplaire à Strasbourg, où j'avais appris qu'il se trouvait, lorsqu'elle parut au mois de septembre 1806. Peu de semaines après, le 30 octobre, rentrant chez moi vers onze heures du matin, après mes visites les plus pressées, je ne fus pas peu surpris d'y trouver les docteurs Gall et Spurzheim avec un autre médecin de Vienne que je ne connaissais pas encore. Ma femme qui, d'après un portrait que j'avais rapporté '.'Allemagne, avait reconnu Gall avant qu'il n'eût dit son nom, engagea les docteurs à s'asseoir en m'attendant pour déjeuner avec moi. C'est alors que Gall me raconta qu'il était déjà à